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À la recherche de viande bovine françaiseau rayon des surgelés

En début d’année, de grands distributeurs s’étaient engagés, à grand renfort médiatique, à servir de la viande bovine française.Les éleveurs vérifient si la promesse tient toujours.

© RSA

En période de crise, les promesses fleurissent.Ainsi, lors du dernier Salon international de l’agriculture, les grandes enseignes, inquiétées par le scandale des lasagnes à la viande de cheval, communiquaient sur la provenance de leur viande bovine française et s’engageaient à afficher le fameux logo VBF bleu blanc rouge (viande bovine française).Pourtant, les abatteurs se plaignent de produits qui leur restent sur les bras et les éleveurs en subissent les conséquences avec des cours qui fléchissent. Alors depuis septembre, la Fédération nationale bovine agit, en contrôlant de manière inopinée la provenance des viandes distribuées. Lundi 16 décembre, une opération était conduite dans le Cantal. À Aurillac, trois établissements étaient visités par une délégation de la section bovine de la FDSEAet des Jeunes Agriculteurs, conduite par Bruno Dufayet et Jérôme Merle. Une douzaine d’éleveurs se sont ainsi rendus au Mc Donald’s, chez le spécialiste du surgelé Picard et chez un des plus gros fournisseurs de la restauration commerciale et collective, Krill.

Ronald à 75%, Picard 100%

Dans le fast-food aurillacois, la visite des chambres froides suffisait à livrer un verdict: un quart des steaks hachés surgelés proviennent d’Irlande; le reste est bien tracé en France.Ce que confirmait l’affichage en salle que le directeur de l’établissement Sébastien Gombert a tenu à montrer.Naturellement, il informera son franchisé (qui a des responsabilités nationales) de la disponibilité de viandes françaises, conformément au souhait émis par l’enseigne; il convient qu’il faut “aller au bout de la logique”. Bonne surprise chez Picard, où la même délégation s’est rendue.Reçue par David Terrieux, responsable du magasin, elle a eu tout le loisir de chercher dans les rayons avant de conclure que le spécialiste du surgelé jouait bien le jeu.“C’est la démonstration que ceux qui le veulent, peuvent tenir les promesses et jouer la carte 100% VBF”, en concluait Bruno Dufayet.

Krill, la déception

En revanche, le responsable de la section bovine (et membre de la FNB) relevait le paradoxe de Krill qui vante “la transparence” sur une publicité présentant une côte de bœuf, et la complexité de l’offre ainsi que l’absence d’information quant aux volumes distribués depuis le site aurillacois, géré depuis Brive et propriété d’une coopérative bretonne... Sur leur catalogue, 23 produits bovins d’origine française sont réformés, mais 35 autres sont issus de l’Union européenne. “Vous vendez moins cher, mais informez donc vos clients que les abattoirs allemands tournent avec de la main d’œuvre roumaine à 5euros de l’heure”, lance Bruno Dufayet à Étienne Gasquet, responsable du site qui livre le Cantal, l’Aveyron et le bassin de Figeac. La délégation promet de continuer à conduire des investigations et des opérations de sensibilisation auprès des clients du distributeur.

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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