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Augmenter la productivité grâce à la prévention

Une bonne prévention des risques sanitaires, réalisée en partenariat entre l’éleveur et les différents intervenants de l’élevage, permet d’améliorer ses résultats technico-économiques.

Entre 2000 et 2013, la production française d’agneaux a chuté de 30 %, du fait de la forte baisse du cheptel de brebis et d’une dégradation de la productivité numérique des brebis. Augmenter la productivité des ateliers ovins est donc un véritable enjeu pour la filière ovine française, qui ne produit déjà que 45 % de la consommation du pays, et pour les éleveurs dont c’est le premier facteur technique du revenu. « La prévention zootechnique et sanitaire a un rôle à jouer dans ce défi, a rappelé Sylvain Bareille, du laboratoire MSD, lors des rencontres techniques ovines organisées en juin à Limoges par le répartiteur vétérinaire Longimpex. Les vétérinaires et techniciens d’élevage doivent pour cela être des partenaires clés de l’éleveur ».

Le premier levier de la productivité est d’augmenter le nombre d’agneaux nés. Pour cela, une première mesure de prévention est de nourrir correctement les animaux, avec une alimentation adaptée au cycle de l’animal. « Une sous-alimentation énergétique des béliers par exemple peut entraîner une diminution de la taille des bourses et une baisse de la motilité des spermatozoïdes, et ainsi pénaliser la reproduction, souligne Sylvain Bareille. Et chez les femelles, la bonne alimentation favorise le taux d’ovulation, la bonne nidation des embryons et diminue le risque de mortalité embryonnaire. Il faut veiller à limiter les excès comme les déficits énergétiques. » Le suivi de la note d’état corporel doit être utilisé pour mieux piloter l’alimentation. Le suivi des infestations parasitaires est important lui aussi car celles-ci vont perturber le bilan énergétique.

Autre axe de prévention sanitaire, les mesures minimums de biosécurité en élevage sont rarement appliquées. « En biosécurité, il faut des mesures efficaces mais pas trop contraignantes sinon, elles ne seront pas utilisées », reconnaît le vétérinaire. La présence d’un pédiluve à l’entrée du bâtiment pour l’accès des personnes extérieures est recommandée. « Un pédiluve doit être changé tous les jours et on y pénètre avec des bottes propres. Toutes les exploitations devraient être équipées d’un lave-bottes qui permet de laver le dessus et le dessous de la botte. » De même, les contrôles à l’entrée d’animaux extérieurs à l’exploitation sont essentiels.

Il y a ensuite une vraie marge de progrès à travailler sur la mortalité des agneaux. Les avortons et les mortalités précoces avant deux jours représentent près de 60 % de la mortalité des agneaux, il y a donc beaucoup à gagner en améliorant le suivi de ces agneaux. La survie des agneaux dépend essentiellement des soins qui vont être apportés aux nouveau-nés.

Le passage en case d’agnelage facilite la surveillance. Cela permet notamment de s’assurer plus facilement de la tétée précoce des agneaux, qui doivent consommer 100 ml de colostrum par kilo de poids vif si possible dans les six premières heures de vie, et même le maximum dans les deux heures suivant la naissance. Attention, les agneaux surnuméraires mis à l’allaitement artificiel ont souvent un taux de mortalité élevé. Des mesures simples peuvent être mises en oeuvre pour améliorer leurs chances de survie. « La température de dilution du lait (entre 55 et 65°, selon les préconisations du fabricant) est un paramètre important à suivre, à contrôler avec un thermomètre. » Pour baisser la pression des maladies, il faudra penser à faire une rotation dans les cases d’agnelages afin qu’elles ne se retrouvent pas toujours au même endroit dans le bâtiment.

La prévention spécifique des avortements via l’isolement des brebis avortant et la destruction des matières virulentes et éventuellement une vaccination contre les principales maladies abortives est aussi essentielle. Dans le bassin de Roquefort par exemple, un quart des agneaux risquent de rencontrer la toxoplasmose au cours de leur première année. Au vu de la forte prévalence, du taux élevé de nouvelles infestations, du fort impact sanitaire et économique, et de la difficulté à contrôler la population de félins, la vaccination, à minima du cheptel de renouvellement, est préconisée. Celle-ci doit être programmée en amont de la lutte, dès quatre mois. Si elle n’offre pas une protection parfaite, celle-ci reste économiquement intéressante. « Les études ont montré qu’avec un lot vacciné exposé à la maladie, on augmentait de 4,5 fois le nombre d’agneaux produits par rapport à un lot non vacciné, témoigne Sylvain Bareille. De plus, le poids des agneaux de femelles vaccinées est significativement supérieur à celui des femelles non vaccinées. »

Un produit efficace contre la cryptosporidiose

La cryptosporidiose est un parasite de cycle complexe et court qui touche les agneaux de 3 à 15 jours entraînant diarrhée et amaigrissement. La transmission se fait principalement de manière féco-buccale via la mère et l’environnement. Il y a une saisonnalité propre à l’agneau avec un risque maximum d’infestation en fi n de période de mise bas car il y a une levée d’immunité et les femelles peuvent relarguer beaucoup d’oocystes dans le milieu à ce moment-là. Pour faire baisser la pression parasitaire dans le bâtiment, on peut organiser une rotation des zones où sont installées les cases d’agnelage, installer plus de pédiluves et de lavabos pour le lavage des mains et enfi n faire des vides sanitaires et désinfections avec produits à large spectre. « L’efficacité d’une solution de Prophyl 75 à 3 % pour lutter contre le parasite a été étudiée, expose Jacques Joly, de Qalian (pôle santé animale du groupe In Vivo). Le produit composé de chlorocresol et chlorofene a une action biocide sur les micro-organismes, des propriétés tensioactives qui permettent une bonne imprégnation des matières organiques et un pouvoir tampon optimisant la désinfection et la stabilité du produit. Il peut être utilisé en pulvérisation, trempage et pédiluve. Les tests ont montré une destruction visible de 96 % des oocystes de cryptosporidiose mis en contact pendant six heures avec Prophyl 75 à 3 %, et une baisse à 98 % de la viabilité des oocystes. »

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