Céréales : Un hiver doux : quels impacts pour les céréales ?
Le nouveau conseiller en productions végétales à la Chambre d’Agriculture fait un point sur l’impact d’un hiver doux sur les céréales.
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Un hiver très doux n’est pas sans conséquence pour les céréales ! Elles présentent d’abord une moindre résistance au froid : les températures ayant été douces pour le moment, les céréales n’ont pas acquis le maximum de leur tolérance au froid. De plus, la vernalisation (voir ci-dessous) étant terminée, les plantes n’ont pu s’endurcir, les cuticules sont fines. Ainsi une période de froid prolongée maintenant ferait plus de tort que de bien.Il faut gérer les apports d’azote. Avec ces températures douces le développement végétatif est parfois important. Certains secteurs de plaine arrivent à 200°C (depuis le 1er janvier). Les apports d’azote peuvent donc commencer. Pour les zones de 400 à 750 m les apports pourront être faits après le passage pluvieux de cette semaine afin de limiter le lessivage. Cependant rien ne presse sur les secteurs où l’altitude est supérieure à 750m ; il faudra patienter. Il serait préférable de désherber si les sols sont suffisamment portants afin de limiter la concurrence avec les adventices, qui n’ont malheureusement pas pu geler pour le moment.
Vernalisation qu’en est-il ?
La vernalisation est une transformation physiologique, due à une assez longue période de basses températures, nécessaire aux céréales pour qu'elles se développent complètement et acquièrent la capacité de fleurir et par conséquent de produire des graines. Compte tenu des températures hivernales douces la vernalisation sera-t-elle suffisante ? Oui car ce phénomène requiert des températures comprises entre 3 et 10°C (températures moyennes journalières), avec des exigences propres à chaque variété. Par exemple une variété comme Arezzo nécessite entre 45 et 60 jours vernalisant ce qui est atteint même cette année.
Rouille jaune : un risque réel
Les températures négatives stoppent l’activité de la rouille jaune, mais ne détruisent pas l’inoculum. Les hivers doux sont généralement favorables. Cet hiver doux peut donc générer des cycles de rouille jaune qui risque d’être observée dès à présent. Cependant pas de panique car une intervention avant le stade «épi 1 cm» n’est pas nécessaire. La lutte la plus efficace contre cette maladie reste de choisir des variétés résistantes. À la vue du risque cette année, il faut particulièrement surveiller les variétés sensibles telles que Altigo, Euphoros, Rubisko, Alixan… en blés, et Kaulos, Tarzan, Talentro, Constant… en triticale.
Monter des groupes
Pour cette campagne 2016 la chambre d’agriculture souhaite créer des groupes «Cultures». Ainsi à partir d’observations réalisées ensemble sur une ou plusieurs parcelles, nous pourrons déterminer un conseil objectif et clair. Pour cela la chambre d’agriculture continuera à mettre en place des essais sur différentes thématiques (désherbage, travail du sol, fongicide, fertilisation…)Les modalités seraient les suivantes : . Conseil collectif : groupes de 8 à 15 personnes (sur un secteur géographique proche) ; échange entre agriculteurs et avec le conseiller ; 3 à 4 «tours de champ» par an (automne + printemps) avec remise de documents ; mise en place d’une messagerie. . Conseil individuel : téléphone, visite sur demande.
Samuel Rello
Contact : Samuel Rello - Conseiller en productions végétales et agronomie - Tel : 04 71 07 21 51 - 06 86 58 63 56 - Mail : srello@haute-loire.chambagri.fr