Aller au contenu principal

Guy Hermouet, vice-président de la fédération nationale bovine
Regrouper l'offre pour prendre la mesure du groupe Bigard

Le groupe Bigard reprend les actifs de Socopa pour créer une société, nouvelle filiale du groupe Bigard. La carte de l’abattage français de bovins en sera rapidement et profondément modifiée.

La restructuration du secteur de l’abattage était inéluctable. Quelle est votre réaction à cette annonce de reprise de Socopa par le groupe privé Bigard, annoncée pour janvier 2009?

Le groupe va représenter 43 % de l’abattage des gros bovins en France. Le côté positif de cette opération est qu’avec cette taille, il pourra peser face à la grande distribution et peut-être sur les marchés à l’exportation. Le groupe Bigard sait faire fonctionner efficacement les outils industriels et il est certain que des restructurations seront faites pour que la rentabilité soit là. Le groupe n’est pas connu pour faire dans la dentelle.

Le nouveau groupe atteindra une position dominante sur plusieurs régions. Les producteurs de viande doivent-ils s’attendre à connaître ce qu’ont traversé il y a quelques semaines les producteurs de lait qui travaillent avec Entremont ?

En effet, l’activité du nouveau groupe portera sur 80 % du marché des vaches laitières et sur 60 à 65 % de celui des jeunes bovins. Dans la plupart des régions de la moitié nord de la France, le groupe Bigard sera presque le seul abatteur. C’est le cas dans l’Est et le Nord en particulier. Il reste SVA qui pèse sur le Centre Ouest. Dans les Pays de la Loire, le groupe prendra aussi une place dominante. Quand l’équilibre entre l’offre et la demande sera là, la pression à la baisse sur les prix sera faite. Il n’y a aucun doute là-dessus. Il faut commencer à envisager de regrouper les forces de vente de l’amont de la filière, qui sont encore très atomisées. Nous commençons à en débattre entre organisations de producteurs. La forme que pourrait prendre cette initiative reste à imaginer. Cela pourrait être une association des organisations de producteurs. Nous sommes plus forts en favorisant l’adéquation de la production au marché et la valorisation du produit, pour les éleveurs et les abatteurs, sur le long terme.

Comment se fait-il qu’un groupe coopératif comme Socopa rejoigne un groupe du secteur privé ?

Nous avons des difficultés à l’expliquer. Une solution aurait pu être de rassembler les deux groupes coopératifs d’abattage Socopa et Terrena, jusque-là respective-ment numéro deux et trois de l’abattage en France. Il semblerait que des problèmes propres à la gestion de Socopa aient fait pencher la balance du côté du groupe Bigard, avec aussi une intervention en ce sens des actionnaires financiers de Socopa. Cela amènera aussi des questions de représentativité dans les syndicats du secteur de l’abattage que sont Coop de France et le SNIV(1).

Le groupe Bigard est amené à changer de mains dans quelques années au moment du départ en retraite de son président. Qui pourra reprendre une entreprise de cette taille ?

Très probablement un grand groupe international déjà présent sur le marché européen. De nombreux mouvements ont lieu depuis quelques temps et sont amenés à se poursuivre.

Cet évènement intervient à un moment où la filière viande est déjà malmenée. Va-t-il fragiliser encore les résultats des producteurs de viande ?

Nous savons que le groupe Bigard n’aime pas les grilles de prix ni les cotations. La hausse massive des charges d’alimentation, d’énergie, d’engrais et un marché déstabilisé par de nombreux facteurs ont déjà de graves conséquences sur le revenu des producteurs de viande bovine. Les travaux de l’Institut de l’élevage confirment que le revenu a baissé globalement de 50 % sur deux ans.

Les plus lus

<em class="placeholder">« Toutes les rations sont revues chaque année, une fois tous les fourrages récoltées et leur composition évolue en fonction des opportunités d&#039;achats de sous-produits ...</em>
Engraissement : « Chaque broutard acheté m'a permis d'obtenir une marge nette de 120 euros »

Thomas Rondier, à la tête d’un système naisseur-engraisseur avec achat dans le Cher, est parvenu au cours des cinq dernières…

<em class="placeholder">Kathleen Brémont et Stéphane Le Moigne, à la tête d’un troupeau de 170 mères Angus à Ver dans la Manche</em>
Abattoir à la ferme : « De leur naissance jusqu’à l’abattage, nos bovins ne quittent jamais leur lieu de vie »

C’est une première en France. Kathleen Brémont et son compagnon Stéphane, à la tête d’un troupeau de 170 mères Angus à Ver…

<em class="placeholder">engraissement de jeunes bovins </em>
Engraissement des broutards : quelles sont les opportunités de marché à saisir ?

En France, les cours porteurs de la viande, le développement de la contractualisation et les soutiens au financement ont …

balle ronde paille chargement pailleuse
Astuce d’éleveur : « Je travaille en sécurité grâce à un support de chargement des balles dans la pailleuse et une tablette d’écornage »

Patrick Feuillet, à Mont-Saint-Jean dans l’Aisne, élève seul 80 mères charolaises. Pour travailler en sécurité, il multiplie…

champ de triticale essais variétaux
Céréales en élevage bovins viande : le triticale a quarante ans et toujours tous ses atouts

Rustique, productif en paille, peu sensible à l'acidité, le triticale est plébiscité par les éleveurs.

<em class="placeholder">Nicolas Urbain naisseur engraisseur en race limousine dans la Creuse</em>
Engraissement : « Mon autonomie est poussée un cran plus loin »

Nicolas Urbain, situé dans la Creuse, ne laisse rien partir en maigre. En 2023, la marge brute de son atelier viande frôle 157…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande