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Plateau du Limon : une richesse forgée depuis dix siècles par l'élevage

Au sein du contrat Vert et Bleu des Volcans d'Auvergne, le Parc a lancé un programme ambitieux en faveur de l'agriculture et de l'environnement de ce territoire unique.

Le plateau du Limon, une planèze de près de 5 100 ha entre 1 200 et 1 620 m d'altitude.
Le plateau du Limon, une planèze de près de 5 100 ha entre 1 200 et 1 620 m d'altitude.
© A. Bley

Bien moins connu que son cousin du Cézallier, le plateau du Limon et ses 5 095 ha constituent l'une des plus vastes réserves de biodiversité du Massif central liée à ses milieux agropastoraux dont les origines remontent à 1175 et au défrichement opéré par les moines cisterciens de l'abbaye d'Aubazine sur ce territoire depuis voué à l'élevage.Havre de biodiversitéMalgré la présence d'une faune et d'une flore remarquables (lire encadré), notamment inféodées aux prairies et zones humides qui parsèment ce plateau basaltique perché entre 1 200 et 1 620 m sur les rebords du stratovolcan cantalien, peu d'études se sont intéressées à ce patrimoine naturel. Il aura fallu attendre l'année 2021 après la formalisation d'un contrat Vert et Bleu des Volcans d'Auvergne pour voir botanistes, ornithologues, techniciens de rivière... se pencher sur cette planèze singulière aux enjeux agricoles et environnementaux multiples. D'ici quelques mois, on en saura ainsi un peu plus sur sa richesse, ses spécificités, son évolution au travers de ces études qui constituent la première étape du programme en faveur de l'agriculture durable et de l'environnement du plateau, l'une des 51 actions de contrat Vert et Bleu, portée par le syndicat mixte du PNR des Volcans en collaboration avec une pléiade de partenaires(1).

Préserver un modèle agropastoral"C'était un territoire orphelin de tout outil de gestion et préservation de patrimoine naturel sur lequel le Parc avait à coeur de proposer une démarche d'accompagnement assez ambitieuse. Le contrat Vert et Bleu de la Région Aura a été l'opportunité de disposer d'un levier financier intéressant", explique Aimie Bley, chargée de mission Patrimoine naturel au parc des Volcans précisant que cette action, dotée a minima de 300 000 EUR(2), ne vise pas à "classer ou sanctuariser le plateau". Mais bien à accompagner les exploitations agricoles (112 recensées sur les sept communes cantaliennes du plateau(3)) et valoriser leurs systèmes d'élevage afin de garantir le maintien de prairies à flore diversifiée, des surfaces pastorales et la préservation de la ressource en eau. "Ce territoire est en effet situé en tête de bassin versant avec de nombreuses sources qui alimentent des cours d'eau, de la Santoire et de la Petite Rhue et donc du bassin de la Dordogne", expose Aimie Bley. On recense aussi de nombreuses tourbières et zones humides avec un enjeu de préservation de la qualité et de la quantité de cette ressource en eau tant pour l'abreuvement des animaux, le maintien des zones humides que pour l'alimentation en eau potable.  Autres enjeux : préserver la biodiversité de cet immense plateau herbager, fait de prairies naturelles très anciennes, de même que ses paysages prisés des amateurs d'activité de pleine nature (GR4, sentier des Quirous, aire de décollage de parapentes...).Après deux premières réunions d'information qui ont réuni une quinzaine d'exploitations à Cheylade et Dienne il y a quelques jours, le PNR lance aujourd'hui un appel aux éleveurs volontaires pour s'engager dans cet accompagnement technique gratuit.

Appui technique et investissementsSur la base d'un diagnostic de l'exploitation et de ses pratiques agropastorales, seront définies des actions possibles permettant de concilier production agricole et préservation de la qualité environnementale de cette terre d'estives : aménagement de points d'abreuvement, de franchissement des cours d'eau, de clôtures pour mettre en défens certains cours d'eau, plantation de haies, bosquets, mise en place d'un pâturage tournant, mesures visant à limiter l'embroussaillement de certaines zones ou encore en faveur de la santé animale... liste Aimie Bley, en écartant toute idée de catalogue prédéfini. La moitié de l'enveloppe allouée au programme (150 000 EUR) est destinée au financement de ces équipements et investissements. Le PNR des Volcans d'Auvergne projette la réalisation des diagnostics d'exploitation sur 2022 et 2023 pour une mise en oeuvre opérationnelle des actions avec les éleveurs de 2023 à 2025, le programme courant sur cinq ans (2020-2025).Au-delà de cet accompagnement agricole, Aimie Bley ambitionne de mener des actions de sensibilisation en direction des habitants du territoire au travers de la réalisation de vidéos mais aussi d'un week-end d'animations dédiées à la découverte du plateau avec sorties découverte, visites de fermes, conférences, repas-concert, un week-end qui pourrait être reconduit chaque année sur une commune différente du plateau. (1) Conservatoire des espaces naturels, Mission Haies, Conservatoire botanique du Massif central, Auvergne Estives, chambre d'agriculture du Cantal, communauté de communes, syndicat mixte du Grand site Puy Mary...(2) Enveloppe qui sera complétée par des financements propres mobilisés par certains partenaires et d'autres dispositifs accessibles (Pacte Cantal, aides de l'Agence de l'eau...).(3) Le plateau, dominé par le Puy de Niermont, s'étend sur les communes du Claux, de Cheylade, Lavigerie, Dienne, Ségur-les-Villas, Saint-Saturnin et Saint-Hippolyte, à cheval entre vallée de la Santoire et celle de la Petite Rhue.

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