Les éleveurs s’opposent à l’identification électronique des chevreaux
La Fnec s’est mobilisée pour modifier un règlement européen voulant imposer une coûteuse identification électronique pour des chevreaux destinés à la boucherie.

Sous l’impulsion de la Fnec, de nombreux syndicats caprins départementaux ont écrit à leur préfet et élus locaux pour dénoncer une nouvelle réglementation européenne qui pourrait imposer l’identification électronique des chevreaux destinés à la boucherie. Ce changement est lié à la révision européenne du règlement sur la santé animale. En modifiant de quelques mots le texte sur l’identification, la Commission européenne a oublié la dérogation pour la traçabilité caprine. Une consultation trop rapide des États membres a abouti à ce que le texte rentre dans le processus législatif avec une application normalement prévue pour avril 2021.
Une boucle qui vaut près d’un tiers du chevreau
Pas question pour la Fédération des éleveurs de chèvres qui a aussitôt écrit au ministre de l’Agriculture et aux députés européens tout en mobilisant les organisations françaises (APCA, Idele, GDS France, Interbev…) et les syndicats caprins européens. « Cette disposition est fatale pour les éleveurs de chèvres, puisqu’elle prévoit que l’identification soit électronique pour les chevreaux de boucherie qui ne vont pas directement à l’abattoir, soit la très large majorité des chevreaux », explique la Fnec dans son courrier au ministre. « La Fnec s’est battue depuis des années pour que l’identification électronique ne soit pas obligatoire pour les chevreaux, animaux qui ont une très faible valeur économique, et qui sont tracés par lots tout au long de la chaîne et jusqu’à l’abattage par des abattoirs spécialisés en volaille et lapin (où l’électronique n’a pas de valeur ajoutée à la gestion de la traçabilité). »
En effet, à 90 centimes environ par animal, l’identification électronique est coûteuse puisque cela représente près du tiers du prix d’un chevreau (mal) valorisé entre 2,50 et 4 euros. Pour les éleveurs, la traçabilité par lots existe déjà et a fait ses preuves. Fin août, la Fnec semblait confiante avec l’espoir que la mobilisation permette de revenir à une identification non-électronique dans le texte.