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L'Europe renforce la législation sur les « colouring food »

Novalim a fait le point sur les changements et les enjeux de cette réglementation, dans le cadre de ses conférences Mardi de l'Agro, le 28 janvier dernier. Un casse-tête administratif que les industriels vont devoir décrypter et appliquer immédiatement.

Difficile de s'y retrouver jusqu'ici dans les méandres des colorants alimentaires. Naturels ou de synthèse, ils sont très largement utilisés dans l'industrie agroalimentaire pour redonner une couleur à un produit après un process de transformation. Et aussi, pour maintenir son aspect tout au long de sa DLC malgré les altérations de la lumière ou de la température ou, tout simplement, pour susci ter l'appétit du consommateur. L'Europe vient de publier une note de recommandation d'étiquetage qui redonne une définition précise de chaque type de colorant.

Quatre grandes familles de colorants sont précisément définies

Les colorants sont classés en quatre grandes familles. Les colorants artificiels (additif produit par synthèse chimique) et les additifs non artificiels (produit issu d'une extraction sélective d'une matrice) sont désormais encadrés par la réglementation relative aux additifs alimentaires. Les « colouring food » distinguent un produit issu d'une extraction non sélective d'une matrice alimentaire et dont la structure moléculaire n'a pas été modifiée chimiquement. Et pour finir, les jus de fruits, qui relèvent de cette nouvelle note, peuvent être étiquetés sur la liste des ingrédients comme un aliment. Une aubaine pour les industriels qui souhaitent répondre à la tendance qui veut que la liste des ingrédients soit de plus en plus réduite et la plus « naturelle » possible.

Une valeur différentielle à respecter

Néanmoins, la définition d'un « colouring food » est soumise à un calcul savant, dont le résultat doit être inférieur à 6. Cette valeur maximum fait référence à un différentiel entre les propriétés nutritionnelles et organoleptiques du « colouring food » par rapport au produit dont il est issu au naturel (comme défini dans la littérature scientifique communément admise, ndlr).

Par exemple, un extrait de carotte qui permet d'apporter une couleur orange à un produit devra avoir les mêmes propriétés nutritionnelles et organoleptiques qu'une carotte naturelle. L'extrait de carotte ne devra pas avoir plus ou moins de nutriment ou de saveur. Sinon, le produit sera considéré comme un additif et non comme un aliment. Ainsi, si un industriel utilise un extrait de carotte pour colorer une boisson, mais que la valeur de cet extrait de carotte est supérieure à 6, il ne pourra pas écrire dans sa liste d'ingrédients « extrait de carotte », mais relèvera de la réglementation sur les additifs, et devra inscrire E 160.

Cette nouvelle réglementation oblige les fournisseurs de « colouring food » à prouver que les produits qu'ils commercialisent disposent bien d'un indice inférieur à 6.

DES ENJEUX ÉCONOMIQUES COLOSSAUX

La tendance du Clean label – qui consiste à formuler des produits alimentaires sans additif, sans conservateur, sans gluten… – est très forte en France. Sur six cents innovations produits lancées l'année dernière, un tiers affichaient un argument sur la naturalité. Les chiffres divergent d'un cabinet d'études à l'autre, mais en moyenne, les produits dits « Clean label » progresseraient de 10 % par an en Europe. Si l'Europe vient de renforcer un peu plus l'étiquetage des colorants dit « naturels », les experts français des « colouring food » s'attendent à un renforcement des règles par les autorités sanitaires et vétérinaires françaises. La note européenne n'oblige pas à indiquer la fonctionnalité des aliments. Dans un soucis de transparence vis-à-vis du consommateur, les autorités françaises pourraient obliger les IAA à le faire avec des indications du type – pour reprendre l'exemple de l'extrait de carotte – « extrait de carotte colorant » ou « colorant : extrait de carotte ».

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