La sociabilisation des porcelets également efficace en élevage bio
La socialisation des porcelets dans une maternité bio a permis de diminuer les bagarres au sevrage et le stress associé, sans modifier les performances de croissance. Mais la pratique n’a pas suffi pour limiter les comportements négatifs des mâles entiers en fin d’engraissement.
La socialisation des porcelets dans une maternité bio a permis de diminuer les bagarres au sevrage et le stress associé, sans modifier les performances de croissance. Mais la pratique n’a pas suffi pour limiter les comportements négatifs des mâles entiers en fin d’engraissement.
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Sur un échantillon de 433 porcelets de la station Porganic à Rouillé (Vienne) conduits par l’Inrae en agriculture biologique, la socialisation à l’âge de 21 jours a affecté négativement le gain de poids des porcelets mâles en sortie de maternité. Mais en fin de post-sevrage, la différence disparaît.
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La mortalité sous la mère reste stable, avec une différence non significative entre les porcelets du lot socialisé et ceux du lot témoin (respectivement 3,5 % et 1,9 %). En revanche, cinq jours après le sevrage, le nombre de griffures sur les porcelets témoins a doublé (de 6 à 13 en moyenne), alors que le nombre s’est maintenu pour les porcelets sociabilisés.
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En complément, une analyse vidéo à l’entrée en post-sevrage démontre un nombre et une durée moyenne des bagarres nettement supérieurs dans les lots témoins sur les quinze premières minutes (67 combats de 1 minute et 7 secondes, contre 30 combats de 9,6 secondes pour les porcelets sociabilisés). En sortie de maternité, la concentration en cortisol (hormones de stress) est de 80 picogrammes par milligramme (pg/mg) de soie cumulé, contre 30 pg/mg, quarante-neuf jours plus tard. Autre point intéressant, le taux de cortisol est plus faible au sevrage chez les femelles socialisées que chez les témoins. Enfin, en fin d’engraissement, le nombre de chevauchements et de bagarres entre mâles entiers s’est maintenu sur des bases équivalentes à celles des porcs charcutiers des lots témoins.
Nicolas Kolytcheff, nicolas.kolytcheff@bretagne.chambagri.fr