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FDSEA-JA : Des tracteurs et des tas de fumier devant les grilles de la Préfecture

Les agriculteurs ont répondu en masse à l'appel à la mobilisation lancée par la FDSEA et les JA de Haute-Loire contre le projet d'extension des zones vulnérables dans le département.

Découvrez aussi dans votre journal cette semaine, un article consacré à la manifestation à Orléans : "ce mardi 16 septembre, les agriculteurs l’ont fait savoir : ils ne lâcheront rien ! Et d’autres mouvements seront organisés si le gouvernement n’entend pas leurs doléances."

 

Jeudi 11 septembre, près de 100 tracteurs agricoles ont rejoint la ville du Puy-en-Velay. Près de 500 agriculteurs avaient fait le déplacement pour manifester leur colère contre le projet d'extension des zones vulnérables concocté par le gouvernement.
Venus de toute la Haute-Loire, via deux convois qui se sont etoffés au gré des points de ralliement prévus en cours de route, les agriculteurs conduits par la FDSEA et les JA ont rejoint la préfecture.
Le doigt sur le klaxon, ils ont investi  les rues de la cité ponote devant les passants devenus un temps, spectateurs. L'ampleur du convoi n'a d'ailleurs pas manqué de susciter des
réactions :  «Cela me rappelle 1968 !» a-t-on pu entendre sur un trottoir.
Une fois les tracteurs garés sur la place du Breuil, les manifestants se sont regroupés devant les grilles de la préfecture pour exprimer haut et fort les raisons de leur mécontentement.
Le président de la FDSEA, Yannick Fialip a pris la parole : «Aujoud'hui, ce ne sont plus les agriculteurs qui commandent sur leur exploitation, mais c'est l'écologie qui dirige. Avec cette directive nitrates quelques écologistes qui sont souvent des fonctionnaires des ministères de l'agriculture et de l'écologie nous font porter une responsabilité qui n'est pas la nôtre !».

Insupportable !
Dans le cadre de cette directive européenne, le gouvernement a décidé d'étendre les zones vulnérables. En Haute-Loire, 32 nouvelles communes sont à présent concernées, ce qui porte le nombre total de communes classées à 37. Pour Yannick Fialip c'est tout simplement «insupportable» car ce classement entraîne de lourdes conséquences pour les agriculteurs concernés. Etre en zone vulnérable signifie une augmentation de la capacité de stockage des effluents,  des restrictions de lieux et dates d'épandages, la mise en place de CIPAN (cultures intermédiaires pièges à nitrates) et l'obligation de tenir un plan de fumure prévisionnel, l'interdiction des effluents sur certaines pentes..., autant de contraintes supplémentaires qui vont peser lourd sur les exploitations. «En Haute-Loire, 800 agriculteurs sont directement concernés par ces zones et sur ce total 400 se trouvent dans l'incapacité technique de se mettre aux normes et la majorité seront dans l'incapacité de payer l'amende de 75 000 euros prévue en cas de non respect des règles. Notre agriculture départementale risque donc de subir une véritable saignée !» a indiqué Yannick Fialip.
Ce dernier redoute l'arrivée de nouvelles mesures contraignantes avec prochainement l'application d'un SDAGE (schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux) encore en cours de négociation à l'heure actuelle. «Le 16 septembre, nous irons à Orléans pour manifester contre ce SDAGE et la directive Nitrates». Les agriculteurs de Haute-Loire étaient là pour expliquer qu'ils ne se sentent pas fautifs sur le dossier nitrates. «L'industrie, l'urbanisation et la forêt sont générateurs de nitrates ; «pourquoi donc l'agriculture serait-elle la seule responsable ?» s'interrogent la FDSEA et les JA. Les eaux de Haute-Loire et du Massif-central sont de bonnes qualités. De surcroît, les nitrates sont naturellement présents dans l'eau, «l'eau de Volvic en contient 7 mg, pourquoi pas notre eau ?» lance Yannick Fialip.

Une privation de liberté pour les agriculteurs
Pour Anthony Fayolle, cette directive nitrate induit une privation de liberté. «On propose des zones vulnérables où l'on aura le droit de ne rien faire, j'ai peur que l'on dégoûte les jeunes qui souhaitent s'installer». S'ils demandent à être libres de prendre les décisions qui s'imposent sur leurs exploitations, ils veillent aussi à être responsables de ce qu'ils font : «Je considère que nous sommes responsables de nos actes, on sait ce que l'on a à faire...  Nous voulons des jeunes qui s'investissent, qui créent et qui travaillent à leur manière et pas à la manière dont on veut les faire travailler ! La seule règle des zones vulnérables  qui soit applicable, c'est la nôtre. C'est à nous de dire ce qui est bon pour notre terrain, notre environnement et nos animaux et pas aux autres. Alors dans ces zones vulnérables,  suivez votre règle ; il n'y a aucune raison de respecter ces normes-là» affirme Anthony Fayolle.
Au côté de la FDSEA-JA, Laurent Duplomb, président de la Chambre d'agriculture a rappelé le bon sens paysan : «Un agriculteur ne sème pas quand le sol est gelé ou quand la terre est trop sèche, il met du fumier lorsque c'est utile, il n'a pas besoin que l'on vienne lui expliquer ce qu'il faut qu'il fasse !».
«Personne n'est capable aujourd'hui de nous expliquer les critères pris en compte dans le projet de classement des 37 communes en zones vulnérables (ZV). Tant que l'on ne nous aura pas expliqué clairement, nous ne respecterons aucune de ces règles, ni les contrôles. D'autre part, la Chambre d'agriculture a décidé de stopper les formations prévues pour aider les agriculteurs à répondre aux conditions de ces ZV» ajoute le président de la Chambre d'agriculture qui tient à diffuser ce message auprès du gouvernement : «Arrêtez d'écouter les environnementalistes qui ne produisent rien en France et laissez travailler les agriculteurs, qui eux, sont capables d'apporter de la valeur ajoutée».

Appel au soutien des élus
Les responsables syndicaux, qui ont annoncé un automne sous le signe de la mobilisation, ont appelé au boycott de l'épandage des boues d'épuration, au refus de tout contrôle dans les exploitations et au passage à l'action dans les communes concernées par les zones vulnérables. Ils demandent aussi le soutien des élus dans leur combat pour sauver l'agriculture, principale source d'activité économique dans la plupart des communes du département.


Véronique Gruber

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