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Peu d’incidence du traitement nocturne

L’hygrométrie et le vent sont favorables lors d’un traitement nocturne. Mais les produits phytos et les bioagresseurs réagissent-ils différemment ? Voici des éléments de réponse.

La nuit, la cuticule des feuilles se rétracte peu à peu, rendant la pénétration des systémiques plus efficace.
© FreeProd/Fotolia

Pour Benjamin Perriot, spécialiste en techniques de pulvérisation chez Arvalis, traiter de nuit plutôt que de jour n’a pas d’influence notable sur les ravageurs. « Selon moi, c’est similaire à traiter très tôt le matin pour rechercher une bonne hygrométrie et l’absence de vent », assure-t-il. « Le choix de traiter le jour ou la nuit relève plus de problème pratico-pratiques que biologiques », acquiesce Laurent Delière, ingénieur à l’Inra de Bordeaux. Toutefois, la plante ne réagit pas de la même façon aux produits tout au long de la journée. Le spécialiste d’Arvalis apporte notamment un bémol sur les traitements en soirée. Les plantes peuvent être encore stressées par les conditions thermiques de la journée et elles seront moins « réceptives » aux molécules tard le soir que tôt le matin. Ceci est valable pour les produits systémiques qui nécessitent que la cuticule des plantes (couche cireuse) soit dilatée pour pouvoir être traversée. « Cet état intervient lors de conditions poussantes avec une hygrométrie élevée et des températures clémentes (entre 5 °C et 20 °C), précise Benjamin Perriot. Or, en journée jusqu’en début de soirée, cette cuticule se rétracte, se comprime pour devenir imperméable. » Lors des mois de mai à juillet en particulier, il recommande des interventions en fin de nuit ou en matinée.

Les insectes visés par les traitements sont à un stade peu mobile

En intervenant la nuit, on peut aussi se demander si les ravageurs visés, et notamment les insectes, seront aussi bien atteints qu’à un autre moment de la journée. « Les papillons des vers de grappes ont une activité crépusculaire, constate Jérôme Moreau, maître de conférences à l’Université de Bourgogne et spécialiste d’eudémis. Les traitements de nuit devraient donc les toucher davantage. Mais la majorité des formulations contre les tordeuses visent les larves, qui, elles, ne sont que très peu mobiles : elles restent sur la grappe où elles ont éclos. Traiter de jour ou de nuit ne devrait donc pas avoir d’influence sur l’efficacité. » Mis à part certains traitements très spécifiques empêchant la ponte, où l’application doit être faite aux alentours de 20 heures.

Même chose au niveau des cicadelles, combattues par larvicides et dont les larves, peu mobiles, restent localisées sous les feuilles. « Même si les pyrèthres sont photodégradables, traiter de nuit permet d’augmenter leur durée de vie de quelques heures seulement, ce qui est négligeable comparé à leur rémanence », avance Denis Thiéry, directeur de recherche à l’Inra de Bordeaux. Seule l’efficacité de l’action des Bacillus thuringiensis pourrait être influencée par un traitement de jour ou de nuit. « Le Bt doit être ingéré, et des études ont montré que les chenilles se nourrissent principalement le jour », relève le scientifique. Mais ce dernier estime que très peu de travaux sont faits pour savoir si la sensibilité des bioagresseurs évolue au cours de la journée. « Il faudrait faire progresser ces connaissances pour essayer d’optimiser la pulvérisation. Il est possible que le mildiou ou l’oïdium soient plus sensibles la nuit pour x raisons, mais nous ne le savons pas », regrette-t-il.

pour l’illustration : image fotolia #120485816

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