Le plan Protéines ou comment réduire le déficit en protéines végétales
Arnaud Rousseau, président de la Fédération des producteurs d’Oléagineux et Protéagineux (FOP) et membre de la FNSEA, était au Salon de l’Agriculture de Nouvelle-Aquitaine le 3 juin pour parler du Plan Protéines. Un projet qui pourrait permettre de diminuer la dépendance française aux importations.

Au Salon de l’Agriculture, en février dernier, le président de la République évoquait un sujet agricole déjà ancien, celui de la souveraineté française en protéines végétales. Un axe politique fort pour la France, partisane d’une Europe agricole forte. Aujourd’hui, la production nationale de protéines végétales est déficitaire d’environ 45 %. Pour combler ce manque, la France importe des protéines en provenance d’Amérique (soja, légumes secs, etc.), destinées à l’alimentation animale et humaine. Cette volonté de réduire la dépendance nationale aux importations a d’ores et déjà été intégrée au plan de filière issu des États Généraux de l’Alimentation. « L’objectif est de réduire notre dépendance de 10 % en 5 ans, a rappelé Arnaud Rousseau, président de la FOP. Maintenant, cette ambition politique doit se mettre en place et nous attendons de notre ministre de l’Agriculture qu’il s’en fasse le VRP au niveau européen. Pour que cela fonctionne, il nous faut des partenaires. Aujourd’hui les agriculteurs ont besoin de retrouver une vraie ambition agricole en France et en Europe. » Dans une société de plus en plus attentive à l’environnement, produire plus de protéines végétales sur le territoire présenterait de nombreux avantages : production des bio-carburants alternative aux énergies fossiles, de tourteaux pour l’élevage garantis sans OGM ou encore d’huiles ou légumes secs respectant des normes de production plus sévères que celles importées aujourd’hui. Attention toutefois, l’objectif poursuivi par le Plan Protéines n’est pas l’auto-suffisance mais bien l’amélioration de la souveraineté nationale. Pour atteindre cet objectif, une feuille de route est attendue fin juin. Il restera ensuite à traduire la volonté dans les politiques publiques dont la PAC. « Une enveloppe de 150 M€ pour les protéines végétales existe déjà dans le premier pilier, adossée à un recouplage, poursuit Arnaud Rousseau. Actuellement, c’est du saupoudrage et cela ne fonctionne pas. L’enveloppe devra servir pour une vraie mutation agricole dans le cadre d’une vision de filière avec de la contractualisation. Il sera essentiel d’associer les agriculteurs et de leur assurer un vrai retour financier. »