Quand les médias jouent la carte de "l'agriculture bashing"
Edito d'Hervé Plagnol sur le film diffusé sur France Télévision : "pièces à conviction".

Une fois de plus, la télévision -le réseau public France Télévision en l'occurrence- a diffusé un documentaire dans la série de «l'agriculture bashing», selon l'expression de Jean-Louis Cazaubon. Plus précisément, il s'agissait d'un film de «Pièces à Conviction» série qui porte bien son nom, et qui consistait, ce soir là, en une véritable charge contre la FNSEA. Tout y passait, des exemples tendancieux aux commentaires évidemment critiques ne venant quasiment que des syndicats adversaires et minoritaires. Digne émule d'Elise Lucet, le réalisateur se gardait bien de faire du vrai journalisme qui aurait consisté à peser honnêtement le pour et le contre avant d'en tirer une analyse personnelle.Cette forme de journalisme (peut-on l'appeler ainsi ?) est à la mode et représente un vrai problème par ses excès.À force de réaliser des films, des émissions de radio, voire des articles ou des livres, dont le seul but est de dégommer les institutions du pays, ses entreprises et ceux qui tentent de trouver des solutions aux problèmes, ces «journalistes» apportent toute l'eau qu'ils peuvent au moulin de ceux qui brandissent les «tous pourris». Tout en étant incapables de prouver leurs dires. Ils croient servir la démocratie alors qu'en fait ils ne font que la desservir, l'attaquer à coup de «pièces à conviction».Tout cela fait évidemment le jeu des extrémismes en politique. Bon nombre d'analystes politiques ont remarqué que Marine Le Pen semble attendre beaucoup avant de lancer sa campagne pour la présidentielle. Elle n'en a pas besoin. Ce type d'émission fait sa campagne pour elle.
Hervé Plagnol - Agrapresse