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« J’incite à adopter un regard différent sur l’animal » conseille Pauline Garcia, éleveuse et comportementaliste animalière

Pauline Garcia est comportementaliste animalière et éleveuse de cent vaches salers et aubrac dans le Cantal. À travers ses formations, elle explique les bénéfices d’une meilleure compréhension du langage et du fonctionnement des bovins.

Pauline Garcia, « Tout éleveur devrait avoir a minima des bases d’éthologie ! "
Pauline Garcia, « Tout éleveur devrait avoir a minima des bases d’éthologie ! "
© P. Garcia

L’éthologie est votre spécialité. De quoi s’agit-il ?

Pauline Garcia - « L’éthologie est l’étude des comportements des animaux. Cette discipline, très utilisée dans le monde équin et canin, présente un intérêt indéniable chez les bovins. Ces derniers ont des besoins fondamentaux spécifiques qu’il convient de respecter pour leur bien-être mais aussi pour limiter l’apparition de pathologies comportementales comme les tics et les problèmes de santé individuels ou collectifs. À travers ma double casquette de comportementaliste et d’éleveuse, j’essaie de vulgariser les études scientifiques des éthologues et de les appliquer au domaine de l’élevage pour aider les producteurs à mieux anticiper les réactions de leurs animaux et à travailler avec plus de facilité et de plaisir. »

Est-ce utile au quotidien des éleveurs ?

P. G. - « Tout éleveur devrait avoir a minima des bases d’éthologie ! Ces notions devraient intégrer les cursus de formation. En décryptant les perceptions et le langage du bovin, cela évite de mal interpréter certains comportements. On gagne ainsi en sécurité. Surtout, on se simplifie le travail au quotidien en instaurant une relation positive entre l’homme et l’animal, ce qui limite le stress pour l’un comme pour l’autre.

Les éleveurs ont l’impression de déjà bien connaître leurs animaux, mais ils n’ont pas forcément en tête certaines données issues de la recherche fondamentale qui peuvent pourtant les éclairer grandement et modifier leur approche vis-à-vis de leurs bêtes. Dans mes formations, je leur propose d’oublier tout ce qu’ils ont appris, tout ce qu’ils font par habitude, et de repartir à zéro en observant leurs vaches avec un œil neuf. »

Votre démarche est-elle toujours bien comprise ?

P. G. - « Certains peuvent avoir des a priori et sourire en entendant parler d’enrichissement du milieu et d’éducation positive. C’est normal car même s’ils sont sensibilisés au bien-être animal, ils ne sont pas habitués à un tel schéma de pensée. Il faut bien comprendre que la démarche n’a pas du tout vocation à « faire mumuse » ni à papouiller les veaux. Son objectif est bien de rendre les vaches plus facilitantes et coopérantes dans les soins que l’on doit leur prodiguer pour gagner en temps de travail et en performance. Pour cela, il faut être prêt à s’ouvrir à des techniques non conventionnelles et sortir de sa zone de confort… »

Les journées sont déjà bien remplies. Comment adopter l’éthologie en routine ?

P. G. - « La relation homme-animal se construit selon un processus qui s’étale sur plusieurs semaines et s’entretient ensuite toute la vie du bovin. Cela requiert une implication de la part des éleveurs qui doivent y consacrer 20 à 30 minutes par jour. Mais ils ont tout à y gagner par la suite. Ce temps investi est largement amorti quand les vaches coopèrent au quotidien lors des manipulations et traitements, même en situation anxiogène. N’est-il pas tentant d’avoir des bovins qui ne bougent pas lors une prise de température rectale, qui tolèrent l’administration d’un aimant sans contention, ou qui ne s’excitent pas à la vue d’une seringue ? »
Lire aussi : « Des vaches dociles, ça change la vie ! »

Le bovin, reflet du comportement humain

Un éleveur stressé, agité et impatient dégage une énergie négative palpable à laquelle les animaux sont très réceptifs. Cela ne facilitera pas leur coopération. Des études ont montré que la proportion de taureaux qui attaquent ou montrent des signes d’opposition est moins élevée quand l’éleveur est serein et confiant que lorsqu’il est anxieux ou sanguin. Au-delà de l’observation et de la compréhension de ses animaux, il est aussi utile d’apprendre à se connaître, même s’il n’est pas toujours évident de se remettre en question !

Coté web

Très présente sur les réseaux sociaux, vous pouvez retrouver les conseils et vidéos de Pauline Garcia sur sa chaîne YouTube et sa page Facebook en tapant « Ethodiversité » ainsi que sur son site www.etho-diversite.fr

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