Le compost : un fertilisant de choix pour l’économie !
La Chambre d’agriculture, en partenariat avec la FD CUMA de l’Allier, organise une journée technique sur le compostage des fumiers.
La Chambre d’agriculture, en partenariat avec la FD CUMA de l’Allier, organise une journée technique sur le compostage des fumiers.


Vous vous demandez pourquoi effectuer le compostage des fumiers avant épandage sur vos prairies, alors cette journée est pour vous !
En effet, l’objectif sera de savoir pourquoi et comment organiser son atelier de compostage et utiliser le compost. L’intérêt est de rechercher à économiser sur la fertilisation des prairies en valorisant au mieux ses fumiers.
Programme :
- Définition de ce qu’est le compostage
- Intérêts du compostage : réglementaire, sanitaire et agronomique
- Conditions de réussite du compostage de fumiers
- Utilisation du compost sur les prairies
- Intérêts économiques du compostage
- Démonstration de la composteuse de la CUMA de la Bourse
- Organisation du compostage en CUMA
- Témoignage d’un éleveur utilisateur du compostage
- Réflexion et plan d’action pour chacun en collectif
Cette formation est prévue le mercredi 23 avril sur le bocage Bourbonnais.
Infos et inscriptions :
04 70 48 42 42
INTERVIEW : Le compost est un gage de qualité
Entretien avec Alain Rousseau, éleveur de bovins charolais à Bizeneuillle.
Pouvez-vous nous présenter votre élevage en quelques mots ?
Alain Rousseau : Je suis installé à Bizeneuille depuis 1991, d’abord en GAEC avec mes parents, puis seul depuis 2010, à la tête d’un élevage de 150 vaches charolaises.
Quels fumiers compostez-vous et depuis combien de temps ?
A.R : Je composte uniquement du fumier bovin pailleux de stabulation, depuis plus d’une vingtaine d’années.
Quelles sont les motivations qui vous ont incité à débuter ?
A.R : Après avoir transformé nos bâtiments au cours des années 90 en construisant des stabulations, nous nous sommes rendu compte que notre volume de fumier, plutôt pailleux, que l’on mettait jusqu’alors dans les prés avait considérablement augmenté.
Nous nous sommes alors posé la question de comment l’utiliser car nous avions également remarqué qu’il salissait nos prairies, de par la présence de mauvaises graines en refus laissées par les vaches et présentes dans le fumier. C’est alors que nous avons entendu parler d’un système proposé par la CUMA départementale, qui consistait à mouliner le fumier récupéré après le curage de la mi-hiver. C’était le point de départ d’une nouvelle méthode de travail.
Pouvez-vous nous expliquer ce processus ?
A.R : Après le curage effectué en janvier-février, j’étale le fumier en longueur sur une ligne de 4 à 5 mètres de large. La machine mise à disposition par la CUMA enjambe ensuite cette ligne afin de mouliner le fumier, qui se met ensuite à chauffer par rapport à ses caractéristiques méthanogènes. Le processus de transformation en humus est alors lancé, avant d’opérer trois semaines plus tard un second moulinage. Il faut également préciser que pendant sa montée en température, le fumier brûle les mauvaises graines (chardons et rumex). Ensuite, il est temps d’effectuer l’épandage du compost à hauteur de 15 tonnes par hectare, avant le printemps.
Quelles utilisations faites-vous du compost ?
A.R : La totalité de notre compost est utilisée pour les prairies.
Selon vous, quelle plus-value économique vous apporte le compostage ?
A.R : Au-delà du côté économique qui n’est pas facilement quantifiable, je retiens principalement le gain de temps mais surtout l’amélioration de la flore de la prairie (trèfle blanc), ainsi qu’une pousse régulière si la pluviométrie est adéquate. L’intérêt d’un système comme le nôtre, c’est que nous n’avons pas besoin d’engrais sur nos pairies, ce qui représente une certaine économie.
Quels avantages vous motivent à continuer ?
A.R : En utilisant le compostage, il faut savoir que le volume diminue énormément lors de la transformation, ce qui occasionne un gain de temps, étant donné que l’épandage s’effectue plus rapidement. De plus, une fois composté, le fumier ne dégage plus d’odeurs, que ce soit pour les vaches ou les habitations proches. C’est un procédé très appréciable pour l’élevage, qui permet de régénérer les prairies qui produiront une herbe de meilleure qualité pour les animaux.
Vous venez d’évoquer les nombreux avantages du compostage, mais y a-t-il des inconvénients ?
A.R : Le point compliqué est de trouver la bonne période pour effectuer le curage des stabulations en hiver afin de pouvoir étaler le fumier sans trop de difficultés. Nous sommes également dépendants de la météo car le compost a un meilleur rendement lorsque la pluviométrie du printemps est normale.
Que préconiseriez-vous à un éleveur qui se pose la question de faire du compost ?
A.R : L’objectif premier est de mieux valoriser nos fumiers sur les prairies. C’est un mode de fonctionnement qui me convient parfaitement mais qui n’est pas forcément adapté à toutes les situations en fonction des exploitations. Je dirais que c’est une méthode qui est propre à chacun, qui a des avantages et de réelles vertus.
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