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Sammie, le défi textile ambitieux de la traileuse cantalienne Noémie Goyer

À tout juste 25 ans, Noémie Goyer, enfant de la Châtaigneraie, est non seulement une spécialiste confirmée du running et du dénivelé, mais aussi une cheffe d’entreprise spécialisée dans la fabrication et la vente d'accessoires de running.

Elle vient de remporter la Ronde de la Châtaigneraie en relais féminin. Noémie Goyer aime les relais, d’autant qu’ils entrent dans le cadre de sa préparation pour un nouveau défi de 70 km (4 900 m de D+) du côté de Hautacam, dans les Pyrénées. Voilà pour le côté “fun” de la spécialiste plutôt du 40-50 km, car la future jeune mariée, en juillet, est aussi cheffe d’entreprise à la tête de la marque Sammie, qui produit et vend des accessoires de running. Enfant de Ladinhac, elle fait son collège à Montsalvy avant d’aller au lycée Jean-Monnet d’Aurillac puis de filer dans les Alpes.

Comment a débuté ton histoire avec le running ?

Noémie Goyer : En fait, sur le tard. J’avais à peu près 17-18 ans. J’ai pris l’habitude de partir avec mon père sur les routes, lui qui aime le marathon, le semi-marathon... Et puis j’ai intégré le running club d’Arpajon où Sébastien Janiaud (son prof de gym à Montsalvy) entraînait à ce moment-là. J’ai alors découvert le trail, petit à petit. Encore plus quand je suis partie, à 18 ans, dans les Alpes, pour mes études car je voulais faire du management du sport...

Pourquoi le management sportif ?

N. G. :  Je suis d’abord allée en Staps(1) à Grenoble (Isère). Cela ne m’a pas forcément plu car on faisait beaucoup de théorie, de sciences. Sortant d’un bac économique et social, je ne m’y retrouvais pas. Moi, j’avais envie d’évoluer dans l’événementiel, manager des projets autour du sport. J’ai été confortée dans mon idée au sortir de ma première année de Staps. J’ai cherché à travailler dans des magasins de sport et à trouver un parcours scolaire qui me convenait. J’ai bossé un mois pour Go Sport à Chambéry où mon conjoint était à ce moment-là. Et  puis j’ai eu l’opportunité de travailler à Décathlon Aurillac, je suis donc revenue dans le Cantal.

Et vous êtes repartie ?

N. G. :  “Dans la foulée, en septembre, j’intègre un BTS NDRC (négociation et digitalisation de la relation client). Là, je fais beaucoup de stages dans le domaine du sport, notamment pour une grosse marque de nutrition sportive. Dont deux ans à Annecy et cela m’a ouvert des portes. Ensuite, je me suis dirigée sur un bachelor marketing digital au  lycée Saint-Géraud, donc je suis revenue une nouvelle fois dans le Cantal, mais en alternance avec l’entreprise Sammie.”

Votre entreprise aujourd’hui ?

N. G. :  “Oui. J’y étais apprentie au moment du bachelor et cela s’est super bien passé. Je faisais des allers-retours dans les Alpes soit pour le boulot, soit pour des courses car là je touchait vraiment au management du sport en faisant de la communication, du marketing, sur plein de manifestations pour tenir les stands... Et là le gérant m’a dit : “Est-ce que ça te dirait de reprendre à ma place ?”

C’est qui, c’est quoi Sammie exactement ?

N. G. :  “C’est une petite structure. Il y avait deux associés à l’époque, le gérant fondateur de la ceinture Sammie et une autre personne. Sammie est spécialisée dans les ceintures, mais aussi les gourdes, bâtons de trail, dossards... La ceinture, c’est vraiment la première sur le marché français. Elle sort en 2015-2016 et à cette époque, il n’y a que des grosses ceintures. Celle-ci, c’est un tissu très réfléchi qui se retourne, sans zip, sans rien, et dans lequel on pouvait mettre tous ses objets simplement en retournant à 360°. Rien ne bougeait, rien ne tombait. Les premières années, on vendait plus de 10 000 ceintures !”

Vous avez donc repris l’entreprise ?

N. G. :  Dans mon idée, je voulais poursuivre deux ans de plus en Master. Sauf qu’il y a eu cette proposition. Cela prête à réflexion, je me suis dit que cela pouvait être l’opportunité de ma vie car j’ai toujours voulu avoir mon entreprise, ne pas être une salariée. Je n’avais pas grand-chose à perdre car cela reste une petite entreprise, l’investissement financier n’était pas si énorme. Alors j’ai dit banco et je suis repartie une nouvelle fois dans les Alpes, à Albertville, siège de l’entreprise, en embarquant mon copain.

Comment s’est passée cette transmission ?

N. G. :  Très bien. Il y avait encore plein de choses à apprendre comme la comptabilité, des logiciels à reprendre. Je n’avais pas encore terminé mon bachelor que la passation s’est faite. Nous sommes en mai-juin 2022. J’ai repris officiellement l’entreprise en septembre. J’étais toujours en co-gérance avec l’autre personne à ce moment-là, mais avec l’idée, dans un avenir proche, d’avoir la gérance à 100 %. Ce qui est le cas désormais.

Ce n’était pas dur de repartir ?

N. G. :  Nous, on aime les Alpes. J’apprends à gérer l’entreprise, je continue de courir bien évidemment car il y a de belles montagnes. Mais la gestion, c’est quelque chose. Au début, l’atelier avec lequel je travaillais pour fabriquer, car je fais du 100 % français, m’a dit qu’il allais augmenter les prix, donc j’ai dû changer. Post-Covid, on a changé toute la gamme de ceintures pour rester sur du français... C’était très très chaud les six-sept premiers mois, mais l’avantage c’est qu’on apprend sur le tas, qu’on est obligé de se débrouiller. Et c’est ça qui est super !

Vous n’avez pas eu peur ?

N. G. : Je suis partie dès le départ en me disant que ce serait une expérience dingue, que cela me servira toujours si je devais avoir une autre entreprise ensuite. Alors si, j’ai eu peur, j’ai eu des journées compliquées, mais j’ai aussi vu le positif. Mon premier événement c’est l’UTMB, c’est le graal pour un traileur. D’habitude, j’y participais pour courir les petites courses. Là, j’y tenais mon stand. C’était magique. Et puis je suis allée sur la Sainté-Lyon, La Pastourelle, l’UTPMA...

À quelle moment vous vous êtes dit, “je reviens à la maison” ?

N. G. :  En 2023, alors que notre vie professionnelle est très bien organisée sur Albertville, on avait aussi envie d’investir dans l’immobilier. La vie dans les Alpes est très chère. Alors, on a regardé dans le Cantal. On a trouvé une maison dans la vallée (Mandailles), Thomas (son compagnon) postule pour le Puy Mary puis obtient le poste.  On a donc tout déplacé dans le Cantal, mais fois deux. Car Sammie, ça ne paraît pas comme cela, mais il y a du stock. En tout, entre 3 000 - 4 000 produits peut-être.

Où en êtes-vous après presque deux ans dans le Cantal ?

N. G. :  Depuis septembre 2024, on habite enfin chez nous. La charge mentale a été assez “sportive”. Maintenant, le site est en place (sammie.fr) pour le particulier qui commande quand il veut. Ensuite, il y a les stands sur les compétitions et cet échange sympa avec les gens. Il y a aussi des magasins revendeurs. Enfin, depuis peu, on a développé la personnalisation de nos ceintures pour des clubs, des entreprises.

(1) Sciences et techniques des activités physiques et sportives. 
(2) Tisser autour de Saint-Étienne, assemblage, coupe et impression à Grenoble.

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