Le zonage « calamité sécheresse 2016 » passe mal
La FNSEA 03 et les JA 03 ont rencontré la DDT afin de contester les contours de la carte calamité suite à la sécheresse 2016.

C’est un zonage que les principaux syndicats agricoles n’acceptent pas. L’objet du mécontentement ? La carte des 59 communes (1) reconnues état de calamité agricole, dévoilée le 8 janvier dernier, dans un communiqué expliquant qu’ « à la suite de la sécheresse intervenue pendant l’été 2016, le préfet de l’Allier a lancé la démarche de reconnaissance de l’état de calamité agricole sur les zones touchées par cet événement climatique exceptionnel. Les services de l’Etat ont procédé aux enquêtes de terrain et à l’élaboration d’un rapport présenté par le préfet au comité national de gestion des risques agricoles (CNGRA) ».
Un zonage « discriminatoire et arbitraire »
Or ce zonage ne satisfait guère la FNSEA 03 et les JA 03 qui ont rencontré (2) la Direction départementale des territoires (DDT), mardi 16 janvier dernier à Yzeure. « Ce zonage nous paraît arbitraire et surtout discriminatoire, lance Gilles Cabart, président de la FNSEA 03. Sur le terrain, les agriculteurs ne comprennent pas pourquoi untel est reconnu en calamité alors que son voisin de la commune d’à côté ne l’est pas alors même qu’il a subi la même sécheresse », poursuit-il. L’agriculteur regrette notamment que l’évaluation se soit d’abord basée sur deux méthodes que sont les indices Isop (qui font le lien entre les données météorologiques et la pousse de l’herbe, Ndlr) et le modèle Géosys, image satellitaire de la pousse de l’herbe, « sans avoir procéder à une visite de terrain dans un premier temps ». « Les indices ISOP en fin de période culturale 2016 ne montraient pas un taux de perte supérieur à 30 %. Le modèle Geosys a donc été demandé et obtenu en avril 2017 afin de conforter les impressions du terrain », précise, de son côté, la DDT.
Taux de perte de 30 % sur l’année
Si l’issue de ce zonage ne laisse guère de doute, la DDT rappelle que « la reconnaissance en calamité agricole est actée à la commune quand un taux de perte de 30 % sur l’année est vérifié par l’un ou l’autre des modèles et étayé par des données de terrain. Ce taux de perte doit être par ailleurs consécutif à un évènement climatique exceptionnel, dont le taux de retour est supérieur à 10 ans. Il faut donc démontrer, sur la base d’un rapport météorologique, le caractère non habituel et non récurrent de l’aléa climatique ». Et d’ajouter : « Une calamité agricole ne peut donc pas être reconnue automatiquement tous les ans et doit rester exceptionnelle et justifiée par des modèles d’analyses de données et des remontées du terrain ».