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La filière vitivinicole dévoile son plan d’action

Un diagnostic partagé par tous, un plan bâti collégialement par l’ensemble de la filière, amont et aval. C’est ce qu'a voulu mettre en avant la filière viticole lors de sa conférence de presse au salon de l’Agriculture.

<em class="placeholder">Représentants de la filière viticole au SIA 2025</em>
De droite à gauche : Stéphane Héraud (président de l’AGPV), Jean-Marie Fabre (président des Vignerons Indépendants), Jérôme Bauer (président de la Cnaoc), Samuel Montgermont (président de Vin & Société), Bernard Farges (président du Cniv), Gérard Bancillon (président de VinIGP), Laurent Delaunay (vice-président de l’UMVin), et Camille Masson (vice-président du conseil spécialisé de FranceAgriMer) ont présenté le plan de relance vitivinicole, baptisé Cap Vins.
© C. de Nadaillac

En ce lundi 24 février, la filière viticole a souhaité se montrer sous le jour de l’unité, afin de démontrer la collégialité de ses décisions. Stéphane Héraud (président de l’AGPV), Jean-Marie Fabre (président des Vignerons Indépendants), Jérôme Bauer (président de la Cnaoc), Samuel Montgermont (président de Vin & Société), Gérard Bancillon (président de VinIGP), Laurent Delaunay (vice-président de l’UMVin), Camille Masson (vice-président du conseil spécialisé de FranceAgriMer) et Bernard Farges (président du Cniv) étaient ainsi réunis pour présenter le plan de relance vitivinicole, baptisé Cap Vins.

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Si ce plan semble cohérent au regard de la crise actuelle, il n’en reste pas moins qu’il ressert des plats maintes fois servis depuis une vingtaine d’années. À l’instar, pour n’en citer qu’un, de la mise en place d’une communication conjointe de toute la filière à l’étranger. Ce sujet de regroupement sous une bannière unique, "Wines of France", est un vieux serpent de mer depuis la crise des années 2000. Mais jamais il n’a pu voir le jour, pour d’obscures raisons. Cette fois, les responsables politiques se disent confiants, « arrivés à maturité et alignés » selon Jérôme Bauer. Reste à voir si sera suffisant.

Concrètement, Cap Vins comprend six axes.

 

  • Le premier consiste à « valoriser et moderniser l’image du vin ».

 Un objectif qui passera notamment par l’œnotourisme, identifié par la filière comme « le premier levier pour embarquer une image valorisante du vin », a fait valoir Jean-Marie Fabre. L’organisation d’un évènement national « structurant et récurrent », précise Bernard Farges, a priori à Paris et autour de l’œnotourisme, est également en réflexion afin « d’installer le vin dans les nouveaux modes de vie urbains ». De même, la présence sur les festivals est avancée comme une piste de développement. 

Lire aussi : Œnotourisme : un débouché en croissance de 20 % en 7 ans

Autre levier, l’introduction de mesures aidant au financement de l’œnotourisme dans le PSN (plan stratégique national) est en réflexion, avec l’objectif d’arriver à un consensus d’ici fin 2025. De même, en vue de rapprocher le vin des jeunes, tous les services marketing des interprofessions se sont réunis pour mettre au point un seul et unique « concept de communication », qui sera ensuite décliné dans chaque bassin.

  • Deuxième piste, l’innovation. 

Cela passera par la mise en place d’un observatoire des innovations sur les grandes tendances packaging, piloté par le Cniv. Ce recensement sera réalisé par les services marketing des interprofessions.

Un travail avec la distribution est également en cours afin de déterminer comment mettre en avant le vin dans les rayons en vue de mieux le promouvoir, d’augmenter la valorisation et d’intéresser les nouveaux consommateurs. Un comité de liaison a été constitué, qui regroupe les interprofessions viticoles et les deux fédérations de la distribution (FCA et FCD). « Le but est de démarrer fin juin », a précisé Bernard Farges. Une prospective sera effectuée sur les No-Low pour mesurer le réel potentiel du marché, et la seconde édition du baromètre des usages numériques sera lancée.

Lire aussi : Vins No-Low : le marché du vin désalcoolisé est en pleine expansion 

  • L’export représente la troisième voie stratégique. 

L’un des objectifs est de capter les signaux faibles sur les marchés afin d’adapter rapidement l’offre. L’idée de « chasser en meute » a également été avancée par Laurent Delaunay, notamment via la bannière collective « Wines of France », tout comme le fait que les pouvoirs publics sont attendus en renfort. « À une époque, le vin faisait partie de la diplomatie française, a-t-il rappelé. Ce n’est plus le cas. Ce serait bien que ça le redevienne. » Un soutien à la filière lors de la négociation des traités commerciaux internationaux est également attendu. Mieux collaborer avec toutes les infrastructures de type assurances, Business France, etc, fait aussi partie de la liste.

Lire aussi : Les exportations de vins et spiritueux 2024 en légère érosion

  • Quatrième axe, la promotion des engagements environnementaux. 

« 85 % du vignoble est certifié HVE, 6 % Terra Vitis et 25 % est en bio, biodynamie ou en conversion, a martelé Jérôme Bauer. Mais encore faut-il le faire savoir. » Et ce, via des indicateurs communs. Des besoins d’outils de sensibilisation à destination des viticulteurs et d’accompagnement financier pour passer à la RSE ont également été identifiés.

  • Cinquième volet, se doter d’une réelle intelligence collective par le biais d’observatoires économiques performants. 

« Il y a un réel flou sur ce que notre filière commercialise via le CHR ou en hard discount », a illustré Camille Masson. Disposer de chiffres pertinents devrait permettre d’équilibrer la production avec la demande, comme la filière l'a déjà identifié depuis 20 ans.

  • Le dernier objectif est d’adapter l’offre à la demande pour éviter la dégradation de la valeur. 

Et pour ce faire, les professionnels entendent disposer d’une boîte à outils intégrant une bonne étanchéité entre segments, l’arrachage mais aussi des outils de régulation de l’offre tels que la distillation et la vendange en vert. L’assurance récolte a été identifiée comme problématique. Depuis sa réforme en 2021, elle n’est plus adaptée à la viticulture. Mais les moyens pour la faire évoluer semblent bien minces. « Nous voudrions pouvoir nous assurer à la carte, suggère Gérard Bancillon, ce qui n’est pas possible à l’heure actuelle. Pouvoir être plus assuré quitte à payer plus. » Pas sûr que les assureurs l’entendent de cette oreille, eux qui estiment que le changement climatique ne devrait pas être de leur ressort…

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