Ferme expérimentale de Mauron
Un essai mash sur jeunes bovins blonds à la ferme
Ferme expérimentale de Mauron
A la ferme expérimentale de Mauron, dans le Morbihan, un essai a montré que sur le critère « UF par gain de kilo de carcasse », les mash tirent leur épingle du jeu. Sur le plan économique par contre, il convient de raisonner le recours à ce type d´aliment.
L´essai a porté sur trois lots de 13 jeunes bovins blonds « tout venant », triés pour obtenir une homogénéité des lots. Le lot témoin a reçu une ration à base d´ensilage de maïs à volonté, déjà plutôt concentrée avec 3,5 kg de blé et 1,5 kg de tourteau de soja, pour représenter le même niveau d´apport que les rations mash. Un lot a été conduit avec paille à volonté et un « mash amidon », et l´autre avec un « mash parois »(1).
Pas de différence de conformation
Les animaux ont été abattus à 16,5 mois à des poids moyens de 430 kilosC pour le lot maïs et 440 kg C pour les deux lots mash. « Avec les mash, les croissances ont été relativement bonnes, d´environ 100 g/jour de plus qu´avec la ration maïs. Les croissances n´ont cependant pas atteint des sommets, et autour du poids vif de 550 kg, un tassement des performances a été observé de la même façon dans les trois lots », analyse Daniel Le Pichon de la Chambre d´agriculture du Morbihan. Par contre, un effet des mash sur le gain de poids de carcasse a été mis en évidence. Il a été en moyenne de 950 g/jour avec le maïs contre 1033 g/jour avec « le mash amidon » et 1058 g/jour avec le « mash parois ». « La valorisation des UF ingéré est meilleure avec les mash, et en particulier avec celui de type paroi. »
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A priori, les rations avaient été établies pour être de même niveau énergétique et azoté mais le niveau de consommation des mash a fait que les lots mash ont finalement été conduits avec 121 et 125 g PDI/UF contre 111 pour le lot maïs. Les jeunes bovins ont consommé en moyenne par jour 8,2 kg MS pour le lot « mash amidon » et 7,9 kg pour le lot « mash parois ». « Nous n´avons par contre pas mis en évidence de différence de conformation entre lots, tous les jeunes bovins étaient U =. »
Un bilan économique a été réalisé à partir du cas type d´un engraisseur spécialisé de 90 jeunes bovins, sur 65 hectares, dont 16 en maïs (rendement 12,5 tMS) et 29 en blé (rendement 80 q). A assolement constant, si le maïs est vendu en grain et les jeunes bovins alimentés avec les mash étudiés dans cet essai, la marge brute par jeune bovin est nulle.
Pour répondre à des besoins ponctuels
« Avec le régime du lot témoin, le coût alimentaire est de 226 euros/jeune bovin contre 499 euros pour le « mash amidon » et 493 euros pour le « mash paroi » », explique Alain Guillaume de la Chambre d´agriculture du Morbihan. Avec en face un produit sans aide par jeune bovin de 495 euros pour le régime témoin, contre 531 euros pour les deux mash. « Ces calculs ont été faits avec une vente du maïs grain à 9 euros/tonne et les cours actuels pour les animaux. L´achat de mash complet doit donc plutôt répondre à des besoins ponctuels. »
(1) « mash amidon » : 33 % de blé et issues de céréales, 17,5 % de maïs grain, 15,4 % de pulpe de betterave, 12 % de tourteau de lin expeller, 8 % de luzerne déshydratée, 7,5 % de tourteau de soja 48, 3,5 % de tourteau de tournesol, 3,1 % de minéraux.
« mash parois » : 30,8 % de blé et issues de céréales, 41,6 % de pulpe de betterave, 14,5 % de tourteau de lin expeller, 9 % de tourteau de soja 48, 4,1 % de minéraux.