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Des pistes contre Gnomoniopsis castanea, agent responsable de la pourriture des châtaignes

La pourriture des châtaignes due au champignon Gnomoniopsis castanea est très préjudiciable pour la filière depuis 2018. La recherche de moyens de protection est lancée.

Cynips, chenilles foreuses des fruits, chancre, Phytophtora… les bioagresseurs ne manquent pas en production de châtaigne. Comme si cela ne suffisait pas, un nouveau venu a fait son apparition il y a quelques années : Gnomoniopsis castanea, responsable de la pourriture des châtaignes. Ce champignon cause d’importantes pertes depuis 2018 en France et dans les autres pays européens. La présence de ce bioagresseur dans les vergers de châtaignier mobilise la recherche.

La station d’expérimentation Invenio mène le projet Antigone, en partenariat avec le CTIFL et l’INRAE. Ce projet vise à développer un outil pour identifier et quantifier la présence du champignon dans les vergers ; à améliorer les connaissances sur la biologie du champignon et connaître la sensibilité des variétés sur le territoire ; et enfin à identifier des solutions de biocontrôle dans le but de réduire très fortement sa pression.

« L’outil d’identification et de quantification est développé en collaboration avec des laboratoires italiens, présente Fabrice Lhereux, du CTIFL, lors du webinaire Eurocastanea fin octobre. Nous sommes toujours en phase d’amélioration du transfert de cette technique. L’idée est de cartographier la présence du champignon, en le cherchant un peu partout où il peut se présenter, aussi bien dans l’air avec des pièges à spores mais également dans les fleurs ou sur les rameaux ».

Un modèle pour prédire la contamination

Depuis 2020, Invenio prélève des échantillons sur les trois principales variétés du Sud-ouest : Bouche de Bétizac, Bellefer et Marigoule. « Plus de 150 échantillons sont collectés par an sur fleurs et sur fruits, indique Nathalie Lebarbier, Invenio. Ces échantillonnages ont montré que Bouche de Bétizac était très sensible aux pourritures ». Les prélèvements, corrélés à l’enregistrement de données météo sur sept vergers de producteurs, permettront d’en savoir plus sur la biologie de Gnomoniopsis et de construire un modèle permettant de prédire l’in­tensité de contamination.

Côté biocontrôle, les essais d’Invenio ont mis en évidence depuis 2019 l’efficacité d’un produit à base de bactéries en traitement à la floraison et avant récolte. Ce produit a été mis en essai cette année chez des pro­ducteurs. Enfin, le nouveau projet MISPA prévoit la mise au point d’un protocole de micro-injection sécurisée contre les pourritures des châtaignes. Gnomoniopsis peut également s’exprimer pendant le stockage ou au moment de la commercialisation des châtaignes. Pour contrer le problème, le traitement à l’eau chaude est utilisé en Italie (voir encadré). La piste de la stérilisation à l’air chaud va également être testée au centre CTIFL de Saint-Rémy de Provence.

La châtaigne des Appenins teste un protocole

Lors du webinaire Eurocastanea, Renzo Panzacchi, du consortium de la châtaigne des Appenins de Bologne (Italie), a présenté un protocole visant à garantir à la grande distribution un produit sain. Le consortium collabore depuis 2020 avec l’entreprise qui a mis au point ce protocole, et qui commercialise 25 000 t de châtaigne par an. « Le mot-clé du protocole, c’est la rapidité, déclare Renzo Panzacchi. Les fruits doivent être récoltés très rapidement et ne doivent pas rester par terre. Dans les Appenins, la récolte est manuelle à 90 % car les vergers sont en pente. On récolte donc pratiquement tous les jours ».

Après livraison à l’entreprise, les châtaignes suivent un parcours rapide dans l’eau en station. Les fruits qui flottent sont écartés. Les châtaignes sont ensuite traitées à l’eau chaude à 50°C pendant 45 mn, puis remises à température ambiante toujours dans l’eau. Après séchage pendant quelques heures, elles sont mises au frigo à 0°C (à une humidité de 93 %) jusqu’au moment de la livraison. « Il faut aussi que le temps en rayon soit réduit au minimum. On livre de petites quantités à la GMS en fonction des demandes, ajoute Renzo Panzacchi. Avec ce protocole, le développement du champignon est bloqué pendant deux à trois mois. »

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