Les réseaux sociaux, une histoire de famille
Chez les Bunan, le vin se fait en famille. La communication aussi, en particulier sur les réseaux sociaux. Le domaine s’appuie sur ces nouveaux outils pour maintenir le contact avec ses clients et gagner en visibilité.
Chez les Bunan, le vin se fait en famille. La communication aussi, en particulier sur les réseaux sociaux. Le domaine s’appuie sur ces nouveaux outils pour maintenir le contact avec ses clients et gagner en visibilité.




Pour alimenter ses comptes Facebook et Instagram, le domaine Bunan ne compte pas moins de six administrateurs, âgés de 20 à 77 ans. « Notre chance c’est de travailler en famille, et d’être très complémentaires », s’amuse Claire Bunan, l’une des plus jeunes générations sur l’exploitation. Elle donne le tempo pour tenir en haleine les 4 600 amis virtuels du domaine, mais aussi les 2 500 followers de la page Facebook ou encore les 903 abonnés d’Instagram. « Même les plus anciens sont très ouverts et reconnaissent la vraie plus-value des réseaux sociaux, poursuit-elle. Cela nous permet de communiquer sur le domaine et d’informer nos clients sur les événements à venir. » Un moyen de communication qui plus est, complètement gratuit. « Ce serait dommage de s’en priver », souligne la jeune femme. En revanche, Facebook reste un outil informatif. « Pour les événements, nous incitons toujours les gens à réserver leur place par mail, et c’est uniquement ça que nous prenons en compte. Car il est facile de dire oui sur le net mais cela n’est pas pour autant ferme et définitif. » Au quotidien, tout le monde se relaie pour alimenter les comptes et apporter du contenu aux internautes. « Si l’un de nous est en train de tailler ou va dans un salon, il met une photo en ligne, explique Claire Bunan. Nous ne fonctionnons pas avec un plan de communication défini. Tout est très spontané, et je pense que c’est ça qui plaît à nos clients. »
Différents canaux pour des objectifs variés
Bien sûr, s’approprier de tels outils demande du temps. « Je dirais environ une heure par jour, estime Claire Bunan. Et quand il faut créer un événement, inviter des gens etc., cela tourne plutôt autour de deux ou trois heures. Je m’en occupe souvent le soir, après mes heures de travail. » Malgré l’implication, il est parfois difficile d’estimer les retours de ce mode de communication. Néanmoins, les publications Facebook totalisent en moyenne une centaine de likes. « Et nous avons des clients qui viennent chez nous après nous avoir connus sur les réseaux sociaux », observe-t-elle. Ils participent aux dégustations qui réunissent généralement 30 à 150 personnes, « en fonction du choix des accords et de la météo », précise l’intéressée. Certains offices de tourisme ont eux aussi fait le déplacement. « À force de voir passer nos événements, ils sont venus déguster et c’est intéressant car ils peuvent le proposer aux touristes derrière. »
Côté pratique, la jeune femme a opté pour deux réseaux principaux : Facebook et Instagram. « Car ce sont vraiment ceux qui nous permettent de partager la vie quotidienne sur le domaine. » Sur le premier, la question se pose de créer une page ou un profil, plutôt réservé aux particuliers. « Nous avons créé un profil, il y a 7 ou 8 ans, car il n’y avait que cette possibilité à l’époque », se souvient-elle. Puis la page a suivi, quelques années plus tard. « C’est bien car il y a n’a pas un nombre d’amis limité, comme sur le profil, qui est plafonné à 5 000. En revanche, on ne peut pas identifier de gens sur les photos et donc, il y a toujours moins de réponses. C’est pour ça que nous avons gardé les deux canaux. » Pour éviter l’aspect commercial, la page et le profil se contentent de renvoyer les clients vers une boutique en ligne, disponible sur le site web du domaine. Enfin, la famille Bunan s’appuie sur Instagram pour diffuser des visuels. « On poste des photos des paysages mais aussi de moments de dégustation », explique-t-elle. À cela s’ajoutent les photos sur lesquelles le domaine est tagué par les internautes. « C’est génial parce que ce sont souvent des moments de convivialité qui ressortent, et c’est vraiment cette idée du vin que nous avons envie de partager. » À l’inverse la famille délaisse encore Twitter. « Nous l’utilisons très peu car c’est un outil plus professionnel et très journalistique, explique Claire Bunan. Si je devais accentuer le travail sur ce réseau, j’aimerais mettre l’accent sur les accords mets et vins, en suivant de grands chefs et en proposant des associations inédites. »
Se perfectionner sur la maîtrise des outils
Bien sûr, il reste des améliorations à faire. En passant, entre autres, par des formations. « J’aimerais améliorer ma maîtrise des réseaux sociaux, reconnaît Claire Bunan. Pour la gestion des événements par exemple. » Car d’après ses observations, moins elle obtient de réponse sur une date donnée, et plus les possibilités d’inviter des clients sont limitées par la suite. Et Facebook de proposer des campagnes de publicité en s’appuyant sur les empreintes, ou « cookies », laissés par les internautes, pour booster la communication. Mais pour la jeune femme, les progrès passent aussi par davantage d’organisation, lors des déplacements notamment, ou par plus de régularité dans les posts. Il faut trouver le bon équilibre pour être présent, sans trop en faire pour autant. « En résumé, on peut dire que notre communication sur les réseaux sociaux reste très artisanale, comme notre travail de vigneron, reconnaît Claire Bunan. Il y a toujours de quoi s’améliorer mais cela prend du temps. » En attendant, la famille a plus d’une corde à son arc et compte aussi sur des newsletters originales et décalées pour séduire sa clientèle. « Nous en envoyons généralement une par mois. Il y a les dernières informations sur le domaine, ainsi que sur les travaux en cours. Nous y glissons aussi une recette de cuisine. » Et cerise sur le gâteau, certains clients n’hésitent pas à partager leurs exploits culinaires sur Facebook.
Domaines Bunan
SURFACE 77 hectares
DÉNOMINATIONS AOP bandol et côtes de provence, vin de pays du mont caume
SOLS argilo-calcaires
RENDEMENT 35 hl/ha
AGE MOYEN DES VIGNES 30 ans
EMPLOYÉS 20 ETP
VOLUME ANNUEL 350 000 cols
CIRCUITS DE VENTE 40 % CHR et cavistes, 30 % particuliers, 25 % export et 5 % GMS
PRIX DÉPART CAVEAU de 5 à 30 euros
CHIFFRES CLÉS SUR LE NET 4 600 amis Facebook, 2 500 followers sur la page et 903 abonnés sur Instagram