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Fabrique à la ferme : "Nous avons mis en place deux stratégies pour maîtriser notre coût alimentaire"

Les deux associés du Gaec La Blanche ont agi sur deux aspects pour maîtriser leur coût alimentaire : l'efficacité alimentaire et le prix de leurs aliments fabriqués à la ferme.

Le 7 décembre dernier, à l’invitation d’Airfaf des Pays de la Loire, une vingtaine d’éleveurs fabricants à la ferme de la région se sont retrouvés sur l’exploitation de Guillaume Loirat et d’Olivier Jaunet, éleveurs sur la commune de Rouans, en Loire-Atlantique. 

Ils ont échangé sur les stratégies mises en place dans l’élevage pour maîtriser le coût alimentaire. Elles portent à la fois sur l’effi cacité alimentaire et le prix des aliments.

  1. Une bonne efficacité alimentaire

Pour optimiser l'efficacité alimentaire de leurs animaux, les deux associés du Gaec La Blanche sont concernés sur trois points : la productivité des vérités, le sanitaire, et des analyses régulières des matières premières utilisées dans leur fabrique d'aliment.

Avec près de 40 porcelets sevrés par truie productive et par an pour un âge au sevrage de 25,2 jours, la productivité est un vrai point fort du Gaec. Pour arriver à ce niveau, plusieurs facteurs de réussite ont été mis en avant par les deux éleveurs. Tout d'abord le choix génétique, avec l'utilisation de vrais Danbred en autorenouvellement, en croisement avec un verrat Duroc Danbred qui apporte de la vigueur aux porcelets. Ensuite, le plan d'alimentation adapté pour ces truies très prolifiques et très laitières. Les vraies gestantes sont alimentées selon un plan en U. Elles reçoivent de l'aliment gestant uniquement en milieu de gestation tandis qu'elles consomment de l'aliment allaitant pendant le premier et le dernier tiers de la gestation.
 
Les éleveurs ont aussi investi dans un système automatique d'alimentation liquide pour les porcelets sous la mère qui leur a permis de gagner en poids de portée (moins de pertes sur nés vivants) et ​en homogénéité des porcelets​. Cet équipement permet aussi un meilleur démarrage en post-sevrage pour les plus petits porcelets (300 places en post-sevrage en sont équipées).
 
Le très bon niveau sanitaire de l'élevage permet également de gagner en efficacité alimentaire. Selon les éleveurs, deux éléments de leur conduite ont aidé à l'améliorer : l'utilisation de coproduits (pain et lactosérum) contribue au bon statut digestif des animaux, tandis que le croisement avec le verrat Duroc Danbred a permis de diviser par trois le pourcentage de pertes en engraissement par rapport à un verrat Piétrain.
 
Les aliments sont formulés au plus près des besoins, en s'appuyant sur des analyses régulières des matières premières afin de limiter le gaspillage des nutriments. «  Dans le cas de l'utilisation de coproduits, il est important de réaliser régulièrement des analyses afin de réajuster les formules  », souligne Olivier Jaunet.

Les deux éleveurs attirent cependant l'attention sur deux facteurs plutôt préférentiels à l'efficacité alimentaire présente sur leur élevage : la production de mâles castrés dont l'indice de consommation est plus élevé que celui des mâles entiers, et l'abattage des porcs à des poids plutôt préféré du fait du cahier des charges « Saucisse de Morteau » qui impose un poids de carcasse compris entre 95 et 97 kg chaud

 

    2. Maîtrise du prix des aliments

Le lien au sol du Gaec (0,9 hectare par truie présente) permet une bonne maîtrise du prix des aliments. Les éleveurs font le choix de vendre les cultures ayant le plus de valeur (blé et colza) pour racheter du maïs et de l'orge.
 
De par sa localisation, l'exploitation à l'opportunité de se fournir en coproduits​, du lactosérum provenant d'une laiterie voisine de l'exploitation ainsi que du pain. «  Il faut cependant être vigilant sur le taux de protéine du lactosérum, très variable selon les origines  », a rencontré en garde Olivier Jaunet. Le pain dispose d'une valeur alimentaire proche du triticale pour un coût relativement faible. En complément, l'apport d'orge est privilégié pour apporter des fibres dans les rations. L'utilisation de coproduits nécessite de disposer d'équipements simples, robustes et fiables. Le Gaec étant réparti sur trois sites, le pilotage à distance est indispensable pour les éleveurs afin de gagner en efficacité de travail.
 
Le Gaec fabrique des aliments à faible teneur en protéines. Les stratégies de formulation diffèrent toutefois en fonction des équipements présents sur chaque site. L'alimentation en quatre phases en engraissement permet de répondre aux besoins des animaux tout en limitant le gaspillage. Cette pratique associée aux aliments moins riches en protéines contribue à réduire le prix moyen de l'aliment distribué en engraissement. Au Gaec La Blanche, un système simple a été mis en place en fabriquant deux complémentaires à partir d'un seul minéral. En jouant sur le taux d'incorporation de ces deux complémentaires et des autres matières premières (maïs, orge et lactosérum), quatre aliments différents sont distribués (nourrain, croissance, finition et superfinition). Les performances des porcs sont d'un très bon niveau avec un GMQ technique de 929 grammes par jour et un indice de consommation technique de 2,53.
 

Mes conseils

Florence Maupertuis, Chambre d'agriculture des Pays de la Loire

« Certaines pratiques mises en œuvre au Gaec La Blanche, comme le lien au sol ou l'accès à des coproduits, ne sont pas nécessairement transposables chez d'autres éleveurs. En, au moins trois d'entre elles sont faciles à appliquer en élevage afin de maîtriser son coût alimentaire : l'analyse régulière des matières premières​ pour ajuster les formules et éviter les gaspillages, la formulation d'aliments à faible taux protéique et l'augmentation du nombre de phases en engraissement, avec notamment l'utilisation d'un aliment « superfinition » en fin d'engraissement. »

Fiche d'élevage

Gaec La Blanche à Rouans (44)

430 truies naisseur-engraisseur
14 000 porcs charcutiers produits par an
6 UTH (2 associés + 4 salariés)
3 sites (1 naissage + PS et 2 engraissements)
390 ha de SAU (dont 100 ha​ de maïs, 100 ha de blé, 70 ha d’orge​, 75 ha​ de triticale et 45 ha de colza)
Exploitation labellisée Saucisse de Morteau (lactosérum imposé dans l’alimentation des porcs charcutiers)

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