Aller au contenu principal

Covid-19 : organiser le travail en élevage de porcs en période d’épidémie

Même en période d’épidémie, l’activité d’élevage doit se poursuivre. L’organisation du travail doit toutefois être adaptée pour protéger au mieux éleveurs et salariés porcins, comme le souligne la Chambre d'Agriculture de Bretagne.

Pour les tâches réalisées à plusieurs, comme la vaccination, il faut se tenir à distance, se laver les mains avant et après, et ne pas partager le matériel.
© D. Poilvet

Pour limiter les risques de contagion entre personnes travaillant sur la même exploitation, il est essentiel de limiter les contacts au strict minimum. Concrètement, l’équipe peut être scindée en deux sous-équipes fixes qui ne se croisent jamais : par exemple, une qui travaille le matin, et une l’après-midi. Dans ce cas, les transmissions peuvent se faire par téléphone ou par visio conférence. Elles peuvent aussi être écrites sur un tableau ou un cahier. Dans ce cas, il est important que chacun ait sa craie ou son stylo, et le garde avec lui.

Lorsque plusieurs personnes travaillent en même temps sur l’exploitation, il est important qu’elles gardent leurs distances. Une manière simple de vérifier si celle-ci est suffisante est que les deux personnes étendent les bras sur le côté. Si les mains se touchent, il faut s’éloigner. Pour les tâches qui sont habituellement faites à plusieurs, comme les soins, le mieux est de les organiser de manière à travailler successivement, par exemple en étalant la tâche dans le temps. Si ce n’est pas possible, il faut se tenir à distance, se laver les mains avant et après, et ne pas partager le matériel.

La première protection : les gestes barrières « classiques »

Faut-il porter des gants, un masque, etc. ? Pourquoi pas, mais la première protection reste les gestes barrières « classiques » : tousser dans sa manche, se laver les mains très régulièrement. Pour ne pas oublier, une solution peut être de régler son téléphone pour qu’il sonne toutes les heures, et de se laver les mains à chaque fois qu’il sonne.

Les masques type chirurgicaux ne protègent pas des virus. Néanmoins, ils peuvent être intéressants pour limiter les projections de postillons. Ils évitent aussi les contacts involontaires entre les mains et la bouche, qui sont source de contamination des mains. Les masques de protection contre les poussières peuvent aussi être utilisés. Bien évidemment, tous ces équipements sont strictement personnels.

Travailler en élevage, c’est aussi se changer au vestiaire, faire une pause, prendre son repas de midi. Pour éviter que ces moments ne soient source de contamination, il faut prendre des pauses ou repas chacun à son tour, et éviter de partager du matériel (ex : cafetière). Mieux vaut amener son thermos et sa vaisselle. Si du matériel est partagé, comme le micro-ondes, il est important de nettoyer la poignée avec un produit virucide après usage. De même, les vestiaires collectifs doivent être utilisés de manière successive, en étalant les entrées et sorties dans le temps. Les interrupteurs des vestiaires, bureaux, salle de pause doivent être désinfectés trois fois par jour, et à chaque changement d’équipe. Les surfaces partagées (table, bureau, surfaces des vestiaires) doivent également être nettoyées et désinfectées.

Pour que ces mesures soient efficaces, toutes les personnes de l’élevage doivent les appliquer. Les éleveurs employeurs doivent « assurer la sécurité et protéger la santé physique et morale des travailleurs » (article L. 4121-1). Aussi, il est de leur responsabilité de faire appliquer des règles de prévention par leurs salariés. Le non-respect des mesures de précaution par un membre de l’équipe pourrait être considéré comme un motif d’exercice du droit de retrait par un salarié.

Actualiser son DUER

D’un point de vue administratif, le Document Unique d’Evaluation des Risques doit être actualisé pour prendre en compte la gestion du risque « Covid-19 ». Cette actualisation peut être faite par l’éleveur, en indiquant pour chacune des tâches s’il y a risque de contamination, et si oui comment ce risque est réduit (ex : distance entre les personnes) ou supprimé (ex : remplacement du passage de consignes au café par un appel téléphonique).

 

Pour plus d’informations :

Fiche biosécurité en exploitation agricole, Chambre d’agriculture de Bretagne : http://www.synagri.com/synagri/infos-coronavirus---covid-19-en-agriculture

Coronavirus : consignes sanitaires pour les entreprises, MSA : https://www.msa.fr/lfy/employeur/coronavirus-consignes

 

Qui vient travailler ?

Les salariés qui présentent des symptômes doivent rester chez eux, et contacter leur médecin traitant. Les personnes qui risquent de développer une forme grave d'infection peuvent bénéficier d'un arrêt de travail à titre préventif. La MSA propose aux femmes enceintes dans leur 3ème trimestre de grossesse, ainsi qu'aux personnes souffrant de certaines Affections de Longue Durée de demander un arrêt de travail directement en ligne : https://declare2.msa.fr/cgu

Les plus lus

<em class="placeholder">Guillaume Degoulet, SCEA des Sables (à gauche) et Sylvain Jouy, Agrial : &quot; Le Label rouge Opale m&#039;a permis de financer un nouvel engraissement lors de mon installation. &quot;</em>
« La montée en gamme m'a aidé à financer mon bâtiment de porc en engraissement »

Avec le Label rouge Opale, Guillaume Degoulet a orienté la production porcine de son exploitation vers une montée en gamme…

<em class="placeholder">Fabien Sabourin : « Le gain technico-économique global est estimé à 175 000 euros annuels, soit 23,30 euros par porc produit. »</em>
"J'ai investi dans un nouveau bâtiment de porc en engraissement pour une meilleure rentabilité"

La Scea Le Mignon se dote d’un nouvel engraissement de 2 556 places. Moderne et innovant, l’installation doit permettre…

<em class="placeholder">Florence Guého et Jérémy Mainguy, SARL de la ville Corvec : « La gestion des performances bande par bande nous permet d&#039;être hyper réactifs. »</em>
« Avec le suivi à la bande, nous chiffrons l’impact de nouvelles stratégies de notre atelier porc»
À la SARL de la Ville Corvec, le suivi à la bande proposé par Nutrifirm a permis aux éleveurs d’améliorer leurs performances…
<em class="placeholder">Valérie Courboulay, Ifip-Institut du porc</em>
Propositions de l'EFSA : le coût du bien-être animal estimé à 10 milliards d'euros pour la filière porcine 

Une étude de l’Ifip chiffre à plus de dix milliards d’euros pour la filière porcine française le coût des principales mesures…

Une maternité pour truies en liberté apportant du confort de travail

À l’EARL Le Lann à Cléden-Poher dans le Finistère, Mathis et Estelle Talec ont investi en 2024 dans une maternité neuve…

<em class="placeholder">Thierry Boulet, Porc Amor Évolution et Jean Jacques Breton, SCEA Kerroc’h : « Investir dans un post-sevrage pour améliorer la cohérence de l’élevage a permis de ...</em>
« J’ai renforcé la cohérence de mes bâtiments porcins pour produire plus à moins cher ».

À la SCEA de Kerroc’h, le nombre de kilos produits a progressé d’un tiers et le prix de revient a baissé de 0,16 euro le…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT’Hebdo Porc (tendances et cotations de la semaine)