Les métiers de la laine sont au poil
Les journées nationales de la laine ont rassemblé artisans, éleveurs, spécialistes et visiteurs autour du travail des toisons animales.


À dix kilomètres d’Aubusson, dont la tapisserie a été reconnue comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco, se sont déroulées les journées nationales de la laine du 26 au 28 octobre. Pendant trois jours, la commune de Felletin, dans la Creuse, a accueilli environ 20 000 visiteurs et près de 140 exposants, venus de la France entière et d’Europe. L’évènement, organisé par Felletin patrimoine environnement (association pour la valorisation de la laine et de ses savoir-faire) permet aux éleveurs, artisans et couturiers de tisser des liens, renforcer leurs réseaux professionnels et vanter l’originalité et la qualité de leurs produits. La laine de mouton était à l’honneur mais pas seulement, quelques producteurs de chèvres angoras étaient présents ainsi que des artisans travaillant alpaga, vigogne ou encore lapin angora.
Un produit noble et durable
Les moutonniers semblent encore peu nombreux à réaliser la manne qu’est la laine, comme l’indique Pierre Reveillac, éleveur de brebis caussenardes : « les éleveurs donnent leur laine alors qu’il s’agit d’un produit noble, beau et durable. » Les couturiers et créateurs savent pourtant bien mettre en valeur la laine et ses dérivées à travers une multitude de vêtements, accessoires, peluches, couette et oreillers. Les entreprises locales ont ouvert leurs portes aux visiteurs, notamment les filatures Terrade et Fonty. La première entreprise, créée depuis quatre générations, emploie cinq salariés et file 20 tonnes de fibres animales et végétales par an. La laine de mouton représente le plus gros volume, elle vient de partout en France. Le cardage, la filature et la teinture sont réalisés sur place, par contre il ne reste en France plus qu’une seule station de lavage pouvant traiter des volumes conséquents, soit 80 tonnes par an. La société de lavage de laine du Gévaudan se situe à Saugues, en Haute-Loire et fait partie du pôle laine du pays de Saugues, qui emploie notamment des personnes en réinsertion sociale. Cette association produit également des objets en feutre, tels que des chaussons, des semelles et des bonnets.