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Les Français et la viande « bio »
Une viande chère mais de qualité

Si la majorité des Français connaissent et ont déjà consommé de la viande issue de l´agriculture biologique, son prix jugé trop élevé freine sa consommation.


Les raisonnements et comportements d´achat des consommateurs ne sont pas des données faciles à cerner. Pour mieux appréhender ces derniers à l´égard de la viande issue de l´agriculture biologique, la commission Viande Bio d´Interbev a fait réaliser une étude au mois de mars dernier(1).
Quel que soit le type d´aliment pris en compte, les trois quarts des personnes interrogées déclarent consommer - même si ce n´est qu´occasionnellement - des produits issus de l´agriculture biologique. Comme d´autres produits bio, la viande fait donc partie des habitudes alimentaires puisque la moitié de l´échantillon déclare en consommer. Il n´y a en fait que très peu de consommateurs véritablement réfractaires à la viande biologique. Seuls 38 % des interviewés déclarent que ce produit n´apporte rien de plus qu´une viande traditionnelle. 13 % des interviewés ne voient pas l´utilité d´en acheter et 11 % ne « croient pas » à ce produit.

« On observe que la plupart des consommateurs sont dits mixtes puisqu´ils sont 49 % à consommer à la fois de la viande classique et biologique, mais 2 % seulement à consommer exclusivement de la viande biologique », souligne le compte-rendu de cette étude. Le boeuf est alors la première viande consommée devant le veau, l´agneau et le porc. Quand les enquêteurs ont demandé quelles étaient les raisons qui incitaient les personnes sondées à acheter de la viande bio, les premières raisons citées étaient la qualité intrinsèque de la viande, à savoir son meilleur goût (41 % des raisons citées), avant le critère de sécurité alimentaire (32 %). 22 % évoquent la qualité de la viande et 15 % son côté « plus sain ».
Le volet alimentation de l´animal est le premier à être mis en avant lorsque l´on demande au grand public de donner une définition de la viande issue de l´agriculture biologique. « Celle-ci doit se faire à base de produits naturels, sains, sans produits chimiques et sans traitements (61 % des citations), d´herbe, de foin ou de végétaux (21 %), ou d´une alimentation issue de l´agriculture biologique (20 %). On note moins de 15 % d´évocations liées aux hormones de croissance ou substituts hormonaux et la même proportions évoquant les poudres ou farines animales. Les traitements spécifiques (piqûres/ antibiotiques/vaccins) ne sont évoqués que par 7 % des interviewés, au même niveau que les OGM », souligne le compte-rendu de l´étude. On en déduit donc que l´opinion publique définit d´abord la viande biologique à travers la qualité de l´alimentation que reçoit l´animal plutôt qu´à travers la qualité de son environnement, de son élevage ou de son bien-être.
Plus de 80 % des interviewés estiment que la viande biologique dispose d´un cadre réglementaire très sérieux et que sa production est très contrôlée.

Viande biologique : toujours trop cher pour le consommateur
Le prix de vente plus élevé de la viande bio est sans surprise le principal frein au développement de son achat. 52 % des non acheteurs de viande bio n´en achètent pas pour ces raisons et 49 % déclarent spontanément qu´ils en achèteraient si les prix étaient pour eux plus accessibles. Mais même s´il est le plus fréquemment cité, l´aspect financier n´est pas le seul à être pris en compte en matière de frein à l´achat. La volonté d´avoir une meilleure garantie des bénéfices que peut avoir la viande bio sur la santé et l´environnement sont également mis en avant. « Une opinion très peu évoquée spontanément et qui pourtant recueille 82 % d´opinions favorables est que consommer de la viande biologique contribue à préserver l´environnement et à protéger la nature », souligne le compte-rendu de l´enquête. Autre frein en matière d´achat : la difficulté à trouver des points de vente. « Une meilleure information/ communication et une plus grande visibilité de la viande biologique (plus repérable en rayon) permettront probablement de développer sa consommation à la condition que son prix reste accessible », conclut le compte-rendu de l´enquête.
(1) Étude réalisée les 10 et 11 mars derniers par Ifop auprès d´un échantillon national représentatif de la population française, composé de 845 personnes âgées de plus de 25 ans.

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