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L’exportation des bovins se poursuit

L’exportation des bovins vers l’Italie et l’Espagne se poursuit malgré l’épidémie de Covid-19. Sicarev, Saufrex, Altitude, les opérateurs de la filière en Haute-Loire s’expriment.

Les exportations de bovins continuent non sans angoisse sur le devenir des échanges.
Les exportations de bovins continuent non sans angoisse sur le devenir des échanges.
© S. Chatenet

Alors que la crise sanitaire s’abat durement sur l’Europe, les exportations de bovins continuent non sans difficultés et angoisses sur le devenir des échanges. Vivian Page, commercial chez Sicarev Coop, confirme la continuité des exportations de bovins vers l’Italie et l’Espagne, que ce soit pour les broutards ou les veaux naissants : «Les échanges se poursuivent avec beaucoup de précautions pour protéger l’ensemble des acteurs de la filière contre le Covid-19 : au niveau de la collecte des animaux, des chauffeurs et des centres de tri. Les achats se font en grande partie par téléphone et en confiance avec les adhérents».
Fort heureusement «la demande est là et notre chance, c’est que cette crise sanitaire intervient à une période de l’année où les effectifs d’animaux sont moins importants. Les broutards laitons (surtout en limousin) devraient arriver sur le marché fin avril...» indique Vivian Page qui espère que le commerce d’animaux à l’export va pouvoir se poursuivre. Et d’ajouter : «Nous faisons partie d’une filière prioritaire puisque nous contribuons à nourrir la population». Le commercial de Sicarev Coop juge toutefois la situation un peu compliquée pour les viandes de qualité qui partent généralement dans les rayons traditionnels en GMS et en boucheries. Or, à l’heure actuelle, le consommateur se tourne davantage vers des viandes sous vide, congelées et en barquettes, des conditionnements où la viande de qualité est moins bien représentée.
Broutards : la demande se maintient en Italie
En ce qui concerne les cours des bovins, Vivian Page note une tendance baissière pour l’ensemble des catégories d’animaux sauf pour les broutards dont la demande se maintient en Italie. Il signale par ailleurs l’absence de commandes pour Pâques, une période habituellement privilégiée pour la commercialisation des génisses.
Autre crainte : «Si dans les semaines à venir, les éleveurs venaient à être confrontés à des soucis de collecte de lait, ces derniers risqueraient d’avoir envie de se tourner vers un engraissement de veaux ; ces animaux arriveraient ensuite sur le marché en été, période où l’on a généralement peu de demande en veaux gras».
Veaux naissants : tendance à la baisse des cours
Du côté des veaux naissants, Jean-François Perrin acheteur à Saufrex, société Auvergne France Export, confirme que «l’exportation est maintenue, même si l’organisation de la collecte et de la livraison des animaux s’est complexifiée en raison des mesures de confinement». Il constate par ailleurs une baisse de l’activité et de la demande de la part de l’aval et ce pour plusieurs raisons : «une difficulté liée aux règles de confinement (approvisionnement en aliment et organisation de la collecte complexifiés), une baisse de la consommation de viande et la peur du lendemain». Dans ce contexte difficile, on observe une tendance à la baisse des cours.
Le groupe Altitude confirme la poursuite de l’exportation de broutards vers l’Italie et dans des conditions normales en terme d’activité. 
«Ce n’est généralement pas une période où l’on a beaucoup d’animaux en Auvergne. L’activité est par contre un peu plus soutenue sur le Limousin» souligne Xavier Bel, responsable production animale chez Altitude. «Depuis le début de la crise, les abattages n’ont pas faibli en Italie, pour l’instant» ajoute-t-il.
Activité viande en baisse
Les prix affichent plutôt une tendance à la baisse, c’est notamment le cas pour le jeune broutard (JB), en raison d’une moindre demande. «La baisse de l’activité viande atteint -20% en France, en raison de la fermeture de certains marchés et des rayons traditionnels ; une consommation en baisse non compensée par les ventes de steaks hachés. Or lorsque le prix des JB diminue, les italiens achètent un peu moins» explique Xavier Bel. Et d’ajouter : «À ce jour, les filières les plus impactées par le crise, sont la filière ovine et la filière veau, principalement orientées vers la RHF et les restaurants traditionnels».
Comme les autres opérateurs de la filière, le travail continue pour Altitude avec toujours la crainte que les marchés Italien et espagnols se ferment en raison de l’épidémie de Covid-19. Altitude essaye d’appliquer au mieux les règles de distanciation entre ses salariés dont certains sont en télétravail. «Les achats d’animaux se font plutôt par téléphone ; en ferme, les chauffeurs rencontrent le moins de monde possible et les éleveurs signent le bon de livraison avec leur propre crayon. Mais c’est dans les centres d’allotement que ces régles sont les plus compliquées à appliquer...» indique Xavier Bel qui redoute les conséquences économiques de cette crise sanitaire mondiale.

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