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Systali 2018 pour affiner le rationnement

L’Inra vient de préciser la valeur alimentaire des fourrages et le métabolisme digestif des ruminants. À la clé, un pilotage plus précis du troupeau.

Valérie Berthelot (AgroParisTech) et Philippe Hassoun (Inra) : « Les besoins des agneaux à l’engraissement sont revus à la hausse pour les animaux plutôt producteurs ». © B. Contour
Valérie Berthelot (AgroParisTech) et Philippe Hassoun (Inra) : « Les besoins des agneaux à l’engraissement sont revus à la hausse pour les animaux plutôt producteurs ».
© B. Contour

Huit années de travail auront été nécessaires à l’Inra pour actualiser son système d’alimentation (Systali) pour les ruminants (le « livre rouge » des nutritionnistes), qui vient d’être publié en anglais, avant une parution en français prévue à l’automne. Il s’agit de la quatrième édition en 40 ans, justifiée par un « besoin de réactualisation des valeurs dans le contexte international ».

En pratique, explique Daniel Sauvant d’AgroParisTech, « il s’est agi de réexaminer les mécanismes biologiques modifiés par l’alimentation, d’expliquer les variations des réponses zootechniques et de les modéliser grâce à des équations mathématiques ». Lesquelles seront intégrées dans la nouvelle version du logiciel de rationnement Inration qui sortira en 2019 pour les ovins. En revanche, les nouvelles valeurs alimentaires des principaux fourrages et concentrés sont déjà disponibles sur les sites www.inration.fr et www.feedtables.com. Les fourrages verts et les foins sont globalement réévalués de 0,05 UFL sur le plan de l’énergie, mais dévalués sur le plan protéique (- 4 à 5 g de PDI par kgMS). Les concentrés ne bougent guère globalement.

1 + 1 ne font pas toujours 2

Principale innovation du système Inra 2018 par rapport au précédent (2007) : la valeur alimentaire d’une ration n’est plus égale à la somme des valeurs des ingrédients qui la composent dans la mesure où le nouveau modèle prend en compte les interactions digestives entre les divers ingrédients. Conséquence : les valeurs figurant dans les tables doivent désormais être considérées comme simplement « indicatives ». Par suite, on ne pourra plus bâtir une ration à l’aide d’un simple tableur. Il faudra s’aider d’un logiciel.

La digestibilité comparée de 12 « rations terrain » selon Systali 2007 et 2018 montre une perte de valeur énergétique de 0,1 UFL en moyenne chez la brebis laitière, ce qui ramène le taux de couverture des animaux conduits en lots d’environ 118 % (données élevage) à 103 %, note Philippe Hassoun de l’Inra. En termes de PDI, le taux de couverture revient de 129 % à 118 %. Dans l’attente de mesures complémentaires en 2019 et d’une évaluation du nouveau Systali par les professionnels, les recommandations ne sont pas modifiées.

Des besoins similaires pour les agneaux à l’engraissement

Chez les agneaux à l’engraissement, les besoins énergétiques (UFV) apparaissent « globalement similaires » entre Systali 2007 et 2018, indique Valérie Berthelot d’AgroParisTech. « Une baisse des besoins d’entretien est compensée par une augmentation des besoins liés à la croissance. Ce qui signifie aussi des besoins revus à la hausse en général pour les animaux plutôt producteurs ». Les besoins protéiques sont réévalués, fortement pour l’entretien, légèrement pour la croissance. Les nouvelles lois de réponse de la croissance s’énoncent ainsi : environ 20 g de GMQ pour 0,1 UFV supplémentaire et 10 g de GMQ pour 10 g de PDI supplémentaires.

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