Aller au contenu principal

Ukraine : quels sont les pays les plus exposés à la guerre du blé ?

Quels sont les pays les plus vulnérables aux importations de blé provenant d’Ukraine et de Russie et donc fragilisés par la guerre en Ukraine ? Le cabinet Solagro vient d’éditer une note sur le sujet et propose des solutions.

Champs de blé
© Pixabay

La guerre en Ukraine, grenier à grains de l'Europe, a fait ressortir la dépendance de certains pays aux importations de blé ukrainien mais aussi au blé provenant de Russie, qui n’hésite pas à brandir l’arme alimentaire pour gagner des points.

Qui est le plus concerné par cette guerre du blé ? Quels sont les pays les plus vulnérables ? Le cabinet d’étude Solagro vient de faire une note sur le sujet fournissant des chiffres éloquents.

L’Ukraine représente 3% des surfaces mondiales de blé et la Russie 13%. L’Ukraine exporte 18 millions de tonnes de blé et la Russie 34 millions de blé (contre 20 millions de tonnes pour la France), les deux pays représentant 23% des exportations mondiales de blé, soit 7% de la consommation mondiale.

De nombreux pays sont fortement dépendants des importations de blé. Une dépendance que Solagro a mesurée en prenant en compte le poids du blé dans l’alimentation, la part des importations dans la consommation intérieure de blé et la part de la consommation humaine dans la consommation intérieure de blé.

L'Afrique du Nord et le Proche Orient plus vulnérables

L’Afrique du Nord et le Proche Orient cumulent les trois critères de vulnérabilité aux importations de blé. Parmi ces pays, Solagro a classé ceux les plus vulnérables aux importations d’Ukraine et Russie. En haut du classement, on retrouve le Liban, la Géorgie, l’Arménie, le Congo, le Yémen, la Tunisie l’Albanie, la Libye, l’Azerbaïdjan et l’Egypte. Retrouvez l’ensemble des données sur la carte interactive

Les pistes de réflexion de Solagro

Pour limiter la dépendance de ces pays aux blés russes et ukrainiens, Solagro pointe plusieurs pistes de réflexion :

  • Augmenter les rendements dans les 15 pays affichant un rendement supérieur de 60 qx/ha de blé, dont la France fait partie. « Mais les quelques quintaux gagnés au prix soit d’une consommation significativement accrue d’intrants, soit de la destruction d’infrastructures agroécologiques, ne sont pas de nature à changer la donne à l’échelle », estime Solagro.
     
  • Augmenter les rendements dans les pays où ils sont les plus faibles. « Une augmentation de rendements de 3 quintaux en moyenne sur les 160 millions d’hectares des pays affichant des rendements à 30 qx/ha suffirait à compenser la suppression totale des exportations de blé d’Ukraine et Russie », simplifie le cabinet d’études.
     
  • Massifier la culture des légumineuses : le cabinet propose de « financer massivement la culture de légumineuses, pour substituer des protéines animales rendues inaccessibles financièrement à de nombreuses personnes et pour procurer une fourniture d’azote à la culture suivante ».
     
  • Substituer le blé par des céréales locales : « Il existe de nombreuses possibilités de substitution du blé, notamment en Afrique où les céréales locales ont fait l’objet de beaucoup moins d’attention que les céréales mondialisées que sont le blé, le maïs, le riz, l’orge… Soutenir les céréales locales c’est aussi soutenir la paysannerie et permettre de prendre plus d’autonomie et souveraineté alimentaire », peut-on lire dans la note de Solagro.

Les plus lus

Taille d’une haie en bordure de champ
Interdiction de la taille des haies à partir du 15 mars : des dérogations collectives obtenues par les syndicats agricoles, quels départements concernés ?

Suite aux intempéries de l’automne et aux fortes pluies de janvier 2025, des demandes de dérogation pour l’interdiction de la…

Haie taillée à l'épareuse entre deux prairies.
Taille des haies : quelles obligations pour les agriculteurs de maintien et d’entretien en 2025 ?

Après des mois d’annonces politiques et de navette parlementaire, quelles obligations reste-il pour les agriculteurs au regard…

Hangar photovoltaïque agricole
Hangars photovoltaïques agricoles : le tarif d’achat de l’électricité passe à 95 €/MWh jusqu’en juin… et après ?

L’arrêté tarifaire modifiant l'arrêté S21 vient d’être publié au Journal officiel, il annonce une baisse du tarif d’achat de l…

 Panneaux photovoltaïques sur une stabulation
Hangars photovoltaïques agricoles : le gouvernement appelé à maintenir le tarif fixe de 95 Eur/MWh

Le Conseil supérieur de l’énergie (CSE) demande au ministre de l’Industrie de revoir son projet de révision drastique à la…

Bruno Cardot dans un hangar devant des tracteurs
L’agriculture française est-elle entrée en guerre économique ?

« L'agriculture dans la guerre économique », réalisé par Tek5 et le Centre de recherche appliquée de l’Ecole de…

Jeune agricultrice montant dans un tracteur en période de moisson
Qui sont les nouveaux installés en agriculture ? Cinq profils types définis par l’ESA

Les résultats de l’enquête Agrinovo, menée par l’ESA, auprès de 3 400 nouveaux agriculteurs installés en 2018 et 2022…

Publicité