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Bilan de santé
Les éleveurs préviennent : Gare à la trahison !

Pas question, pour les éleveurs du berceau des races à viande, réunis, en début de semaine, à Aubière, de perdre la bataille du rééquilibrage des soutiens, faute de courage politique des pouvoirs publics.

«Les éleveurs espèrent, ils n’admettraient pas d’être trahis ». C’est le message qu’ont livré, tour à tour, la plupart des responsables des sections bovines du Massif central, réunis dans le cadre du berceau des races à viande, lundi dernier. « Au plus près de la ligne d’arrivée, nous ne devons pas faiblir et continuer à maintenir la pression », a estimé Dominique Fayel, président de la section bovine de l’Aveyron. Le jeudi 19 février, le président de la République devrait effectuer un déplacement sur une exploitation bovine du Maine-et-Loire. Il devrait à cette occasion donner les grandes lignes de l’application française du bilan de santé de la PAC.

Le ministre de l’agriculture devrait préciser, peu après cette intervention, les modalités techniques, et donc les curseurs qui permettront de procéder oui ou non à un rééquilibrage digne de ce nom. Vigilants sur ce sujet, les éleveurs du berceau des races à viande préviennent dans un communiqué : « L’article 63 du règlement permet d’apporter plus d’équité en terme de revenu. Il doit être utilisé à son maximum (1,4 milliard d’euros) en faveur d’un soutien à l’hectare d’herbe. Chacun se doit de participer à la solidarité et les éleveurs l’ont fait en proposant de cotiser à hauteur de 25 % de la PMTVA, laquelle doit rester couplée ». Rappelant la mobilisation des 20.000 éleveurs, le 16 septembre, à Clermont-Ferrand, qui a donné lieu à une engagement clair du ministère de l’agriculture, en faveur du rééquilibrage, les éleveurs souhaitent maintenant que « les pouvoirs publics aillent au bout de cette réforme ».

La réalité des revenus Plus question désormais de tergiverser sur des chiffres, ceux du revenu, qui sont désormais sans appel. Plus question non plus, de nier le caractère obsolète des mécanismes de la PAC. « Le contrat des céréales à bas prix institué par la PAC de 1992 ne tient plus. En effet, le contexte mondial laisse prévoir des cours élevés pour les matières premières végétales. De plus, ce contrat a engendré une distorsion de concurrence majeure entre l’hectare de maïs subventionné et l’hectare d’herbe qui n’avait rien », explique Patrick Bénézit, coordonnateur du Berceau des races à viande.

Et de constater : « En 2008, les éleveurs peinaient à obtenir un revenu de 10 000 € alors que les producteurs de grandes cultures, avec des cours qu’ils jugeaient très médiocres, culminaient quand même à plus de 30 000 Euros annuels ! De plus, depuis le début de l’année, le marché leur a d’ores et déjà remboursé leur potentielle contribution à l’article 63 et les experts s’accordent tous sur une hausse importante et rapide des cours qui auront un effet dévastateur pour l’élevage en absence d’un rééquilibrage optimal ». A la fin de leur communiqué, les éleveurs expliquent que « ce rééquilibrage est dans l’intérêt de la France : une vache allaitante sur deux travaille pour l’export (que ce soit en gras ou en maigre) et rapporte plus d’un milliard d’euros d’excédent commercial annuel pendant qu’un éleveur induit sept emplois. Les 20 000 éleveurs réunis à Clermont-Ferrand ne comprendraient pas que la « boîte à outils » obtenue par le Ministre ne soit utilisée que partiellement alors que la situation l’exige.

L’occasion de bâtir une agriculture sociétalement partagée, écologiquement responsable et économiquement efficace est entre les mains des pouvoirs publics. Personne ne pourra dire que c’était impossible. Le gouvernement doit maintenant prendre ses responsabilités et annoncer rapidement les décisions qui s’imposent. C’est le moment du courage politique. Toute autre décision serait vécue comme une trahison pour les éleveurs toujours mobilisés et qui n’auraient d’autre choix que de réagir massivement comme ils l’ont déjà fait le 16 septembre 2008 ».

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