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La recherche au service de l'élevage ovin en direct de deux bergeries

À Seneujols le matin et St Étienne du Vigan l'après-midi, une cinquantaine d'éleveurs et étudiants en agriculture ont participé à la journée Bergeries ouvertes, le 19 février.

Deux bergeries ont ouvert leurs portes mercredi 19 février, à l'initiative de la Chambre d'agriculture. L'objectif pour les éleveurs ovins et les jeunes en formation (ISVT) présents était de faire un point technique sur le contrôle de performances et sur deux projets de recherche : Phenopasto et MA-MEAT. Une cinquantaine de participants ont donc rencontré Véronique et Stéphane Roux du Gaec de la Fontaine du Loup à Seneujols et Aline et Aurélien Teyssier du Gaec du Panorama à Saint-Étienne-du-Vigan.

Deux visites

Les visites ont chacune commencé par une présentation de l'exploitation hôte par les éleveurs, suscitant quelques questions des participants sur les systèmes de conduite et les résultats ; des questions, plus nombreuses et plus ciblées, lors du tour des bergeries au milieu des brebis et agneaux.

Contrôle de croissance, aide au suivi du troupeau

Les deux élevages choisis pour cette journée technique adhèrent au Contrôle de Performances ovins allaitants, l'occasion pour les techniciens de la Chambre d'agriculture de mettre en avant cet outil destiné à « améliorer le potentiel génétique et le suivi technique de votre troupeau en enregistrant vos données ». Les éleveurs peuvent souscrire, au choix, à l'une des 3 formules proposées : la formule reproduction, la formule élevage, ou la formule complète qui permet de contrôler la reproduction, d'analyser fertilité, mortalité et productivité, et de classer brebis et béliers sur leur potentiel génétique de prolificité et leur valeur laitière, et de classer les agneaux et les béliers sur leur potentiel génétique de croissance.

Ovitel, le logiciel de gestion du troupeau ovin

Didier Cathalan, technicien ovin à la Chambre d'agriculture, résume ce qu'apporte le Contrôle de performances aux éleveurs : « l'éleveur bénéficie d'un suivi individuel et de l'estimation du potentiel génétique de chaque animal, des conseils d'un(e) technicien(ne) sur la conduite de son troupeau, des solutions pour trier agnelles et réformes, et d'éléments de comparaison avec d'autres éleveurs ». Et bien sûr, tout au long de cette journée, éleveurs et techniciens ont à plusieurs reprises insisté sur l'intérêt du logiciel de gestion du troupeau Ovitel, qui « facilite grandement les enregistrements quotidiens de suivi de son troupeau ».

Phenopasto, programme de recherche

Deux programmes de recherche, aujourd'hui en cours, ont été présentés lors de cette journée Bergeries ouvertes. Le matin, à Seneujols, c'est le projet Phenopasto qui a été dévoilé. Rappelons l'objectif de ce projet mis en œuvre par les entreprises de sélection Fedatest (pour les brebis allaitantes) et le CDEO (pour les laitières). L'objectif de Phenopasto est de « préparer les races locales de brebis aux enjeux du changement climatique grâce à une stratégie agroécologique ». L’intervenante a expliqué : « il s'agit d'inclure dans les programmes de sélection des caractères d'efficience pour une meilleure valorisation des ressources herbagères locales, de résistance aux maladies et de résilience face aux aléas, tout en limitant l'impact environnemental ».
À ce jour, on peut signifier que la plateforme de phénotypage de la résistance au parasitisme du CDEO est opérationnelle y compris pour réaliser les mesures lors du contrôle individuel des animaux reproducteurs en races allaitantes. Plus de 14 500 mesures ont été réalisées en ovins allaitants et plus de 17 000 en ovins laitiers.

Les mammites, causes de réforme

Deuxième programme de recherche, Ma-Meat, dont l'objectif est d'adapter ses pratiques pour une meilleure gestion des mammites en élevage ovin allaitant, a été présenté par Anne Duclos chargée de mission à Fedatest. Ce programme de recherche s'inscrit suite à un constat : les mammites sont la principale (30 %) cause de réforme dans les élevages, sans que les facteurs d'apparition soient clairement identifiés. Ce projet a donc pour objet de «définir les pratiques pour limiter les mammites et ainsi améliorer les résultats techniques et économiques des élevages». Le projet Ma-Meat repose sur l'engagement des éleveurs appuyés par leurs techniciens d'élevage. Il est structuré autour de 4 axes de travail : le suivi en élevages, la modélisation pour quantifier les impacts, le recensement des facteurs d'apparition et ensuite les modes de diffusion des résultats. La technicienne a insisté sur des protocoles en élevages destinés à recueillir le maximum de données : isolement des brebis (avec leurs agneaux) ayant des mammites, fermer les agneaux dans des parcs avant le sevrage, diminuer progressivement l'alimentation des brebis et surtout palpation des mamelles.
Ces deux projets sont en cours de réalisation et devraient permettre la diffusion de premiers résultats d'ici un an et demi ; des résultats attendus par les éleveurs toujours soucieux du bien-être de leurs animaux et de résultats technico-économiques optimaux.

Des échanges entre éleveurs

Cette journée Bergeries Ouvertes a permis aux participants des échanges riches entre éleveurs, avec les associés des 2 Gaec, mais aussi avec les techniciens présents. Alimentation, reproduction, génétique, sanitaire, bâtiments… tous les sujets étaient abordés en aparté ou en petits groupes ; « une belle occasion de parler du métier et de la production ovine » selon un éleveur du secteur.
Manon Collet de Tence est en BPREA avec un projet d'installation en ovins lait. Loïc Coutanson de Bas-en-Basset souhaite lui aussi s'installer sur l'exploitation familiale en ovins Noires du Velay et termine son BPREA. Tous les deux sont venus à cette journée pour recueillir des informations mais aussi des contacts. Riches des échanges qu'ils ont pu avoir avec éleveurs et techniciens, ils repartent avec des réponses mais aussi d'autres questions pour poursuivre leur cheminement vers l'installation.

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