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Changer de laiterie : « Nous avons dû attendre la fin de notre engagement pour quitter notre coopérative »

Jocelin Lenoir et ses associés du Gaec du Pressoir dans la Sarthe voulaient quitter Sodiaal depuis plusieurs années pour rejoindre l’organisation de producteurs APLBC et la laiterie LSDH. Ils ont été attirés par le mode de fonctionnement et la possibilité de valoriser un lait différencié.

<em class="placeholder">Les trois agriculteurs associés du Gaec du pressoir dans la Sarthe</em>
" Aujourd'hui, c'est plus facile de changer de laiterie qu'il y a dix ans, estime Jocelin Lenoir (à droite), un des trois associés du Gaec du pressoir. Parce que des industriels manquent de lait. "
© Gaec du Pressoir

Les trois associés du Gaec du Pressoir dans la Sarthe ont changé de laiterie le 1er janvier 2022. Ils étaient coopérateurs chez Sodiaal et ont intégré l’organisation de producteurs APLBC (Association des producteurs de lait pour le bien collectif) et sont désormais sous contrat avec la Laiterie Saint-Denis-de-l’Hôtel (LSDH).

« En 2017, nous avions demandé à rejoindre LSDH, mais la laiterie ne cherchait pas de lait, raconte Jocelin Lenoir, un des trois associés du Gaec du Pressoir. En 2020, la question s’est à nouveau posée quand quelques éleveurs de notre secteur sont partis chez LSDH. Mais notre engagement avec Sodiaal, de cinq ans, était en cours et nous aurions eu à payer des pénalités pour rupture précoce, dont le montant était alors de 34,5 euros les 1 000 litres. »

Attirés par la relation tripartite

Les éleveurs avaient entendu parler de LSDH. Son projet avec C’est qui le patron ?! et les contrats tripartites les intéressaient. « Le fait que les producteurs aient une vraie place dans la filière, et de sentir que leur engagement avec la laiterie fait bouger les choses, nous plaisait, explique Jocelin Lenoir. J’ai été élu au conseil d’administration de Sodiaal et j’étais un peu déçu que les choses n’avancent pas vite. Sodiaal avait alors encore du mal à sortir du résultat. »

Un cahier des charges en sans OGM

L’autre motivation des éleveurs était de pouvoir intégrer une filière différenciée. « Nous étions en filière Bleu Blanc Cœur (BBC), mais Sodiaal l’a arrêtée en 2012 quand l’usine du Lude a été fermée. Nous avons continué d’apporter du lin car nous étions convaincus de l’intérêt pour les animaux. Puis, dans le cadre d’un Cap’2ER réalisé avec Sodiaal, nous sommes passés en sans OGM en arrêtant le tourteau de soja pour passer en tourteau de colza. Nous voulions donc intégrer une filière de ce type : sans OGM, BBC ou C’est qui le patron ?!. »

En arrivant chez LSDH, les éleveurs n’ont pas pu être admis en filière C’est qui le patron ?! (CQLP), car en 2022, les producteurs engagés dans CQLP n’avaient pas encore 50 % de leur volume valorisé par la démarche. Or c’était la condition que s’étaient fixés l’OP APLBC et LSDH pour ouvrir la filière à d’autres producteurs. « Par contre, nous avons pu obtenir la prime sans OGM depuis le début de notre contrat avec LSDH. Et, en avril 2023, entrer dans la nouvelle filière Bleu Blanc Cœur de la laiterie », expose Jocelin Lenoir qui est devenu administrateur stagiaire au sein de l’OP, en charge du dossier Bleu Blanc Cœur avec un autre administrateur.

Regarder le prix du lait sur le long terme

Le changement de laiterie a été simple et rapidement réalisé en quelques mois. En 2021, la fin de leur renouvellement de contrat avec Sodiaal se profilant, ils envoient une demande à LSDH. « Nous avons envoyé une lettre de motivation au directeur de la laiterie, pour présenter la ferme et notre motivation à participer à leur filière. J’ai aussi appelé l’OP APLBC, se souvient Jocelin Lenoir. Le directeur de la laiterie, Emmanuel Vasseneix, m’a appelé pour discuter. Cette dimension humaine nous a confortés dans notre choix. C’était important car à ce moment-là, le prix du lait de LSDH était en dessous de celui de Sodiaal. Cela a bien duré six mois, le temps que les négociations tripartites aient lieu et que la grande distribution applique les hausses de prix. Mes associés étaient un peu inquiets. »

Quitter Sodiaal en trois mois

Chez Sodiaal, le préavis de fin de contrat étant de trois mois, les associés ont envoyé un courrier de résiliation de contrat fin septembre pour une fin de contrat au 31 décembre 2021. « J’avais appelé le président auparavant pour lui présenter notre volonté de partir », ajoute l’éleveur qui estime que « le frein pour partir de chez Sodiaal, c’est cette durée d'engagement de cinq ans, et les pénalités à payer si on veut partir avant. Celui qui veut vraiment partir malgré des pénalités de 34,5 euros les 1 000 litres [montant à l’époque], il faut vraiment que le prix du lait de son nouvel acheteur soit supérieur d’au moins ce montant. »

Le contrat de LSDH est quant à lui de cinq ans avec douze mois de préavis, mais il n’y a pas de pénalité pour rupture précoce du contrat d’application individuel.

Le remboursement des parts sociales de la coopérative s’est fait rapidement, début juin 2022, à la demande des associés. « Nous aurions pu les laisser, comme un placement. Mais grâce à ce montant, de 34,5 euros/1 000 litres de valeur de part sociale, plus les intérêts, nous avons pu financer l’achat d’un tank à lait, car avec LSDH, les producteurs doivent avoir leur tank. »

Avoir son tank chez LSDH

Chez LSDH il faut avoir son tank à lait, en propriété ou en location. « Nous avons fait le choix de l’acheter. Dans le bulletin de la laiterie, il y a une rubrique de petites annonces pour vendre des tanks à lait. C’est assez simple d’en acheter, à coût maîtrisé vu que c’est de l’occasion. En plus, la laiterie nous a versés une aide pour l’achat », expose Jocelin Lenoir.

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