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Un outil pour détecter facilement les porcelets en hypothermie

La prise de température dans l’oreille au moment des soins permet de détecter les porcelets en hypothermie. Elle évalue leur risque de mortalité avant sevrage selon leur poids de naissance.

Le thermomètre auriculaire semble être une bonne alternative à la prise de tempérautre rectale pour les porcelets.
Le thermomètre auriculaire semble être une bonne alternative à la prise de tempérautre rectale pour les porcelets.
© Ifip

Dans l’heure qui suit la naissance, le porcelet peut voir sa température chuter rapidement de plusieurs degrés. Ce risque d’hypothermie est élevé pour les porcelets légers et dans les grandes portées. Il sera pénalisant pour la prise colostrale, la survie et la croissance.

La prise de température dans les 24 heures suivant la naissance est conseillée pour évaluer et prévenir ce risque. Pour cela, l’Ifip a testé une alternative aux mesures rectales : la prise de température au creux de l’oreille à l’aide d’un thermomètre infrarouge auriculaire (Thermoscan IRT 6520). Dans cette étude, les températures de 1 013 porcelets ont été relevées dans les deux oreilles à l’aide d’un thermomètre auriculaire au début et à la fin des soins néonataux (épointage des dents, caudectomie, injection de fer) réalisés entre 12 et 24 heures de vie. Les résultats confirment ceux obtenus par Philippe Leneveu du laboratoire Ceva santé animale à partir de températures rectales (voir Réussir Porc avril 2022 page 18). Les porcelets détectés en hypothermie ont une survie inférieure à celle des porcelets à température correcte. Les températures mesurées avant les soins varient selon les porcelets de 34,2 à 40,7 °C. Selon les portées, jusqu’à 43 % des porcelets étaient en hypothermie sévère, c’est-à-dire qu’ils présentaient une température inférieure à 38 °C. Leur fréquence était plus élevée dans les grandes portées (plus de 18 nés totaux).

L’hypothermie plus fréquence chez les porcelets légers

 

 
Un outil pour détecter facilement les porcelets en hypothermie

Avant les soins, 14 % des porcelets avaient une température inférieure à 38 °C, contre seulement 9 % après les soins dans une salle chauffée. Nos résultats confirment que le réchauffement des porcelets dans les 24 premières heures de vie est essentiel pour leur survie. En effet, 55 % des porcelets « froids » sont morts dans les 5 jours suivant la naissance contre 6 % des porcelets « chauds ». 

 

 
Un outil pour détecter facilement les porcelets en hypothermie

Le poids de naissance et la température corporelle sont liés. Ils impactent tous les deux la survie et leurs effets négatifs s’additionnent. Avant les soins, l’hypothermie est plus fréquente chez les porcelets légers : 53 % des porcelets de moins de 1 kg avaient une température inférieure à 38 °C. Par ailleurs, leur taux de mortalité est maximum (87 %). Même si le taux de porcelets froids est plus faible chez les porcelets de plus de 1 kg, leur risque de mortalité reste élevé (25 %). Ils pourraient donc aussi bénéficier d’un réchauffement rapide.

Gwendoline Hervé et Sylviane Boulot ; gwendoline.herve@ifip.asso.fr

 
Un outil pour détecter facilement les porcelets en hypothermie

Une alternative à la prise de température rectale

 

 
Le thermomètre auriculaire permet une bonne discrimination des porcelets en hypothermie.
Le thermomètre auriculaire permet une bonne discrimination des porcelets en hypothermie. © Ifip

Le thermomètre auriculaire (ou tympanique) détecte les rayonnements infrarouges émis par le tympan et le fond du conduit auditif, un site bien irrigué par la circulation sanguine. Il est considéré depuis longtemps comme un site fiable chez l’homme. Chez le porc, une étude allemande suggère qu’il s’agit de la meilleure alternative à la température rectale. Pour une mesure de qualité, il faut néanmoins un coup de main pour bien positionner le thermomètre au fond de l’oreille, perpendiculairement au tympan.

D’autres solutions moins efficaces

Il existe d’autres techniques « infrarouges » : thermomètre laser, caméra indépendante ou sur Smartphone. Ces outils permettent des contrôles à distance sans contention. En revanche ils mesurent des températures de surface, qui sont sensibles à de nombreux biais : température ambiante, distance, propreté de la peau, pilosité… Quel que soit le site de mesure – base ou pointe de l’oreille, tête, œil, groin, dos, vulve… – les mesures sont mal reliées aux températures rectales. Une appréciation tactile subjective ne sera pas fiable non plus, car trop influencée par l’environnement et les sensibilités de différents opérateurs. La température rectale est la mesure de référence, mais elle peut être difficile chez les jeunes animaux et des erreurs sont possibles en cas de mauvaise insertion ou de mesure trop rapide.

À retenir

Le thermomètre auriculaire, moins invasif que le thermomètre rectal, permet une bonne discrimination des porcelets en hypothermie en utilisant le seuil de 38 °C (contre 38,5 °C pour le thermomètre rectal).
L’hypothermie au moment des soins a un impact sur la survie des porcelets sous la mère.
Le fait de réchauffer les porcelets au moment des soins améliore la survie sous la mère.
La mortalité est maximale pour les porcelets qui restent froids après les soins et importante pour les porcelets détectés en hypothermie au moins une fois.

Côté biblio

Pre-weaning survival is related to tympanic temperature for piglet of low and normal birthweights. S. Boulot, G. Hervé. Proc. Conference ESPHM, Thessaloniki, Greece.

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