Élections 2025 de la Chambre d'agriculture
Rencontre avec Christophe Jardoux, tête de liste FNSEA 03 / JA 03.
Rencontre avec Christophe Jardoux, tête de liste FNSEA 03 / JA 03.



INTERVIEW
Quelle analyse faites-vous des résultats ?
Christophe Jardoux : Première analyse, la participation est équivalente à 2019, 47 %, c’est déjà une satisfaction, plus qu’honorable pour des élections professionnelles, preuve que les agriculteurs considèrent que la Chambre d’agriculture est un moyen de faire avancer l’agriculture bourbonnaise.
Concernant le résultat du scrutin, notre liste FNSEA 03 et JA 03 arrive en tête avec 40,7 % des votes et nous permet de remporter 13 sièges dans le collège des exploitants agricoles, ainsi qu’un siège pour le collège des anciens exploitants, de même pour le collège revenant aux organisations syndicales.
Les agriculteurs bourbonnais nous ont encore une fois fait confiance pour gérer notre Chambre d’agriculture et je ne peux que les remercier.
Cette victoire, nous la devons au travail commun entre notre réseau FNSEA et JA au service de notre agriculture tout au long de l’année, ainsi qu’à la constitution d’une liste qui a su mêler expérience et jeunesse, avec une vraie représentativité des productions et une véritable répartition géographique de notre territoire bourbonnais.
Mais il faut avoir la victoire modeste, certes nous gagnons, mais le vent du dégagisme a soufflé fort sur ce scrutin, c’est un message fort qu’ont voulu envoyer les agriculteurs, symptôme de cette colère qui gronde dans notre profession depuis des années, mais c’est surtout un message adressé à nos pouvoirs publics. Les agriculteurs ne supportent plus cette complexité administrative, ce flicage permanent qui encadre notre profession, ce manque de visibilité sur l’avenir de notre profession. C’est bien ce message que j’ai pu adresser à notre nouveau préfet.
Avec une liste fortement renouvelée, quelles seront les grandes orientations ?
Christophe Jardoux : Une des grandes priorités sera naturellement le renouvellement des générations, le défi est immense mais pas insurmontable. Retrouver des perspectives porteuses, redonner une image positive de notre profession est essentiel pour relancer les installations.
La mère des batailles reste le revenu, sans revenu pas de rentabilité, donc pas d’avenir, donc pas de confiance de la part des banques pour suivre les projets. Tout est lié ! Mais nous attendons avec impatience cette fameuse loi d’orientation agricole, ça ne fait jamais que 2 ans que l’on en parle ! J’espère qu’elle permettra de fixer un cap clair pour notre agriculture.
Le renouvellement des générations est un enjeu de souveraineté alimentaire et économique pour nos territoires. La Chambre d’agriculture a bien sûr un grand rôle à jouer, mais le pari sera réussi lorsque tous les acteurs du monde agricole se mettront autour de la table.
Nous serons le point d’entrée, mais surtout nous devons être fédérateurs avec toutes les OPA pour accompagner les porteurs de projet.
L’enjeu est vital pour relever les nombreux défis qui nous attendent pour une agriculture viable, vivable, durable et transmissible !