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"Nous avons construit la verraterie-gestante et la maternité tout en anticipant l’avenir"

Après deux ans de réflexion et douze mois de travaux, la SCEA de Kerbohec dispose aujourd’hui d’un outil cohérent pensé pour répondre aux évolutions d’élevage. Que ce soit la maternité ou la verraterie-gestante, chaque nouveau bloc a été réfléchi en fonction du confort de travail et des attentes sociétales actuelles et futures. Ce qui en fait un ensemble singulier.

Construits de façon évolutive, les deux nouveaux batiments maternité et verraterie–gestante de la Scea de Kerbohec ont été pensés pour répondre aux exigences ...
Construits de façon évolutive, les deux nouveaux batiments maternité et verraterie–gestante de la Scea de Kerbohec ont été pensés pour répondre aux exigences actuelles et futures.
© B. Plesse

La construction des deux nouveaux bâtiments maternité et verraterie-gestante indépendants de la SCEA de Kerbohec à Baud, dans le Morbihan, a été l’occasion pour les gérants de peaufiner la cohérence de l’élevage pour plus d’autonomie, de renforcer la biosécurité, de penser au confort de travail, et de préparer l’avenir. Sans oublier le bien-être. « J’ai 46 ans. L’objectif est de pérenniser l’outil d’exploitation pour la vingtaine d’années qu’il me reste à travailler », explique Arnaud Lidurin, le plus jeune des deux gérants. Et de continuer : « le choix de séparer les maternités de la verraterie-gestante pour construire deux bâtiments autonomes participe à cette réflexion car nous souhaitons un outil évolutif ».

 

 
Les deux gérants, Arnaud et Sebastien Lidurin (au centre) en compagnie de leur salarié, Christophe Lebriz (à gauche), et de deux stagiaires, Romain Bellec et Tytouan ...
Les deux gérants, Arnaud et Sebastien Lidurin (au centre) en compagnie de leur salarié, Christophe Lebriz (à gauche), et de deux stagiaires, Romain Bellec et Tytouan Quilléré. © B. Plesse

Une verraterie-gestante évolutive

Déjà engagés dans la production de porcs label rouge Opale (2022) et sans antibiotique à zéro jours (2016), les éleveurs, par leur projet, veulent continuer à répondre aux attentes sociétales et même à les anticiper. Construite dans un seul bâtiment de 115 mètres de long pour 10,5 mètres de large, la partie verraterie-gestante est d’une salle unique de 344 places – dont 120 destinées aux inséminations artificielles – avec un couloir central. Ce choix s’explique en grande partie par la volonté des exploitants de pouvoir faire évoluer la conduite des animaux afin de répondre – si nécessaire – à un cahier des charges encore plus exigeant sur les conditions du bien-être animal. En effet, pour chaque case bat-flanc, une porte a été dessinée en attente dans le béton du mur d’élévation.

 

 
Dans chaque case gestante bat-flanc, une porte a été dessinée dans l’élévation béton en prévision d’une courette extérieure.
Dans chaque case gestante bat-flanc, une porte a été dessinée dans l’élévation béton en prévision d’une courette extérieure. © B. Plesse

Ainsi, les truies gestantes pourront bénéficier d’un accès à une courette extérieure. « De la charpente au raclage à plat en passant par la ventilation grand volume gérée en zéro dépression, tout a été pensé pour pouvoir évoluer vers un bâtiment ouvert vers l’extérieur », précise Fabien Bellec, technicien bâtiment Evel’Up en charge du projet. Les six cheminées d’entrée d’air Néo de chez Skiold équipés de ventilateurs (730 mm de diamètre) et les huit ventilateurs d’extraction (630 mm de diamètre) en pompage dans la masse répondent à la problématique de bâtiment non étanche avec des entrées d’air parasite. « Ici, tout l’air qui rentre est calculé en fonction de l’air qui sort pour une vitesse constante de 2 m/s. » Le système de raclage à plat, en plus de réduire les émissions d’ammoniac permettra la distribution de matières organiques (paille) sans créer des problèmes d’évacuation.

