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Coronavirus
[Covid-19] Les filières de la transformation des grains sereines sur les livraisons pendant le reconfinement

Si des inquiétudes sur l'impact économique de ce nouveau confinement se font sentir, les transformateurs de grains se veulent rassurants quant à la fourniture de denrées alimentaires

Certains supermarchés (ci-dessus le centre commercial E Leclerc de Moisselles dans le Val d'Oise) ont prévu des stocks de farine pour faire face à un retour aigu de la demande en cas de reconfinement.
© Rodolphe de Ceglie

​Dés le lendemain des annonces d'Emmanuel Macron concernant un nouveau confinement jusqu'à la fin du mois de novembre, certains supermarchés de l'Hexagone voyaient leurs rayons Farines et Pâtes dévalisés par les consommateurs, rappelant ainsi les images du confinement du printemps dernier.

"Quelle que soit la nature des mesures qui seront annoncées ce soir par le président de la République, les entreprises alimentaires sont prêtes et se sont organisées depuis plusieurs semaines pour maintenir la fabrication et l’approvisionnement des magasins, sans risque de pénuries", déclarait Richard Girardot, président de l’Ania (industries agroalimentaires), dans un communiqué du 28 octobre, quelques heures avant la prise de parole d'Emmanuel Macron. L'organisation représentant les entreprises agroalimentaires françaises met toutefois en garde l'état sur la situation des fournisseurs de la restauration hors domicile, pour qui un "soutien massif de l’Etat" est vivement espéré, sans quoi ils "ne pourront se relever", estime le syndicat.

Se qualifiant de sereine, la filière agroalimentaire a appeler à ne pas paniquer,  "la chaîne alimentaire a tenu et elle tiendra. (...). Les industriels se sont mis de nouveau à accélérer les rythmes de production de pâtes et produits de base depuis le couvre-feu il y a deux semaines, et la distribution a augmenté ses stocks." a rassuré M Girardeau auprès de l'AFP.

Au lendemain de l'annonce présidentielle, la Coopération agricole et la Feef (PME agroalimentaires), inquiètes, ont réclamé au gouvernement des mesures de soutien. Elles attendent aussi un "moratoire sur les pénalités logistiques". Les coopératives souhaitent "développer des aides au stockage privé afin de sécuriser les productions qui ne trouvent plus de débouchés et éviter toute perte et tout gaspillage alimentaire".   

Meunerie-Boulangerie : la carte de la solidarité

Pour le secteur de la boulangerie artisanale, "les entreprises pourront rester ouvertes et seront dans la proximité, au service de l’ensemble de la population, avec le courage que nous leur connaissons. Plus que jamais il faudra soutenir les artisans boulangers", a réagi Dominique Anract, président de la Confédération nationale boulangerie-pâtisserie française (CNBPF) le 29 octobre..

 

Sandrine, artisan boulanger pâtissier de la boulangerie Ribot à Laval et présidente de la fédération des boulangers de la Mayenne, la joue solidaire. Dans un twitt du 28 octobre, elle souhaite bon courage à ses collègues qui doivent fermer et appelle l’ensemble des citoyens à être solidaire. "Pensez local ! Demandez s’ils livrent, s'ils font du à emporter ou du dépôt chez leurs collègues ouverts !", écrit-elle sur les réseaux sociaux avant de lancer un cri du cœur : "Ne laissez pas Amazon gagner. Demander à vos commerçants, ils savent s’adapter !! Ne les laissez pas mourir !!".

 

Quelques meuniers ont aussi réagi."Cela fait deux, trois jours que la farine part un peu plus vite", a expliqué à l’AFP, le 28 octobre, Karine Forest, directrice de la minoterie Forest (Saône-et-Loire), ajoutant avoir "recommandé des petits sachets pour anticiper". "Nous sommes en train de faire des stocks de sachets de 2 kg, pour que les artisans boulangers puissent vendre à leurs clients des paquets de farine", a précisé la dirigeante du moulin, redoutant de voir s’effondrer de nouveau les ventes de sandwichs, salades et pizzas.
Dans le Val-d’Oise, les moulins Foricher proposent, dans le cadre du reconfinement, des ventes additionnelles de sa farine Bagatelle en ensachage 1 kg.

 

Nouvelle ruée sur les pâtes

Concernant le secteur des pâtes, très sollicité lors de la première vague, les consommateurs ont commencé à reconstituer des stocks. Michel-Edouard Leclerc indiquait au soir du 28 octobre lors d'un journal télévisé, que, depuis une semaine, les magasins de la chaîne enregistraient une hausse de 30 % des ventes. Mais le patron des hypermarchés éponymes insistait : "pas de panique, il y a du stock".
Pour sa part, Jean-Philippe Lefrançois, le directeur général du fabricant de pâtes Alpina Savoie, affirmait, le même jour, que les commandes avaient également progressé de 30 % ces derniers jours tout en précisant que ce n'était pas un problème, ni pour les stocks reconstitués par l'entreprise, ni pour sa capacité à augmenter sa production.

De son côté, le syndicat des industriels de la nutrition animale est aussi serein. "Les enseignements de la période précédente et les mesures prises par les entreprises pour assurer la continuité de l’activité permettent d’appréhender les prochaines semaines avec confiance", a déclaré François Cholat, président du Snia, le 29 octobre. "Les usines fonctionnent et sont actuellement approvisionnées correctement en matières premières. […]. La chaîne d’approvisionnement continue de fonctionner correctement."

 

Modalités du reconfinement

Redouté depuis plusieurs jours, le retour au confinement a été officiellement  annoncé par le Président de la République le 28 octobre sur les écrans de télévision en fin de journée, pour une période allant du vendredi 30 octobre au 1er décembre. Si des précisions doivent être apportées quant à sa mise en oeuvre d'ici ce soir (conférence de presse prévue à 18h30 ce jeudi 29 octobre), les contours de cette nouvelle période de confinement devraient être comparables au précédent. Ainsi, selon les propos d'Emmanuel Macron, pour une période d'au moins un mois, les commerces «définis au printemps comme non essentiels» et des établissements «recevant du public, notamment les bas et restaurants» seront contraint à une fermeture administrative.

Le 29 octobre, le Premier ministre Jean Castex a précisé la liste des établissements exemptés des mesures de fermeture administrative pour les établissement recevant du public. «Resteront ouverts par rapport au confinement de mars, tous les commerces de gros, les magasins et jardineries afin que les professionnels puissent continuer de s'approvisionner».
Plus tôt dans la journée, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a annoncé que les marchés «couverts ou de plein vent» resteront ouverts. Toutefois précise-t-il au micro de la radio RTL, «il pourra y avoir, comme dans le cadre du premier confinement, une décision préfectorale dans le cas où cela ne se passerait pas bien»

Par ailleurs, le Président a annoncé que les mesures en faveur des «petites entreprises fermées administrativement» seront «plus importantes qu'en mars» avec une prise en charge «jusqu'à 10000 euros par mois de leurs pertes en chiffre d'affaires». «Un plan spécial pour les indépendants, commerçants, très petites et moyennes entreprises» a aussi été annoncé.

Enfin, les «crèches, écoles, collèges et lycées demeureront ouverts avec des protocoles sanitaires renforcés», contrairement au confinement du printemps dernier, sans plus d'indications concernant  la restauration collective associée.

 

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