Aller au contenu principal

Le drainage de vignes en place, c’est possible

Bien que le drainage d’une parcelle viticole déjà plantée ne soit pas idéal, il reste efficace pour assécher certaines mouillères. Voici comment.

Le drainage en place peut être pratiqué, de préférence en sortie de vendanges ou en hiver.
© Reussir

Le drainage d’une vigne en place est assez rare. La plupart des vignerons lui préfèrent le drainage avant plantation. Et encore. Selon Maxime Christen, de la chambre d’agriculture de la Gironde, il ne faut drainer que « lorsque la parcelle est sujette à des excès d’eau significatifs (signes d’hydromorphie nets) et que les propriétés physiques des sols (texture et profil de perméabilité), ainsi que la topographie de la parcelle sont favorables à un fonctionnement efficace et durable de ces ouvrages ». Le reste du temps, il estime que « la création de fossés ou leur remise en état de fonctionnement (curage) et la mise en place de drains de sentiers peuvent suffire à améliorer considérablement les aptitudes au ressuyage de sols à hydromorphie temporaire ».

Des prestataires de services pour tous types d’interrangs

Néanmoins, lorsque aucune autre solution n’est adaptée et que le viticulteur souhaite venir à bout d’une mouillère, le drainage d’une parcelle en place peut être réalisé par des prestataires de services. Ces derniers viennent sur le terrain, munis d’une petite draineuse spéciale pour les vignes. La plupart des entreprises n’interviennent que dans des interrangs de 3 m voire 3,5 m minimum, car leurs engins ne passent pas dans les intervalles plus étroits. Mais certaines sociétés disposent de matériel pouvant intervenir dans des vignes de n’importe quelle largeur, à l’instar de la firme girondine TAF. Cette dernière est équipée d’une machine à chenilles dotée d’une voie variable.

L’opération se réalise généralement en sortie de vendanges, ou en hiver, dans tous types de parcelles. « Il n’y a aucune contre-indication, explique Francis Dubois, de Transterrassement. Il y a quelques années, l’Inra a fait des essais pour estimer l’impact sur les racines de la vigne. Mais cela ne pose aucun problème car il n’y a pas de racines pivot dans l’interrang, juste du chevelu racinaire. » De son côté, Jean-Pierre Rault, de la Cuma Périgourdine, met tout de même en garde contre un drainage des terrains très pierreux. « Je ne conseille vraiment pas ; c’est un travail extrêmement délicat. On démolit beaucoup. » Au niveau de l’entretien du sol, sa préférence va aux surfaces enherbées et tondues. Mais Sébastien Rey, de TAF, et Antoine Rollin, de Rollin drainage, interviennent sur tous types de sols.

Une opération onéreuse

Avant le passage de la trancheuse, les vignerons n’ont rien à faire. L’entrepreneur installe des collecteurs le long de la parcelle, à un mètre de profondeur, recouverts de cailloux sur environ 40 cm, puis de terre. Il crée ensuite des tranchées dans les rangs, tous les 8 mètres environ et y pose des drains de diamètre 65 à environ 90 cm de profondeur, puis ajoute 20 à 30 cm de cailloux ou de gravier, et referme (ou non, selon si le vigneron préfère réaliser l’opération lui-même).

L’opération est chronophage. À titre d’exemple, à la Cuma Périgourdine, la trancheuse progresse à environ 1 000 mètres par jour. Au niveau tarifs, la Cuma facture environ 4 euros HT le mètre, sans le gravier, et 8 euros HT avec fourniture du gravier et pose. Chez TAF, cela revient à environ 10 000 euros l’hectare, gravier compris, mais cela varie suivant l’épaisseur.

témoignage

Gérald Geoffroy, adjoint au directeur de production de Chasse-Spleen, en Gironde

« Aucun travail préparatoire ni dégât »

« Nous avons eu recours au drainage partiel l’an dernier, sur une parcelle qualitative de merlot d’une quarantaine d’années, que nous souhaitons conserver. Elle se situe en pente et depuis une dizaine d’années, une mouillère est apparue dans la partie basse, suite à des travaux de construction à proximité. Cette mouillère s’amplifiant d’année en année, nous avons décidé d’intervenir. Nous avons drainé les bouts de rangs sur environ 30 mètres, à raison d’un drain tous les 8 mètres. L’opération s’est déroulée en mars. Nous n’avons eu aucun travail préparatoire à réaliser ; nos sols (sable et graves) sont travaillés mécaniquement. Le drainage n’a pas abîmé la vigne, et l’entrepreneur a repris le sol derrière pour l’homogénéiser avec le reste des rangs. Depuis, nous n’avons plus de problème pour accéder à cette parcelle. La semaine dernière, nous avons eu 140 mm. La pluie a cessé vendredi, et ce lundi, nous rentrons dans la parcelle sans problème. Néanmoins, le drainage implique un surcroît de travail, et un coût non négligeable. »

Les plus lus

<em class="placeholder">Attacheur de vigne Pellenc Fixion 2</em>
Les attacheurs électriques, pour un liage de la vigne deux fois plus rapide
Les attacheurs électriques sont connus pour leur débit de chantier élevé. Petit tour de marché des solutions existantes.
Donald Trump menace les vins européens de droits de douane de 200 %

Le combat douanier lancé par Donald Trump depuis son arrivée à la tête des États-Unis connaît un nouvel épisode avec la menace…

<em class="placeholder">Tracteur Lindner Lintrac 100 avec pont avant suspendu et surpressurisation de cabine de catégorie 4. </em>
Lindner - Pont avant suspendu et cabine de catégorie 4 sur les tracteurs spécialisés
Le constructeur autrichien propose en option un pont avant suspendu sur les Lintrac 100.
<em class="placeholder">Tracteur Same Frutteto Pro</em>
Same - L’autoguidage sans GPS sur les Frutteto Pro

Le constructeur italien Same lance les tracteurs spécialisés Frutteto Pro, une déclinaison toute équipée.

Feuille de vigne colonisée par le mildiou de la vigne
Mildiou de la vigne : comment lutter ?

Le mildiou de la vigne est l’ennemi principal des viticulteurs depuis son introduction en France. Voici tout ce…

<em class="placeholder">GRAPHIQUE : Les critères de choix pour déterminer sa période de taille - Impacts de la période de taille en fonction du risque gel et de la vigueur de la vigne</em>
Lutte contre le gel : taille hivernale ou taille tardive, que choisir ?
La chambre d’agriculture de Gironde a mis au point un arbre décisionnel permettant de choisir sa période de taille en fonction du…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Vigne
Consultez les revues Réussir Vigne au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters des filières viticole et vinicole