Pour les brebis, le bois aussi confortable que la paille
Entre paille et plaquettes, les brebis affichent les mêmes performances et le même comportement. Et quand elles ont le choix entre les deux types de litière, elles restent partagées.
Entre paille et plaquettes, les brebis affichent les mêmes performances et le même comportement. Et quand elles ont le choix entre les deux types de litière, elles restent partagées.
Quand on laisse le choix à un lot de brebis entre une litière fraîchement paillée et une couche de plaquettes de bois, elles n’affichent pas de franche préférence que la litière soit parfaitement propre ou pas (graphique 1).
Le reste du temps, elles mangent et elles ruminent. Par ailleurs, les boiteries n’y sont pas plus fréquentes. La démarche des 478 brebis de différentes races qui ont servi de support dans cette étude a été notée en début et en fin d’essai. Et il n’y a pas de différence de proportions de brebis boiteuses entre paille et plaquettes de bois. Par ailleurs, aucun morceau de bois, susceptible de provoquer une blessure, n’a été retrouvé entre les onglons. Le constat est le même lorsque la litière est constituée d’un millefeuille, c’est-à-dire de couches successives de plaquettes de bois et de paille.
Un mode d’emploi bien précis
Par ailleurs, les flancs des brebis restent tout aussi propres et la laine est parfaitement sèche. Avec des plaquettes de 3 à 5 cm, aucun problème sanitaire n’a été enregistré. La litière est également moins chaude, de 3 °C en moyenne. Selon les saisons, sa température oscille entre 15 et 23 °C contre 17 à 29 °C pour le fumier pailleux.
Tous les indicateurs de bien-être étant au vert, les plaquettes de bois n’affectent pas les performances. Ainsi, l’évolution de l’état corporel des brebis reste équivalente à celui de la paille quel que soit leur stade : vide, gestante ou en lactation. Mais ces résultats restent soumis à la condition d’étaler des plaquettes parfaitement sèches, c’est-à-dire dont le taux de matière sèche est supérieur à 80 %. Dans le cas contraire, leur pouvoir absorbant est très limité et des problèmes sanitaires sont à craindre (des mammites par exemple).
Seule la période d’agnelage n’a pas fait l’objet d’étude. Toutefois, certains utilisateurs de plaquettes préfèrent la paille au cours de cette période afin de ne pas détériorer le lien mère/nouveau-né, les plaquettes pouvant coller sur l’agneau encore humide.
« S’étalonner l’œil pour ne pas replaquetter trop souvent »
« Remplacer la paille de litière par des plaquettes de bois nécessite de s’étalonner l’œil. On est en effet tenter de rajouter du bois alors que la litière est suffisamment sèche pour le bien-être des animaux. Le visuel est trompeur ! ».
« Garder la paille pour l’agnelage »
« La seule restriction que je ferais en matière d’utilisation des plaquettes de bois en litière est la période d’agnelage. J’ai observé que les brebis léchaient moins bien leurs agneaux. Je pense qu’il vaut mieux ajouter de la paille par-dessus les plaquettes pendant cette période pour éventuellement remettre du bois par-dessus une fois les mises bas terminées ».