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Tourteau gras : des valeurs alimentaires très variables

Toute la difficulté pour réaliser des rations à base de tourteau gras est de bien connaître les valeurs alimentaires, très variables selon les conditions de trituration.


Les tourteaux gras sont plus riches en énergie et plus pauvres en protéines que les tourteaux industriels. Mais l´hétérogénéité est très grande entre tourteaux fermiers dont les valeurs alimentaires sont directement liées à leur teneur en huile résiduelle. Celle-ci est influencée par la capacité d´extraction de la presse utilisée, les réglages effectués (finesse des buses) mais aussi par la température ambiante, l´hygrométrie de l´air et la teneur en matière sèche des graines.
La qualité de l´huile produite et les valeurs alimentaires du tourteau sont directement liées au type de presse utilisée et aux conditions de trituration. ©B. Griffoul

Pas plus de 5 % de matière grasse
Autant de raisons qui expliquent les fortes variations observées sur le terrain. Une enquête réalisée l´an dernier par l´Institut de l´élevage et la chambre d´agriculture du Maine-et-Loire montrait que le taux de matière grasse des tourteaux de colza, pourtant obtenus pour la quasi-totalité avec un même type de presse (Täby), variait de 18 à 30 % (24 % en moyenne). Pour le tournesol, les résultats étaient plus resserrés : 17 à 24 % (20 % en moyenne). Mais avec des presses à barreaux puissantes, on parvient à des taux de matière grasse inférieurs à 15 %. Ce qui est recommandé pour une bonne valorisation en alimentation animale.
« Pour obtenir des valeurs azotées intéressantes, il faut des taux de matières grasses faibles, soit 12 à 15 % maximum, indique ainsi la chambre d´agriculture de l´Allier. Mais un pressage plus fort ou un préchauffage qui augmentent l´extraction de l´huile - et diminuent donc la quantité dans les tourteaux - donnent une huile chargée en gomme qui encrasse les moteurs. » Pour vraiment apprécier les qualités nutritives du tourteau, pas d´autre solution donc que de faire analyser sa teneur en matière grasse et en matière azotée totale (MAT).

Tous les experts s´accordent sur le fait que la teneur totale en matière grasse d´une ration ne doit pas dépasser 5 %, seuil au-delà duquel on s´expose à des troubles digestifs. Un excès de matière grasse perturbe en effet la flore du rumen, réduisant ainsi la digestibilité de la ration et les quantités ingérées. « Ces taux ne sont pas atteints dans les rations des animaux d´élevage à croissance hivernale modérée et dans la majorité des rations des vaches allaitantes. Ces tourteaux peuvent alors constituer la seule source d´apport azoté du régime », précise encore la chambre d´agriculture de l´Allier.
L´an dernier, lorsqu´il a monté la part de tourteau de colza à 25 % pour les mâles, soit deux kilos par jour - le taux de matière grasse de la ration atteignait alors 5,5 % -, François Brossier a observé « des diarrhées huileuses » sans que cela ne pose toutefois de problème sanitaire. Mais ce régime n´a été maintenu que deux mois. Les essais en cours devraient apporter des précisions pour les animaux à l´engrais.

Le rancissement fait perdre de l´appétence
Autre question récurrente : le stockage et la conservation. Pas de difficulté majeure, si ce n´est qu´à la longue la matière grasse peut avoir tendance à rancir et le tourteau perdre de son appétence. A l´abri de l´air en big-bags fermés ou cellules ? A plat à l´air libre sous abri ? Refroidir avant de stocker ?. Les recommandations de stockage ne sont pas vraiment établies. Pas plus que les durées qu´il est raisonnable de ne pas dépasser. Trois à cinq mois, entend-on souvent. L´enquête de l´Institut de l´élevage en cours de dépouillement montre d´ores et déjà que les éleveurs n´ont pas rencontré de souci jusqu´à six mois de stockage dans des conditions normales de conservation.

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