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Commerce extérieur
Les exportateurs de blé français sont à la peine

L’abondance de céréales rend plus difficile la reconquête des parts de marché perdues par la France en 2016-2017. Le plan de transformation de la filière céréalière tentera de redresser la situation.

La moitié de la production céréalière française est aujourd'hui exportée.
© Senalia

Le blé français coûte cher à produire et il répond partiellement aux cahiers des charges des pays importateurs. C’est pourquoi les exportateurs de blé français peinent à regagner les parts de marché perdues consécutivement à la mauvaise récolte française de 2016-2017, a-t-il été démontré le 21 mars à Paris lors d’une matinée d’échange organisée par France Export Céréales.

Au Cameroun, quelle n’a pas été la surprise de la minoterie La Pasta SA de découvrir que les centaines de milliers de tonnes de blés russes et argentins achetées l’an passé convenaient pleinement à ses attentes, selon son représentant. Et cette année encore, les qualités des grains importés sont techniquement supérieures à celles du blé français. Or, la fabrication de beignets artisanaux exige une farine particulière (+12 % de protéines, +8 % de gluten, etc.) prête à l’emploi.

Un blé russe de qualité

Selon Rachid Chamcham, de la Fédération nationale de la minoterie (au Maroc), le blé russe peut même être substitué au blé améliorant importé du Canada. Le plan de transformation de la filière céréalière française élaboré dans la continuité des états généraux de l’alimentation s’est fixé comme objectif « d’être à l’écoute et de répondre aux attentes des clients, des consommateurs et des citoyens français et internationaux ». Son enjeu est la création de valeur à tous les niveaux afin d’assurer à la fin un revenu aux céréaliers.

Pour Jean-François Loiseau, président d’Intercéréales, l’avenir de la filière céréalière passe par l’exportation. Produire mieux et durablement ne signifie pas qu’il faille produire moins. Des centaines de milliers d’emplois sont en jeu. « Outre l’interdiction du glyphosate, c’est tout un système de chimie de synthèse qui doit être remis en question », reconnaît-il. Pour autant, la baisse de l’utilisation des produits de protection ne doit pas se faire au détriment de la production et de sa qualité.

La France a des atouts, mais elle les utilise mal

À ce jour, la moitié de la production céréalière française est exportée. Notre pays a les moyens de rester au top 5 des exportateurs mondiaux de céréales en diversifiant ses débouchés, selon la filière. Il doit avoir pour ambition d’exporter 20 millions de tonnes de plus de blé, de maïs et d’orge entre autres, selon France export céréales. « Le lobbying est une discipline oubliée », déplore Pierre Duclos, trader à Lecureur SA.

« La France a des atouts, mais elle les utilise mal », selon lui. Celui-ci invite la filière à remettre en question certaines de ses habitudes comme cesser le report des ventes en début de campagne et saisir les occasions dès qu’elles se présentent. Les majorations mensuelles ne font pas le poids face à la volatilité des prix.

« Revoir la logistique et opter pour une logistique “primaire” entre producteurs et transformateurs pour réduire les coûts d’intermédiation de 10-15 euros par tonne à 2-5 euros par tonne, est aussi une piste à suivre », défend encore Pierre Duclos. Développer le transport par péniche abaisserait de moitié les coûts d’acheminement.

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