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Fermier au milieu de la guerre, mais toujours optimiste

Alors que la guerre en Ukraine a commencé il y a un mois, la population des zones non attaquées vit entre poursuite du quotidien et craintes. À 3 h de Kiev, Roman Gorobets continue ainsi d'exploiter ses terres.

Roman Gorobets et son frère Andrii entendent rester sur leurs terres.
Roman Gorobets et son frère Andrii entendent rester sur leurs terres.
© RG

« Je suis agriculteur, oui... » Mais Roman Gorobets préfère être présenté comme le gérant de ses terres. Car cet Ukrainien, à la tête de la Ferme Astra avec son frère, Andrii, exploite en effet une exploitation agricole de 2 200 ha, qui emploie 50 personnes, en majorité des saisonniers, dans la région de Poltava. Pas grand-chose à voir avec les exploitations françaises, mais une taille, selon lui, pas si importante que cela, en Ukraine. « C'est une exploitation moyenne-grande », ajoute-t-il. Les céréales qu'il produit sont en grande majorité destinées à l'export, mais une partie est commercialisée en circuits courts, notamment comme aliments du bétail. Roman Gorobets produit également quelques légumes et des semences pour le groupe coopératif Maïsadour. « Avec mon frère, nous avons adopté une stratégie d'autonomie. Nous stockons tout sur place : les intrants, le fuel, notre production », détaille l'agriculteur, quand on lui demande l'impact de la guerre sur son activité, qui, au final, n'est pas trop perturbée.

Des alertes plusieurs fois par jour
Il ajoute que son cas fait plutôt exception, et que de très nombreux agriculteurs ne peuvent plus travailler, faute de carburant par exemple, ou lorsqu'ils sont en zone occupée. Car les zones de combats ne sont pas si loin que ça. « Nous sommes à 230 km à vol d'oiseau de Kiev, et 270 par la route ». Tout juste 3 h en voiture, de quoi ressentir régulièrement les attaques menées par l'armée russe. L'interview, qui s'est déroulée en visio-conférence, en anglais, a d'ailleurs été à plusieurs fois interrompue. « La sirène vient de retentir », explique Roman Gorobets quand son frère entre dans son bureau pour lui demander de le rejoindre à l'abri. « Mais je vais rester », insiste l'agriculteur qui assure que le risque est peu élevé en zone rurale. « La sirène retentit plusieurs fois par jour, et presque toutes les nuits. » Quelques minutes plus tard, le passage d'avions militaires l'inquiète un peu et il ouvre la fenêtre pour jeter un oeil. « Ça doit être des avions de chez nous », nous rassure Roman Gorobets. Lui, ne semble pas si inquiet que ça. « Mon coeur se met souvent à battre très vite. Mais je fais ce qu'il faut pour rester le plus optimiste possible », convient-il tout de même. Un optimisme qui ne l'empêche pas d'être prudent. « Mon épouse est assez effrayée. Elle est toujours ici, avec notre fille de deux ans ». La femme de son frère et leurs deux enfants sont eux déjà partis vers l'Allemagne, et Roman Gorobets assure que si les troupes se rapprochent trop, sa femme et sa fille prendront la route pour rejoindre des amis qui leur ont proposé de les accueillir, en Europe occidentale. « La voiture est prête à partir ».

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