Opération séduction pour la filière ovine
150 étudiants et acteurs de la filière ovine se sont retrouvés le 7 novembre sur la ferme génétique expérimentale de Paysat-Bas à l'occasion de la journée de découverte ovine. Un événement proposé dans le cadre du programme Inno'vin.
150 étudiants et acteurs de la filière ovine se sont retrouvés le 7 novembre sur la ferme génétique expérimentale de Paysat-Bas à l'occasion de la journée de découverte ovine. Un événement proposé dans le cadre du programme Inno'vin.

La filière ovine recrute. Les départs en retraite offrent de réelles opportunités d'installation pour les éleveurs ou d'ouverture d'ateliers ovins sur des exploitations en place. Du côté des salariés (techniciens, conseillers, bergers...) les possibilités d'emploi sont diverses et variées au sein de structures ovines ou d'organismes professionnels agricoles. Et pour le faire savoir, les acteurs de la filière s'appuient sur l'action de promotion pilotée par le programme Inn'ovin et déclinée sur la France entière. Jeudi 7 novembre, l'une de ces actions "La journée de découverte ovine" se déroulait sur le site génétique et expérimental de Paysat-bas à Mazeyrat d'Allier en Haute-Loire.
La cible : les jeunes
Les jeunes générations étaient le cœur de cible de cet événement. "L'objectif est de réorganiser la filière dans un acte de production. Cette journée vise le renouvellement des générations des éleveurs ovins car nous aurons besoin de chacun pour assurer un nombre de brebis sur notre territoire. Les possibilités d'installation sont multiples, sous forme individuelle ou sociétaire ; de nombreux Gaec sont potentiellement à la recherche de nouveaux associés dans les 5 à 10 ans qui viennent" indique Claude Font, co-president d'Inn'ovin Sud-Est. Les signaux sont donc au vert, d'autant que "cette semaine la cotation France Agrimer (entrée abattoir) de l'agneau a dépassé les 10 euros/kg carcasse" ajoute-t-il.
Après un quizz sur les niveaux de production et de consommation autour de la viande ovine, les jeunes provenant des établissements agricoles de Haute-Loire, du Puy-de-Dôme et de la Loire, ont participé à 7 ateliers dynamiques et ludiques : le changement climatique avec le projet life GreenSheep ; un escape game sur le thème de l'installation, la formation avec le CS ovin ; des témoignages sur les métiers liés à l'élevage ovin ; les projets de recherche et développement ; la logistique de la filière avec le testage boucher ; l'insémination artificielle et les échographies dorsales sur les béliers.
Technicité de l'élevage ovin
Ces ateliers ont permis de toucher du doigt toute la technicité de l'élevage ovin. Dans la station de testage des béliers de l'OS ROM (Race Ovine du Massif central), Lionel Boyer détaillait l'organisation de sélection en voie mâle via deux possibilités : la station de contrôle individuel et le centre d'élevage ; en sachant que les béliers sont sélectionnés sur des critères bien précis (croissance, conformation, standard de race, développement musculaire, gras...). Dans le bâtiment dédié à l'engraissement, les salariées Fedatest et OS ROM, Laure Riveau et Lise Noël, décrivaient leurs missions quotidiennes et proposaient des démonstrations d'échographie de gras dorsal sur les agneaux d'IA (Insémination Artificielle) qui servent de support pour le testage boucher.
Un atelier était dédié à la formation et plus spécifiquement au CS ovin, un diplôme professionnel agricole qui s'adresse aux futurs éleveurs ovins, aux éleveurs en place souhaitant se perfectionner, et aux salariés et techniciens ovins. "Cette formation pratique livre des repères techniques et technico-économiques utiles pour s'installer ou bien dans tout autre métier de la filière" indique Luc Hugon, responsable du CS ovin à St Flour.
Au moyen d'un escape game, les jeunes étudiants ont appris à mieux connaître les élevages ovins français, les termes techniques utilisés et quelques informations sur l'installation en ovin.
Projet life GreenSheep
L'atelier changement climatique sensibilisait les jeunes sur l'impact de l'activité agricole et de l'ensemble de la filière sur l'environnement, au travers de l'émission de gaz à effet de serre, de Co2, de méthane et de protoxyde d'azote. Une sensibilisation qui s'inscrivait dans le cadre de la démarche "Life Green Sheep" conduite à l'échelle de l'Europe et qui vise la réduction de -12% de l'empreinte carbone des exploitations ovines. Et pour évaluer et limiter au maximum l'empreinte carbone des exploitations, les intervenantes (Mathilde Perre, Chambre d'agriculture 43 et Sindy Throude, responsable programme LIFE Green Sheep) ont présenté l'outil CAP'2ER®.
Des métiers en phase avec les éleveurs
La filière ovine ne recrute pas seulement des éleveurs, elle a aussi besoin de bon nombre "d'intervenants dans les différents maillons de la filière, que ce soit dans les abattoirs, les outils de transformation et de valorisation de nos agneaux" a signalé Claude Font. L'un des ateliers mettait justement en lumière quelques métiers qui travaillent au contact des animaux et des éleveurs ; Philippe Vallaix, conseiller ovin à la Chambre d'agriculture de la Loire et Johanna Barras, technicienne du GDS 42, ont détaillé leurs missions qui demeurent constamment en phase avec les éleveurs. Une éleveuse, administratrice chez Copagno et présidente de FEDA-EXPE (ferme expérimentale), Anaëlle d'Anna, a encouragé les futurs éleveurs à s'investir dans la filière en tant que responsables professionnels : "c'est un enrichissement personnel qui me permet de suivre l'évolution de mes animaux et l'évolution de l'espèce ovine".
Zoom sur..
Filière ovine : une diversité des métiers

Parmi les intervenants invités à prendre la parole durant cette journée, Esteban Gueneuc, un berger salarié en tout début de carrière, employé par une coopérative d'éleveurs des Monts du Forez, témoignait : "Berger est un très vieux métier, pratiqué par les anciens et je récupère leur travail. C'est un métier difficile, que l'on fait par tous les temps" explique-t-il et comme pour interpeller, voire séduire les jeunes présents, il n'hésite pas à lancer : "Mon métier se distingue par mon aptitude à pratiquer la sieste à toute heure (Ndlr : une sieste qui correspond à un temps d'observation des animaux...), en tout lieu et par tous les temps !" en ajoutant : "Je suis tout seul avec mes brebis en montagne et je suis le chef de la tribu. Je suis payé pour être berger, je suis salarié, j'ai un contrat de travail. C'est aussi un métier à responsabilité, puisque j'ai le chiffre d’affaires des éleveurs entre les mains !".
De par leurs interventions au sein d'un atelier, Laure Riveau et Lise Noël, respectivement salariées Fedatest et OS ROM, montraient toute la diversité des métiers de la filière. Passionnées par l'élevage ovin et les missions qu'elles exercent dans le cadre de divers protocoles expérimentaux au sein de la ferme expérimentale, pour elles leur poste permet "d'allier le côté paysan (dans la gestion de la ferme) à la recherche. Les métiers de la sélection sont concrets et notre travail est utile aux éleveurs".
