Aller au contenu principal

Sécurité sanitaire
Flou juridique autour des hydrocarbures d’huiles minérales

En l’absence de réglementation, les entreprises ont des plans d’analyses pour limiter les risques de contamination alimentaire aux hydrocarbures d’huiles minérales. Des travaux sont en cours pour encadrer la présence de ces substances.

Les MOH sont susceptibles de se retrouver dans les aliments à la suite de certains processus par contamination accidentelle.
© DR

À la suite de la détection d’hydrocarbures d’huiles minérales (MOH) présumés dangereux dans des laits infantiles par Foodwatch, l’ONG a appelé Nestlé et Danone à retirer deux produits du marché le 24 octobre. Le Secteur français des aliments de l’enfance (SFAE) a réagi en rappelant que ces substances ne sont pas ajoutées intentionnellement, et que les entreprises font tout leur possible pour garantir la sécurité et la qualité de leurs produits. Aujourd’hui, quels sont les risques et recommandations existants autour des MOH ?

Les MOH peuvent, sous certaines formes (MOAH et MOSH), nuire à la santé humaine. Ils sont susceptibles de se retrouver dans les aliments en suite de certains processus, par contamination accidentelle ou par migration à partir des emballages. « Les risques de contamination peuvent donc se produire à toutes les étapes de la production », rappelle l’Ania dans son guide.

Des plans d’analyses par entreprise

Les entreprises mettent en place des plans d’analyses et travaillent avec leurs fournisseurs pour surveiller la présence éventuelle de MOH et identifier les étapes à risques « qui vont dépendre des process, emballages et arrivages », explique Magali Bocquet, secrétaire générale du SFAE. L’Ania a créé cette année une boîte à outils pour les aider à identifier les sources potentielles de contamination et à mettre en place les actions adéquates.

Les méthodes disponibles ne permettent pas de les différencier

« L’analyse des résultats des MOH est complexe, car les méthodes disponibles ne permettent pas de les différencier facilement des autres substances analogues », d’après l’Ania. La méthode couramment utilisée (HPLC-GC-FID) peut être source de faux positifs, ce qui nécessite des études complémentaires. De ce fait, il n’existe à ce jour aucune méthode d’analyse standard reconnue par l’Union européenne (UE) ni de réglementation sur les quantités acceptables de MOH dans les denrées.

L’UE a préconisé en 2017 la mise en place de « plans de contrôle nationaux pour améliorer la surveillance de la présence de MOH dans les produits alimentaires ». Aussi, la Commission européenne a publié en février 2019 des recommandations pour le prélèvement et l’analyse des MOH dans les aliments et matériaux à leurs contacts. Les travaux en cours devraient à terme aboutir à une réglementation.

La définition d’un seuil reste toutefois complexe, car elle « nécessite des études approfondies notamment sur l’impact des MOH sur les enfants à des taux variés », selon le CFAE. En ce sens, ce dernier travaille avec la Commission européenne en lui transmettant les résultats d’analyses de 20 de ses adhérents.

Des recommandations disparates selon les pays européens

En France, aucune législation n’existe. L’Anses a recommandé en 2017 de « limiter l’exposition du consommateur aux MOH » et d’utiliser des barrières physiques pour limiter la migration des MOH de l’emballage vers les aliments.

En Belgique, l’autorité d’évaluation des risques belges a publié un avis recommandant d’appliquer des seuils d’action pour les MOSH compris entre 5 et 150 mg/km d’aliment, suivant le groupe considéré (5 mg/km pour le lait et les produits laitiers par exemple).

L’Allemagne est quant à elle plus avancée car le ministère fédéral de l’alimentation et de l’agriculture élabore un projet d’ordonnance sur les huiles minérales qui prévoit une obligation pour les fabricants de matériaux destinés au contact alimentaire à base de papier recyclé de mettre une barrière fonctionnelle si l’absence de migration de l’emballage vers l’aliment n’est pas prouvée.

Les plus lus

représenant de l'UE et du mercosur
Le Mercosur rejette les clauses de sauvegarde visant à protéger les agriculteurs

Puisqu’elles ne sont pas dans l’accord conclu entre l’UE et les pays du Mercosur en 2024, les clauses de sauvegarde ne sont…

vaches limousines en étable
Viande bovine : pourquoi l’Idele prévoit un ralentissement de la baisse de production en 2026 ?

Après avoir nettement baissé en 2025, la production de viande bovine en France ne devrait pas se redresser en 2026, selon les…

La France consomme des chevaux qu’elle produit peu, mais produit davantage d’animaux destinés à l’exportation.  © Reussir
Viande chevaline : « aujourd’hui ce sont plus les jeunes générations qui en demandent »

La consommation de viande chevaline recule, tandis que les importations augmentent. Dans ce contexte, Interbev Équin mise la…

des conteneurs peints au couleurs du drapeau brésilien sur un quai d'un port de commerce.
Le point sur la "polémique" Hénaff et Terrena : la France importe-t-elle déjà massivement du bœuf et du poulet brésilien ?

C’est la question qui peut se poser après deux faits divers mettant en scène Henaff et Galliance (Terrena). Mais les…

broutards charolais en bâtiment
Broutards : comment les Italiens s’adaptent à la baisse de l’offre française

La France envoie de moins en moins de broutards mâles vers l’Italie, faute d’offre. Une chute qui n’est pas compensée par le…

Christophe Pajot
LDC Sablé: croissance des ventes d’élaborés de volaille mais un taux de service à améliorer

Le pôle Terravenir du groupe LDC affiche une bonne croissance de ses ventes d’élaborés de volaille sur 2025, mais aurait pu…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio