La Volonté paysanne, 24 novembre
"L’élevage aveyronnais est menacé"
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Le premier département moutonnier de France est parmi les leaders en installation ovine avec 43 installations en 2013. Le département défend une façon de vivre, une façon d’être dans son territoire, à travers le pastoralisme reconnu au patrimoine mondial de l’Unesco. Mais qu’adviendra-t-il de ces paysages si prisés, de ces fromages si appréciés, de toute cette économie locale autour de l’agriculture, si le loup vient s’attaquer au troupeau aveyronnais ? La conférence « pro-loup » organisée le 19 novembre à Rodez a donc fait bouillir les éleveurs aveyronnais. Pour avoir rencontré certains éleveurs victimes d’attaque de loup, François Giaccobi, en charge du dossier loup pour la chambre d’agriculture aveyronnaise, a fait part de leur détresse.
Interpellé sur les conflits entre les différents usagers des espaces pastoraux drômois, la chambre d’agriculture estime urgent de trouver des solutions profitables à tous. Ainsi en partenariat avec « Bienvenue à la ferme », elle a convié plusieurs parties prenantes à une rencontre le 26 octobre sur l’exploitation de la famille Fédy à Montségur-sur-Lauzon. Cette exploitation est confrontée au problème posé par les chiens de troupeaux. Lors de ces rencontres le président de l’Adem (Association d’économie montagnarde) a mis l’accent sur la sensibilisation des autres usagers mais aussi sur la formation des éleveurs. Dans le parc naturel régional des Baronnies, a aussi été initié une action de formation pour le personnel des offices de tourismes et des accompagnateurs sur le pastoralisme.
Des éleveurs de Haute-Vienne sont allés jusqu’en Nouvelle-Zélande pour redécouvrir le plantain. Des études étaient en effet menées sur l’intérêt de cette plante, qui pousse aussi sous nos latitudes en élevage ovin. Cette plante, dite agroécologique, est expérimentée avec succès depuis deux ans pour l’alimentation des ovins. Au départ, huit éleveurs de Haute-Vienne ont tenté l’expérience, aujourd’hui, ils sont 15 à tester cette plante sur leur exploitation Le plantain, longtemps considérée comme une mauvaise herbe, a en fait de bonne qualité nutritionnelle et aussi des vertus médicinales qui peuvent permettre de diminuer les traitements médicamenteux. De plus, cette plante à tanin condensé n’a pas besoin de produits phytosanitaires et pousse dans des environnements hostiles. Reste maintenant à convaincre les semenciers de produire le plantain à grande échelle.