 

 
Construit tout en longueur, le bâtiment verraterie-gestante (344 places) répond à des besoins de confort de travail et aux attentes de bien-être animal pour 2,70 m² par ...
Construit tout en longueur, le bâtiment verraterie-gestante (344 places) répond à des besoins de confort de travail et aux attentes de bien-être animal pour 2,70 m² par truie avec : un couloir large (1,50 m), des auges surélevées, des caillebotis partiels, une ventilation zéro dépression en grand volume et du raclage à plat. © B. Plesse

Raclage à plat et ventilation zéro dépression

Les deux salles maternité de 46 places bien-être disposent également d’une ventilation grand volume et d’un raclage à plat. Leurs cases ont été construites sur mesure suivant les besoins définis par les exploitants pour une surface comprise entre 7,29 m² (2,70 x 2,70 m) et 6,75 m² (2,70 x 2,50 m) avec en plus quatre espaces nounou. Généralement placé proche de l’auge de la truie, l’abreuvoir des porcelets a ici été installé près du couloir central arrière à moins de 30 cm de l’emplacement de l’augette à granulé pour des raisons de manutention mais aussi pour respecter les préconisations d’une bonne alimentation. « Nous voulions quelque chose de simple, facilement accessible, avec une visibilité sur tous les animaux à partir du couloir arrière et rien qui puisse gêner le travail d’un potentiel robot de lavage », justifie Arnaud Lidurin.

 

 
Les deux salles de 46 places maternité bien-être disposent d’une ventilation grand volume et d’un racleur à plat pour faciliter, si besoin, l’évacuation de la ...
Les deux salles de 46 places maternité bien-être disposent d’une ventilation grand volume et d’un racleur à plat pour faciliter, si besoin, l’évacuation de la matière organique type paille. © B. Plesse

Valorisation des eaux de pluie et du soleil

Dans l’objectif de valoriser et de préserver les ressources naturelles, une citerne en bâche souple de 240 m3 récupère et stocke l’eau de pluie issue des 7 000 m² de toiture pour couvrir 8,5 % des besoins de trempage et de lavage. « Cette eau sera traitée par UV pour détruire les bactéries. Au total, 2 500 m3 seront économisés par an. » De même, dans chaque salle, la luminosité naturelle a été privilégiée avec l’intégration dans la toiture de bandeaux lumineux en plaques polycarbonate deux couches, en plus des ouvertures. Ils occupent une surface correspondante à 12 % de celle du sol en verraterie-gestante et à 8,8 % en maternité.

 

 
La case bien-être dispose d’un coin à porcelets constitué de caillebotis plein (1,60 x 60 m) et d’un capot avec une réservation pour une lampe chauffante. Si besoin, ...
La case bien-être dispose d’un coin à porcelets constitué de caillebotis plein (1,60 x 60 m) et d’un capot avec une réservation pour une lampe chauffante. Si besoin, un jeu d’une trentaine de panneaux PVC amovibles pour les deux salles permet de cloisonner la portée de la truie. © B. Plesse
1 200 m² de panneaux photovoltaïques sur bac acier pour une puissance totale de 250 kWc installés sur la toiture du hangar qui abrite notamment la Faf, produiront, eux, 30 % des besoins en électricité de l’élevage. Enfin, le projet a aussi été l’occasion de revoir la cohérence de l’outil. Ainsi, le cheptel a été diminué d’une quarantaine de truies pour être plus en adéquation avec le lien au sol. La conduite en bande a évolué de 10 à 7 groupes pour passer au sevrage 28 jours et deux salles d’engraissement de 504 places ont dû être construites pour tout engraisser sur place. De même à moyen terme, les exploitants ambitionnent d’être autonomes en aliment. « Il nous manque une cinquantaine d’hectares pour y arriver », constate Sébastien Lidurin, le deuxième associé. En attendant, une fosse de réception de 30 tonnes et deux cellules de 710 et 360 tonnes ont été mises en place pour disposer d’un an de stockage.

Fournisseurs

Terrassement : Quilliou TP
Maçonnerie : LP Construction
Élévations : Maison bleue
Charpente : Berthelot
Aménagements cases maternité, cloisons post-sevrage : I-Tek
Électricité, Plomberie, Alimentation : TSE
Raclage : Innovlap
Caillebotis : Thebault
Divers matériaux : Evel’Up

Fiche élevage

Scea de Kerbohec

370 truies naisseur-engraisseur
Conduite 7 bandes, sevrage à 28 jours
9 300 porcs charcutiers produits par an (100 % sur site)
Charte qualité : label rouge Opale
3 UTH
275 hectares de SAU (dont 125 ha de maïs, 70 ha de blé, 30 ha d’orge)
Faf partielle (maïs, orge, blé + complémentaires)

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