L’Inra confirme l’intérêt du trèfle et du sainfoin
De récents travaux ont permis de préciser les vertus comparées du sainfoin et du trèfle violet sur l’alimentation des ovins.
Les légumineuses fourragères, telles que le trèfle violet et le sainfoin, ont décidément beaucoup d’atouts. Grâce à leur capacité à fixer l’azote atmosphérique, elles permettent de réduire l’utilisation des fertilisants azotés. Leur richesse en protéines contribue à améliorer l’autonomie protéique des élevages. Enfin, elles contiennent des composés secondaires qui améliorent les performances et la santé des ruminants tout en réduisant leur empreinte environnementale. Ainsi, le sainfoin contient des tanins condensés qui se lient aux protéines et en réduisent la dégradation dans le rumen, limitant ainsi les rejets azotés. Ces tanins ont aussi des effets anti-météorisations et anthelminthiques.
Des protéines mieux protégées dans des fourrages bien conservés
La polyphénol oxydase présente dans le trèfle violet a, comme les tannins condensés, une action sur les protéines dont elle réduit la dégradation précoce, améliorant ainsi la conservation et la qualité des ensilages. Elle inhibe aussi la biohydrogénation ruminale des acides gras polyinsaturés permettant d’améliorer la qualité nutritionnelle des produits animaux.
Les essais réalisés in vitro et in vivo à l’Inra de Clermont-Ferrand ont montré que les mélanges légumineuses-graminées permettent d’améliorer la qualité et la conservation du fourrage en augmentant la protection des protéines contre la dégradation, aussi bien dans le silo que dans le rumen. De plus, ces mélanges augmentent l’ingestion de matière sèche par les agneaux, par rapport à une alimentation basée sur des graminées pures. Enfin, une collaboration avec les universités de Catane (Italie) et de León (Espagne) a permis de montrer que l’association des deux légumineuses offre des effets bénéfiques cumulatifs sur le profil en acides gras polyinsaturés de la viande.
Le trèfle violet plus digestible mais le sainfoin plus écolo
Cependant, des différences sont apparues entre les deux légumineuses. Le mélange graminée-trèfle violet est plus performant que le mélange graminée-sainfoin en termes d’ingestion et de performances des agneaux, sans doute grâce à une meilleure digestibilité. Par contre, les complexes formés entre les protéines et les tannins condensés du sainfoin sont plus stables dans l’intestin que ceux formés entre les protéines et les quinones du trèfle violet. Ceci expliquerait en partie la modification du profil d’excrétion de l’azote davantage orientée vers les fèces que vers l’urine chez les agneaux alimentés avec le mélange graminée-sainfoin, ce qui a des effets bénéfiques pour l’environnement. Le sainfoin a également permis de réduire les émissions entériques de méthane.