BIODIVERSITÉ
Les vautours réapparaissent près d’Égliseneuve-d'Entraigues
Les vautours fauves ont refait leur apparition dans le Puy-de-Dôme près d'Égliseneuve d'Entraigues où Patrick Boyer, éleveur de vaches Aubrac, a vu les charognards s'en prendre à deux de ses bêtes.
Les vautours fauves ont refait leur apparition dans le Puy-de-Dôme près d'Égliseneuve d'Entraigues où Patrick Boyer, éleveur de vaches Aubrac, a vu les charognards s'en prendre à deux de ses bêtes.
C'est sur la montagne du Grolet, en face de Super-Besse, que les vautours fauves ont refait leur apparition. Les charognards se sont repus de deux vaches Aubrac et de leurs veaux en moins de 24 heures. Patrick Boyer, l'éleveur, ne s'attendait pas à les revoir si tôt dans la saison. Déjà observé l'an passé sur cette même estive, les éleveurs sont vigilants à appliquer les mesures de recommandations (voir article ci-dessous) mais rattrapés par les réalités du terrain, elles complexifient la tâche.
Deux vaches en plein vêlage
Il y a une quinzaine de jours, Patrick Boyer a retrouvé l'une de ses vaches, couchée sur le flanc. En pleine saison des vêlages "rien d'inhabituel" selon l'éleveur puisqu'il y a "toujours une vache qui peine à faire le veau". La mort de l'animal est intervenue juste avant la tombée de la nuit, impossible dans cette estive parsemée de pierres et de zones humides, de récupérer l'animal dans le noir. Patrick Boyer enlèvera l'animal au matin.
Toutefois, durant la nuit, les vautours ont fait leur office, ou plutôt leur festin, de la bête. " Ils ont mangé tout ce qui était tendre : les yeux, le museau, la mamelle et tout l'arrière." L'éleveur récupère les restes du cadavre et pense l'histoire terminée. Il revient plus tard à l'estive, sur la fin de journée, pour sa ronde habituelle. À sa surprise, il observe un important vol de vautours "au moins un centaine" dit-il, au-dessus d'un second cadavre. Une autre vache a été dépecée ainsi que son veau. "Elle était en plein vêlage, le veau était sorti à moitié ! Et sûr, et certain, elle n'était pas morte le matin. Elle a dû commencer à vêler dans l'après-midi, après notre premier passage."
Cet épisode n'est pas inédit dans le département mais le premier de la saison des estives 2022. Patrick Boyer a contacté la DDT et une expertise vétérinaire devrait être réalisée sur l'un des cadavres. En attendant, l'éleveur s'interroge. "Autant sur la première vache, je suis sûr, elle était morte quand ils l'ont mangé. Mais sur la deuxième, si elle avait des difficultés à vêler, ils ont bien pu lui donner le coup de grâce."
"Les vautours stressent les animaux"
Loin de la colère, c'est plutôt l'abattement et l'inquiétude qui pèsent sur les épaules de Patrick Boyer. Conscient de la présence des vautours et de leur rôle dans la chaîne alimentaire, il ne peut s'empêcher de se questionner. "Quand je vois tous ces charognards, je me demande tout de même s'ils ne pourraient pas tuer une bête en difficulté." Les vautours fauves n'ont pas les équipements (serres et becs) des rapaces et ne peuvent donc, théoriquement, pas tuer un animal et encore moins le chasser. Ces charognards à l'instinct grégaire, vivent en colonie rassemblant plusieurs dizaines d'individus. C'est ce qui inquiète davantage Patrick Boyer. "Je le crois qu'ils ne peuvent pas tuer. Mais quand ils survolent les vaches ou se posent à côté d'elles, le troupeau est stressé. En pleine saison des vêlages, cela a des conséquences."
Sur l'estive de 55 hectares de la Montagne du Grolet, encore une trentaine de vêlages sont attendus par l'éleveur.
Suite à cet épisode, il se prépare, avec sa fille Myriam, à redoubler d'efforts pour veiller sur le troupeau.