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Les confidences de Gilbert Guignand

Gilbert Guignand a pris sa retraite après une vie professionnelle bien remplie, que ce soit sur son élevage laitier à La Séauve/Semène mais aussi dans les rangs du syndicalisme majoritaire et au sein du réseau Chambre d'agriculture. Il nous a confié sa vision de l'agriculture.

Gilbert Guignand
« Mon plus gros enrichissement, ce sont ces milliers de personnes que j'ai rencontrées au fil des années à l'échelon départemental, régional et national... Ainsi j'ai appris à connaître toute l'agriculture française » : Gilbert Guignand.
© HLP

En 1985, Gilbert Guignand s'installe en Gaec avec ses parents à La Séauve/Semène. Il intègre très tôt le dynamique CCJA de son secteur à l'âge de 17 ans, où il prend plaisir à participer aux bals, voyages et autres animations conviviales. 

« J'ai attaqué par une formation de responsable en 1986 ; j'y ai mis le petit doigt et ça m'a emballé ! » lance-t-il lorsqu'il évoque ses débuts dans le syndicalisme.

En Haute-Loire, il est passé par le CDJA, la Chambre d'agriculture, où il a été élu, la FDSEA, en tant que délégué cantonal, président de la section laitière puis président de la fédération. Des responsabilités qui l'ont conduit à Paris, en tant qu'administrateur FNSEA, à la région Auvergne puis Auvergne Rhône-Alpes à la présidence de la Chambre d'agriculture (voir encadré). Il conserve à ce jour la présidence du Comité départemental Safer.

Travailler en équipe

Des missions qui lui ont permis de rencontrer beaucoup de monde et surtout de pouvoir travailler en équipe. « Avant de prendre une décision, j'ai toujours tenu à écouter mon équipe d'élus sans oublier mon équipe d'administratifs ; car on n'est pas infaillible ». Toutes ses responsabilités l'ont passionné et les bons comme les mauvais moments, il les partageait en équipe . 

« Mon plus gros enrichissement, ce sont ces milliers de personnes que j'ai rencontrées au fil des années à l'échelon départemental, régional et national... Ainsi j'ai appris à connaître toute l'agriculture française ».

Sur son exploitation laitière (115 ha, 75 vaches laitières et de la viande bovine issue du cheptel laitier) avec son associé Pascal Croze, sa femme Isabelle durant plusieurs années puis un salarié, comme tout chef d'entreprise, Gilbert avançait en mode "projets" ; la construction d'un bâtiment, la conduite d'élevage et des cultures, l'installation du robot de traite en 2009..., le faisaient avancer. Il a choisi de travailler en Gaec, une forme d'exploitation qui lui a permis de se libérer le temps nécessaire pour ses responsabilités. Gilbert Guignand et son épouse ont eu 3 enfants. Et pour concilier, ses responsabilités professionnelles, son exploitation et sa vie de famille, il n'avait pas de règles particulières. Mais bien souvent, c'était sa ferme qui s'imposait comme une priorité lorsqu'une vache était malade ou qu'un autre impondérable nécessitait sa présence. « C'est peut-être ma famille qui a le plus souffert de mes absences » dit-il d'un air pensif. Aucun de ses 3 garçons n'a fait le choix de reprendre l'exploitation (aujourd'hui reprise par un jeune) « peut-être car on n'habitait pas sur place et aussi en raison de mes absences. Si j'étais resté à plein temps sur la ferme, est-ce que l'un d'entre eux se serait installé ? C'est la question que je me pose sans vraiment pouvoir y répondre. En tout cas, tous les 3 ont trouvé leur voie dans d'autres domaines » dit-il sans regret aucun. 

Un métier par passion et non pas par obligation

À 63 ans, il porte un regard positif sur sa carrière et son métier : « J'ai le sentiment d'avoir fait un métier par passion et non pas par obligation. Je n'ai jamais travaillé avec la boule au ventre. Un éleveur vit avec les saisons, les animaux. J'ai eu la chance d'exercer ce métier ». Ce n'est pas non plus par obligation qu'il s'est engagé dans le syndicalisme, mais plutôt en lien avec une volonté de travailler en équipe ; ce qui restera son maître-mot durant toutes ces années. « J'arrive à la retraite en étant satisfait de ce que j'ai fait, même si j'ai le sentiment que j'aurais pu faire encore un peu plus... Un peu plus sur ma ferme ces dernières années et dans mes responsabilités, en allant plus en profondeur sur certaines actions ».

La force d'un collectif qui avance ensemble

Il salue toute l'efficacité de la mobilisation agricole conduite en 2024 : nous avons emmené avec nous toute la société et nous avons réussi à mettre en tête d'une loi (LOA), la sécurité alimentaire et l'agriculture. Je pense que c'est un combat qui a été gagné. Et désormais, on parle beaucoup d'agriculture sur les réseaux sociaux et souvent de manière positive. Il évoque l'atout majeur dont bénéficie l'agriculture altiligérienne : la force d'un collectif qui avance ensemble. 

« En Haute-Loire, les responsables professionnels de toutes les OPA ont toujours tiré dans le même sens ; cela a été la force vive de notre agriculture. Et à présent, la relève est là avec nos jeunes agriculteurs ». 

« La Haute-Loire, qui ne perd aucun litre de lait, est le seul département français à disposer de 3 abattoirs » et pour Gilbert Guignand, c'est le résultat de la force de la profession agricole, et c'est "quelque chose qu'il ne faut pas perdre". 

Un responsable professionnel doit avoir 2 jours d'avance

Notre agriculture a aussi des faiblesses, à commencer par le parcellaire agricole très morcelé. « Nous n'avons pas suffisamment fait de remembrements. Nos terres ont de faibles valeurs agronomiques et la réglementation nous bride dans le labour des prairies permanentes mais en termes de biodiversité, on est les champions ! D'ailleurs quand on me dit que la biodiversité a disparu en France, je leur dis de venir en Haute-Loire. Notre département est encore très agricole, on n'a pas à rougir. Nous avons toujours trouvé les moyens d'envoyer des représentants à Paris, le lieu où l'on obtient les informations avant les autres. Or, le rôle d'un responsable professionnel c'est d'avoir 2 jours d'avance ». À l'échelon régional, l'agriculture a pu compter sur l'engagement d'un président de région, Laurent Wauquiez. « Notre région c'est 7 millions de personnes à nourrir et une vingtaine de filières agricoles organisées ; il doit juste nous manquer la banane ! » dit-il avec humour.

Gilbert Guignand regarde l'avenir avec optimisme

« On veut des paysans qui gagnent leur vie et je suis sûr que cela va arriver » dit-il avant d'ajouter : « je vois des jeunes férus d'agriculture et qui ont envie de ces métiers... Je regrette qu'une seule chose, c'est d'avoir 60 ans car il y a tellement de choses à faire et à construire ».

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