Portraits d’agents de remplacement creusois
Apprendre l'autonomie
Romain Ageorges exerce la fonction depuis 2007.

Romain Ageorges, jeune homme de 22 ans issu d'une famille d'agriculteurs située près de Sainte-Feyre, a terminé la semaine passée son contrat de remplacement de 11 jours au Gaec de Villechabu (production bovin naisseur engraisseur reproducteur) de Stéphane Moreau. Celui qui est « un fidèle adhérent des Jeunes agriculteurs du canton », dixit Stéphane Moreau, s'est, entre autres, occupé de l'alimentation des animaux, de l'entretien des parcelles, « d'un peu de foin », et de l'entretien des matériels.
Stéphane Moreau a vu sa compagne accoucher il y a peu. Il a fait valoir son droit auprès de la MSA, afin qu'elle lui paye la majeure partie du salaire d'un remplaçant pendant onze jours, la durée légale du congé paternité. « S'il n'y avait pas la MSA, je ne prendrais pas de remplaçant », avoue celui qui est vice-président des Jeunes agriculteurs de la Creuse. Trop onéreux. Il est un partisan du service de remplacement, et pas seulement pour lui : « C'est une bonne école de formation pour les jeunes », pense-t-il. Il cite l'exemple de l'antenne FNSR du Cantal, où chaque élève de la formation agricole locale doit aller travailler pendant son cursus.
« Le roi de la charrue »
Après la mission au Gaec de Villechabut, Romain Ageorges a repris dès lundi dernier un poste de remplacement, dans une exploitation de bovin allaitant, pour deux semaines. Cette fois-ci, il s'agit d'un remplacement pour cause d'accident.
Romain, surnommé « le roi de la charrue » pour son brio dans les concours de labours, est agent de remplacement depuis 2007. « Je suis allé au bureau de Crea, et on m'a fait travailler tout de suite », explique-t-il. Son objectif est de s'installer en Gaec avec son père. « On essaiera de s'agrandir pour pouvoir dégager deux salaires. » La partie n'est pas gagnée, mais il est motivé pour essayer. En attendant, cette condition de salarié le satisfait « pour un ou deux ans. C'est aléatoire. Parfois, notamment l'hiver, on ne travaille pas. D'autres moments, comme l'été, nous sommes très occupés, explique le jeune homme. Jusqu'à présent, pendant mes remplacements, je n'ai jamais été seul. Mais c'est vrai que parfois je dois me débrouiller, c'est dur. » S'il y a bien une chose qu'apprend ce métier de remplaçant, c'est à être autonome. Un bon tremplin avant l'installation.
G.B.
Jean-Louis Richard : « La stabilité »
Actuellement en remplacement à Saint-Médard La Rochette, Jean-Louis Richard fait les foins. Après une formation de chaudronnier, il a travaillé pendant un an comme maréchal-ferrant. Il s'est retrouvé ensuite sans emploi. C'est alors qu'il a commencé de travailler dans le monde agricole. « Un de mes voisins, agriculteur, avait besoin de quelqu'un. Il m'a pris. Cela m'a plu… » Du coup, depuis dix ans, il travaille dans ce domaine, et ne s'en lasse pas. Sans formation au départ, il a tout appris sur le tas. Chez cet agriculteur, il s'est occupé de bovins allaitants et de cochons, pendant plus de six ans.
Il y a trois ans et demi, il aperçoit une petite annonce de Crea proposant des CDD. Il commence sa collaboration avec l'association, qui se transforme en CDI au bout d'un an. Dans le futur, Jean-Louis Richard se verrait bien posséder une ferme de bovins allaitants. En attendant, pour ce qui le concerne, il est content d'être en CDI. « C'est plus intéressant d'être embauché. Il y a plus de stabilité. Le salaire, un peu plus que le Smic, tombe tous les mois. ».
Aujourd'hui, il ne compte plus le nombre de remplacements qu'il a fait. « Plus d'une centaine », à travers toute la Creuse, dans le secteur des bovins allaitants la plupart du temps.
G.B.