Pays tiers
Des débouchés à travailler
L'année 2010 a été marquée par l'ouverture de marchés pour filière dans certains pays tiers, comme la Turquie pour la viande et le Liban pour le bétail vivant.
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Les exportations vers les pays tiers ont été multipliées par 3,5 en 2010 a t'il été expliqué lors du Conseil spécialisé ruminants de FranceAgriMer en mars dernier. « Certes, ces ventes restent peu significatives au regard des exportations intra-communautaires - 136 millions d’euros contre 2,16 milliards d’euros. Mais elles sont tout de même un motif de satisfaction et peuvent permettre d’équilibrer le marché », note Jean Philippe Dop, directeur du service d’appui aux exportateurs de FranceAgriMer. "La reprise des exportations françaises vers les pays tiers représente un enjeu notable afin d’assurer un débouché stratégique pour les pièces moins bien valorisées dans l’Union européenne, et ne pas être à la merci de quatre ou cinq pays clients ».
Le marché des bovins vivants vers les pays tiers a été marqué par la reprise des exportations françaises vers le Liban en 2010 avec 45 000 têtes. La France se positionne comme leader européen sur ce marché avec 23 % de part de marché en 2010, et second au niveau mondial derrière l’Uruguay. La demande se porte sur des animaux légers (entre 400 et 500 kg), peu chers, croisés charolais et salers de moins de 36 mois. Les animaux légers sont privilégiés car le Liban dispose de petits abattoirs avec de grandes bouveries pour écouler des animaux au fur et à mesure de la demande. « Ce marché reste fragile car concurrencé par l’Amérique du Sud qui fournit des zébus plus légers, la corne de l’Afrique (Éthiopie, Somalie et Djibouti) demandeuse d’exporter des zébus via Djibouti. Il est perturbé par les troubles politiques en Égypte », poursuit Jean-Philippe Dop.
Concernant les exportations de viande, le fait marquant est la réouverture du marché turc en novembre 2010. La Turquie représente la première destination pour la viande bovine française avec 22 000 tonnes exportées pour un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros. L’embargo ESB posé depuis 1996 sur les bovins vivants n’a par contre toujours pas été levé. « Des groupes de travail ont été mis en place pour poursuivre les négociations sanitaires (levées d’embargo ESB…) et aboutir à des percées commerciales vers diverses destinations (Égypte, Russie, Chine…).