Un bilan sans concession

Arrivée depuis peu dans le département, début juin, la nouvelle préfète Magali Debatte dresse un premier bilan de son action préfectorale. Un « bilan sans concession » rappelle-t-elle, qui passe au peigne fin l’ensemble des dossiers en cours.
Parmi les grands dossiers du moment figure notamment le Plan Particulier pour la Creuse, la limitation de vitesse à 80 km/h, mais aussi les défis migratoires pour lesquels notre département n’est pas épargné, et bien d’autres sujets.
Si la Creuse fait partie des 5 départements français scrutés par le Gouvernement, les actions engagées par l’État devraient permettre de redresser la situation, avec notamment le Plan Particulier pour la Creuse, un plan établi après la liquidation de la société GM&S.
Une situation très mal vécue par les creusois l’an passé, laissant sur le carreau pas moins de 156 salariés sur les 276 que comptait l’entreprise. Malgré les moyens mis en œuvre pour le reclassement des salariés, la situation reste très préoccupante pour bon nombre d’entre eux.
Rappelant les cinq axes définis par le Gouvernement sur les plans d’action figure notamment, la sécurité, la lutte contre la radicalisation, la restructuration de l’Islam de France, le défi migratoire et la maîtrise des dépenses publiques.
Sur le Plan Particulier pour la Creuse, la préfète Magali Debatte se dit « très surprise de la réaction des élus creusois ; je ne m’imaginais pas combien le département pouvait manquer de vision stratégique… il va falloir changer les choses et booster les élus ».
« Depuis 1992 la Creuse est restée la même. Passerait-elle à côté des adaptations nécessaires à son développement, lorsque l’on sait qu’à peine 14 % des communes creusoises disposent d’un document d’urbanisme contre 80 % au plan national ? Il faut que les élus se prennent en main et arrêtent de regarder uniquement le centre de leur bourg ».
« Il n’y a aucune cohérence dans les projets d’action (schéma de transport, médical...). Le département manque cruellement de perspectives, de structuration et d’organisation, mais tout est question de priorité… »
Pour parvenir à une certaine forme de cohérence et de rationalité dans les projets, la préfète préconise un accompagnement des intercommunalités. « Il faut passer d’une logique de guichet et une logique de projet structurant de développement ».
Sur le plan migratoire, « la Creuse doit rester vigilante » indique la préfète depuis l’affaire de ce jeune réfugié soudanais renvoyé en Italie pour des questions de formalités administratives sur sa demande d’asile. Sur le plan départemental, 500 titres de séjour ont été accordés et à peine 1 à 2 % sont en situation irrégulière. « Mais il ne faut pas faire l’amalgame entre le sujet des migrants et celui des islamistes les plus radicaux pour lesquels certains sont fichés S en Creuse ». Les zones rurales, dont la Creuse, ne sont pas pour autant épargnées par cette problématique nationale, tout comme la montée des mouvements ultra gauche dans le sud creusois.
Au sujet des intempéries survenues ces premiers jours de juillet, la préfète indique que 4 communes ont été impactées par les épisodes pluvieux et font l’objet d’une demande de catastrophe naturelle. Quant aux dégâts liés aux orages de grêle, ils rentrent dans le champ des risques assurables a-t-elle précisé.
Sur les dossiers agricoles, la préfète n’a fait pour l’heure aucun commentaire sur le projet d’implantation d’un atelier avicole dans le sud creusois, attendant l’instruction officielle du dossier avant de se prononcer. Et quant à l’incendie de Saint-Martial, l’enquête suit toujours son cours.