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Cinq points de vigilance pour arrêter la caudectomie en porc

Une dizaine d’éleveurs se sont réunis à l’initiative de la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire pour échanger sur leurs pratiques d’élevage de porcs à queue entière.

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Les éleveurs interrogés installent un nombre d'objets suffisants dans les cases pour répondre à la réglementation, et gardent à disposition une diversité d’objets nouveaux à ajouter en cas de problème.
© D. Poilvet

Cinq éleveurs, trois techniciens de station expérimentale, une vétérinaire et cinq ingénieurs se sont réunis sous l’égide des chambres d’agriculture et des Pays de la Loire pour partager leurs expériences respectives sur l’arrêt de la caudectomie des porcelets.

Lire aussi : Observer les queues des porcelets pour anticiper la caudophagie

 Les éleveurs présents, tous naisseurs-engraisseurs, avaient pour motivation d’améliorer le bien-être de leurs animaux, d’anticiper des réglementations plus strictes à venir et de réduire le temps de travail (après l’arrêt du meulage des dents). Ils ont démarré leurs essais entre 2018 et 2021.

L’enquête ne révèle pas de profil d’élevage « idéal » pour arrêter la coupe des queues. Cependant, les échanges entre éleveurs ont permis de mettre en avant cinq points importants à considérer.

1-Respecter les fondamentaux

Les premières morsures sont souvent observées en post-sevrage. La préparation des salles qui hébergeront les porcelets au sevrage est donc essentielle pour éviter d’ajouter du stress dès le premier jour : le préchauffage des salles, le réglage des nourrisseurs/des abreuvoirs, la purge du circuit d’eau d’abreuvement. Jusqu’à la sortie des animaux, il faut veiller à maintenir les nourrisseurs pleins, les abreuvoirs propres et à distribuer une eau de qualité. Les éleveurs insistent aussi sur le confort digestif des porcelets : aliments sécurisés, transitions alimentaires, déparasitage, ensemencement de l’environnement.

En matière d’enrichissement, ils installent les objets en qualité et en nombre suffisant dans les cases pour répondre à la réglementation : chaîne, disque à mâcher, chaîne à pastille, balle, bois… Ils gardent à disposition une diversité d’objets nouveaux à ajouter dans les cases en cas de problème.

2-Démarrer progressivement

Les éleveurs recommandent de commencer l’arrêt de la caudectomie dans deux cases de post-sevrage, avant de passer à une plus grande échelle. Cette phase permet d’identifier les moments de dérapage et de prendre le temps d’observer les animaux pour détecter les premiers signes de morsures.

3-Contrôler l’ambiance

Un contrôle de la ventilation peut être utile pour vérifier les flux d’air et le bon renouvellement de l’air ambiant. La visite d’un géobiologue peut aussi permettre de lever le risque sur les problèmes de courant parasite, de mise à la terre défectueuse des équipements. 

4-Bien surveiller les porcelets

La surveillance des porcelets doit s’effectuer matin et soir, depuis le couloir. Tous les éleveurs relèvent cependant que le temps disponible peut rapidement devenir un facteur limitant important. L’objectif est de détecter précocement les signes de dérapage. Les signes avant-coureurs sont variables : queue des porcelets plaquée sur l’arrière-train, modification du comportement des animaux, premières lésions visibles sur la queue. Les éleveurs ont identifié quatre principales situations à risque : les transitions alimentaires, les changements de temps rapides, la surdensité en fin de post-sevrage et le brassage des préfosses avant vidange.

5-Réagir rapidement en cas de caudophagie

Les éleveurs soignent les porcs mordus avec des produits désinfectants. En cas de lésions sévères, le porc est isolé en infirmerie. Il peut être remis avec son groupe au moment du transfert en salle d’engraissement. Dans la case, un nouveau jouet est ajouté chaque jour : corde, paille, feuilles sèches, objets commerciaux… Une poignée d’argile ou d’asséchant peut être distribuée dans la case. L’un des éleveurs intervertit deux cases de porcelets pour modifier l’environnement et changer les odeurs. L’idéal est d’isoler le porc mordeur du groupe. Mais il n’est pas toujours évident à identifier.

Aude Dubois, aude.dubois@pdl.chambagri.fr

Repères

Cette enquête a été réalisée en 2023 par la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire en collaboration avec l’Ifip, la Chambre d’agriculture de Bretagne et Terrena Innovation. Elle vise à collecter l’expérience des éleveurs qui élèvent des porcs à queue entière. Des essais en station expérimentale complètent ces retours terrain. L’objectif est de proposer un guide pour accompagner ce changement de pratiques. Ce projet est soutenu dans le cadre du plan France 2030 Territoires d’innovation et par la Région Pays de la Loire.

Rédaction Réussir

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