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Comment les éleveurs pratiquent la sociabilisation précoce des porcelets

Evel’up a répertorié les pratiques mises en place en maternité puis en postsevrage suite à une enquête auprès d’éleveurs ayant testé la sociabilisation précoce des porcelets.

Le choix des cloisons latérales à relever doit être bien réfléchi pour maintenir une zone de nids. © A. Puybasset
Le choix des cloisons latérales à relever doit être bien réfléchi pour maintenir une zone de nids.
© A. Puybasset

Le groupement Evel’up a recensé en 2020 les pratiques de six élevages pratiquant le mélange de portées de porcelets en maternité. Qu’il soit appliqué depuis 3-4 bandes ou depuis plus longtemps (20 ans pour un éleveur), leur motivation initiale est pour les deux tiers d’entre eux la recherche d’amélioration de performances. « Ils soulignent aussi l’image positive en matière de bien-être animal », expliquent Maéliss Brunon et Mélanie Ropars du service R & D d’Evel’up.

 

Les éleveurs n’ont pas ressenti de réelles contraintes supplémentaires s’ajoutant à leur travail quotidien suite à la mise en place de cette démarche. Seul l’un d’eux a décidé de l’arrêter, pour des raisons de gestion des salariés et de changement de pratiques. Les éleveurs ont tous remarqué une évolution positive du comportement des truies ou des porcelets. « Cette pratique permet selon eux d’avoir des porcelets plus vigoureux et homogènes en maternité, et moins d’écrasés. L’amélioration est surtout visible à l’arrivée en post-sevrage avec moins de bagarres et d’agressivité et un meilleur démarrage. Les animaux sont moins stressés, la mise en place de la hiérarchie se fait plus facilement. »

Les éleveurs sont aussi unanimes sur le gain de temps lors du transfert en post-sevrage. Concernant les inconvénients, les éleveurs citent des truies plus agitées et parfois agressives (deux éleveurs) et un impact sur le lavage des couloirs centraux (un éleveur). Cette pratique nécessite aussi davantage de rigueur car le suivi sanitaire au quotidien est plus compliqué (trois éleveurs). « Malgré ces quelques points négatifs, tous sont satisfaits de cette démarche et la recommandent. »

Se lancer progressivement

 

 
Maéliss Brunon et Mélanie Ropars, du service R&D d'Evel'up. « Malgré quelques points négatifs cités par les éleveurs, tous sont satisfaits de la pratique de sociabilisation précoce des porcelets et la recommandent. » © A. Puybasset
Maéliss Brunon et Mélanie Ropars, du service R&D d'Evel'up. « Malgré quelques points négatifs cités par les éleveurs, tous sont satisfaits de la pratique de sociabilisation précoce des porcelets et la recommandent. » © A. Puybasset

L’enquête montre aussi une diversité dans les pratiques de mise en œuvre du mélange précoce des porcelets. Les éleveurs l’adaptent en fonction de la configuration des salles en maternité et en post-sevrage et de l’organisation du travail, tout en respectant certains grands principes. « Le prérequis pour se lancer est d’avoir un état sanitaire stable et d’être accompagné de son vétérinaire. On préconise de commencer par deux cases puis d’augmenter progressivement en mélangeant au maximum trois portées, et si possible de même rang de portée, surtout pour les cochettes. L’idéal est d’avoir une cohérence des groupes formés pour éviter les mélanges à l’arrivée en post-sevrage puis en engraissement. »

 

Ne pas empiéter sur la zone de nid

Chez les éleveurs enquêtés, le mélange des porcelets a lieu entre 4 jours et 12 jours de vie, après la réalisation des soins. Il va de quelques portées jusqu’à la totalité de la salle de maternité. L’horaire du mélange diffère, mais il est souvent fait juste avant ou après un repas. Un éleveur enlève les séparations en deux temps pour habituer progressivement la truie et ses porcelets. Un autre préfère réaliser le mélange en soirée lorsque les truies sont plus calmes. Seul un éleveur retire la cloison à l’arrière des cases pour permettre l’accès des porcelets au couloir central. Les autres retirent les cloisons latérales, regroupant entre deux et huit portées. Aucun ne possède de trappes pour porcelets. Les cloisons sont souvent stockées dans les couloirs de la maternité. « Les éleveurs souhaitent à l’avenir optimiser leur manutention et leur stockage (système d’accroche au mur par exemple…). »

Maintenir une cohérence des groupes

Deux éleveurs ont remarqué que la zone de couchage changeait suite au mélange, les porcelets se répartissant parfois sur toute la case. « La gestion de l’espace doit être bien réfléchie. Il est important de bien choisir la cloison à retirer pour bien garder une zone de couchage qui convienne aux porcelets. » Même si les portées se mélangent dans la journée et au cours des repas, il semble que la plupart des porcelets retournent vers leur mère pour le couchage. 

 
Enregistrement des cases sociabilisées avec la caméra Copeeks. Les porcelets ont identifiés par une boucle selon leur case d'origine. © Evel'up
Enregistrement des cases sociabilisées avec la caméra Copeeks. Les porcelets ont identifiés par une boucle selon leur case d'origine. © Evel'up

Cela sera confirmé par l’analyse de vidéos dans le cadre d’un essai en cours réalisé par Evel’up.

 

À l’arrivée en post-sevrage, les cases sont constituées à partir de deux à quatre portées selon leur taille. Les éleveurs conservent en majorité les groupes de portées formés en maternité. Cinq sur six retirent les porcelets les plus petits des différentes portées pour les regrouper dans une autre case. Trois d’entre eux parviennent à maintenir ces groupes sociabilisés jusqu’en engraissement.

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